IL Y A DU CAMOUFLET DANS L’AIR

IL Y A DU CAMOUFLET DANS L’AIR« LES INJURES SONT LES RAISONS DE CEUX QUI ONT TORT » (JJ Rousseau).En bon berger qui croit tout à coup à son étoile, probablement grisé par les vapeurs de ces sondages irréalistes qui lui montent au pinacle, Jean-Luc Mélenchon s’emporte et dérape gratifiant « les cadres lepenistes » des sobriquets de « branquignols et de poivrots ! ».A quoi Marine Le Pen ne rechigne pas à faire la réponse de la bergère : « Mélenchon, un triple idiot, celui de Sarkozy, il affaiblit Hollande ; celui de Hollande il ratisse à gauche des voix pour celui-ci. L’idiot qui trompe les travailleurs en se faisant passer pour un candidat anti système ».En adoptant le ton de l’exorciste – Vadé rétro satanas ! – le candidat du front de gauche brouille son image de polémiste et froisse sa toge de tribun. Combattre le « Front national », ou quiconque, dans le temps d’une élection c’est le battre avec des arguments dignes et forts. En répondant sur le ton de l’acrimonie la candidate du FN, au lieu de sortir par le haut, choisit à son tour de se vautrer dans cette fange.Qu’il nous soit permis de rappeler à cette engeance qu’en toutes circonstances, la meilleure et la plus efficace des invectives s’accommode fort bien de la mesure et de la politesse et s’appelle un argument bien construit. L’injure prend le pas sur l’argument quand la raison se déprécie.Notre propos ne sera pas de démontrer, au fond, qui des deux protagonistes a tort. Mais de nous alarmer de l’abaissement du débat auquel ils prennent part ainsi, eux-mêmes qui dénoncent le refus de débattre des deux candidats du système.Notre propos sera surtout de dire que les « résultats » des derniers sondages ne justifient nullement de tels emportements. Ce ne sont à l’évidence que mensonges délibérés, manœuvres dilatoires et manipulations éhontées, à propos desquelles, les unes et les autres, seraient bien inspirés de savoir raison garder.LE DIKTAT DU « VOTE UTILE »Depuis de longues semaines, Hollande caracolait en tête des intentions de vote au premier tour ; le rejet de Sarkozy étant immense, sa victoire était donnée facile. Bonne occasion pour l’électorat d’échapper à l’injonction du « vote utile » et de faire connaître ses véritables états d’âme. Avec Mélenchon à 13 ou 14 %, Marine Le Pen à 16 et François Bayrou à 13, le scrutin du 22 avril promettait déjà un score éclaté. Le syndrome du 21 avril 2002 qui avait si bien avantagé les candidats du système en 2007, aurait-il fait long feu ? Ne fallait-il pas mettre un terme à cette dérive dissolvante du « bipartisme » et « du bon fonctionnement de l’alternance ? N’était-il pas urgent de restaurer le réflexe « vote utile » de l’électorat ?Alors les médias à la solde, en bons serviteurs du système se mirent à l’œuvre. « Attention ! Sarkozy revient ! » Titrait « Le nouvel observateur » de la semaine passé. Voilà précisément que des sondages surprenants le donnent en tête au premier tour. Et si c’était vrai ? Et si « Sarkommençait » comme en 2002 ? L’angoisse s’empare des électeurs de « gauche » pour lesquels l’éventuelle réélection de « Nicolas le petit » serait vécue comme un cauchemar.Cela ne se peut pas !LES SONDAGES SONT-ILS DES OUTILS SCIENTIFIQUES ?….« Les Français n’ont pas une mémoire de poisson rouge » a judicieusement remarqué Marine Le Pen. Les Français ne sont pas si versatiles qu’ils changent ainsi d’opinion sans cause ni raison, avons-nous déjà dit maintes fois. Les sondeurs qui les créditent d’une telle inconstance insultent leur bon sens et leur raison. Certes, la tentation du vote utile peut-être un puissant moteur qui en dernier ressort, avantagera tout de même les deux candidats du système. Mais c’est dans le dernier acte, dans l’isoloir, que son effet se fera peut-être sentir. Dans le cas d’espèce, trois semaines avant le scrutin, pourquoi le prétendu « vote utile » ne jouerait-il pas tout aussi bien en faveur de François Bayrou dans lequel peuvent se reconnaitre un grand nombre d’électeurs de droite qui dans tous les milieux sociaux professionnels en ont soupé de Sarkozy. Pourquoi voulez-vous que les intentions de vote en faveur de Marine Le Pen reculent alors que l’agitation policière et médiatique autour des milieux islamistes radicaux améliore la portance de ses thèmes traditionnels. Et pourquoi voudriez-vous que ce soit Sarkozy qui en bénéficie, alors que la grosse ficelle de l’instrumentalisation n’échappe à personne et irrite l’opinion ?Nos remarques ci-dessus sont si vraies que de récents commentaires n’ont pas tardé à les corroborer. Les sondages sur les reports de voix de FN au deuxième tour seraient mauvais pour Sarkozy, et cela expliquerait son appel récent et ouvert aux électeurs du FN, lesquels en votant selon leur conscience, avantageraient Hollande, a-t-il dit, et son appel du pied aux électeurs « centristes » qui selon lui n’ont rien à voir avec Mélenchon, l’allié potentiel de Hollande, agité ici comme un chiffon rougeMais alors, s’il est avéré que la défiance est si grande chez les électeurs FN à l’égard de Sarkozy, au point que cela nuise au report traditionnel de la part de cet électorat qui vote à droite, comment se pourrait-il que cette même défiance ne joue pas dès le premier tour et prévienne des électeurs potentiels de Marine Le Pen de voter Sarkozy ?OUI !… MAIS DE SCIENCES OCCULTESComme des gaz lacrymogènes, les sondages publiés ces deniers jours ont irritée l’atmosphère. Pour un peu Mélenchon donné troisième homme du scrutin du 22 avril se verrait au deuxième tour, loin devant une Marine Le Pen à 14 %. Les chiffres de ces « études » surréalistes constituent autant d’agressions contre la candidate du FN et François Bayrou, précipités tous deux dans le quatrième dessous, alors que Sarkozy, allez savoir pourquoi, serait en tête au premier tour. 4 points devant Hollande, osent même certains instituts.« Instituts ? » Nonobstant ce nom ronflant dont on les affuble les « entreprises capitalistes de sondages » (Ifop, chapeauté par Madame Parisot, CSA propriété de Bolloré, etc.) ne méritent en rien la distinction de la respectabilité scientifiques, ce ne sont que des « officines » à la solde, « les machins » du ministère occulte de la propagande, des outils médiatiques de formatage de l’opinion. Ils sont émargés, manipulés, « corrigés » trafiqués, en vue de modeler les mouvements que l’on entend imposer à celle-ci. Leur but est moins d’étudier les intentions de vote des Français que de leur indiquer comment il convient de voter.Mais à ce petit jeu les sondeurs qui se prennent à vouloir modeler le vote des Français, ne s’exposent-ils pas à de cuisants démentis ? Gageons, pour notre part que les électeurs Français leur infligeront le 22 avril 2012, comme ils firent en 2002 et 1995, un retentissant camouflet.

Please follow and like us:
0
Tweet 20
Pin Share20

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

YouTube
LinkedIn
Share
Instagram
Retour en haut