L’indigne récupération du candidat Sarkozy

Dans notre article du 30 mars 2012, « DE LA GRAINE DE DICTATEUR » nous avons écrit :« Nous voilà rendu dans l’ignoble et le sordide quand le président sortant instrumentalise l’actualité pour faire avec le budget de l’État, et en abusant des prérogatives de sa fonction, une campagne électorale parallèle et permanente. Vêtu de la veste de chef de l’État qui lui sied si mal, le pantin désarticulé et sans vergogne foule ouvertement aux pieds les principes « d’équité » du CSA.Nous voilà rendus dans la magouille et la manipulation policière. Voilà la France, si fière d’avoir été un berceau du principe républicain et de la démocratie moderne, la patrie des droits de l’homme, ramenée au rang des plus licencieuses dictatures policières. C’est le dernier coup foireux de Sarkozy contre cette brave patrie et cette pauvre Marianne auxquelles, disait-il au début de son mandat, il « devait tout »Notre propos a-t-il paru excessif à quelques-uns d’entre vous ? Il est pourtant corroboré par ce communiqué de presse du « Syndicat national de la Magistrature » dont nous prenons connaissance ce jour et que nous vous livrons séant.L’indigne récupération du candidat SarkozyCommuniqué du Syndicat de la magistrature sur les annonces de Nicolas Sarkozy suite aux drames de Montauban et ToulouseCommuniqués de presse, publié le 22 mars 2012, mis à jour le 26 mars 2012« La République doit être implacable sur ses valeurs » vient d’affirmer Nicolas Sarkozy dans une allocution suivant immédiatement les évènements dramatiques de Montauban et de Toulouse.On ne pourrait qu’y souscrire si cette pétition de principe, en pleine campagne présidentielle, n’était pas le prétexte à une énième et vaine surenchère sécuritaire poursuivant l’entreprise de mise à mal de cette même République, à l’oeuvre depuis plusieurs années.Sous couvert de la volonté de protéger la société de telles tragédies, le président-candidat Nicolas Sarkozy, s’érigeant en législateur et faisant mine d’oublier que les travaux parlementaires sont suspendus jusqu’aux prochaines élections, annonce la création de trois nouvelles infractions, qui s’ajouteraient à un arsenal juridique pourtant déjà bien fourni :le délit de « consultation habituelle de sites internet faisant l’apologie du terrorisme ou appelant à la haine et à la violence »le délit de « voyage à l’étranger pour suivre des travaux d’endoctrinement à des idéologies conduisant au terrorisme »le délit de « propagation et d’apologie des idéologies extrémistes ».Va t’on aller jusqu’à créer une liste de pays par nature terroristes ? Va t’on organiser une surveillance générale de tous les internautes ? Aura t’on une définition officielle de ce qu’est « une idéologie extrémiste » ?Ces quelques questions démontrent que ces infractions, dont la poursuite se révélera quasiment impossible, seront gravement attentatoires aux libertés de tous les citoyens et profondément inefficaces dans la lutte nécessaire contre le terrorisme. C’est pourtant l’honneur de la démocratie que d’assurer un juste équilibre entre la garantie de la sécurité des citoyens et le respect de leurs droits et libertés.Dans cette épreuve, la République et ses citoyens méritent mieux que des lois dictées par une émotion – certes légitime – au service d’une communication électoraliste.

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