LE DERNIER COUP DE POKER DE BACHAR AL ASSAD ? C’est de cette manière que David Pujadas a introduit hier soir un court sujet sur la Syrie, relatant une suggestion du Président syrien de procéder à des élections présidentielles. Ce ne serait qu’une nouvelle « botte » de la part de ce fils du « renard du désert ». Celui-ci aurait dans l’idée d’engranger ainsi les bénéfices de sa victoire sur l’EI à Palmyre. « Comment peut-on organiser des élections présidentielles dans un pays en guerre que des millions de citoyens ont déserté ? » Interrogeait le « journaliste futé ». Or ce sont les mêmes qui veulent bien l’organiser dans six mois à la condition que Bachar Al Assad soit mort ou ait jetée l’éponge. Dans six mois et quand bien même toutes les armes se seraient tues, pourrait-on dire vraiment que l’on a tourné la page de la guerre ? Les réfugiés syriens seraient-ils tous revenus sur le sol national ? Non bien sûr. C’est que selon les occidentaux ce qui garantit le caractère équitable et démocratique des prochaines élections présidentielles en Syrie, c’est que Bachar Al Assad n’y participe pas. C’est un peu comme si Churchill avait voulu interdire à De Gaulle de prendre part au règlement de la situation politique en France en 1945. En fait, les occidentaux qui ont à cette étape perdue la bataille militaire contre le régime Baasiste-Laïque syrien, ont l’arrogance absolue de réclamer « la victoire quand même » avec l’exigence incongrue du retrait de Mr Al Assad. Ils ont perdu la bataille militaire, auraient-ils peur de perdre aussi la bataille politique ? Que craignent-t-il donc tant? Assad doit partir répètent-ils depuis cinq ans sans relâche les Obama, Hollande, Cameron, BHL, Fabius et à présent Ayrault. Ces derniers jours Obama, Kerry et consort, martèlent même cette antienne. Ils ont créé de toute pièce le « CNS », qu’est-ce ? Qu’est-il devenu ? Ils l’ont investi de la qualité de seule instance représentative du peuple syrien à l’exclusion du gouvernement légal qu’ils rejetaient. Ils nous ont dit que Bachar était « un dictateur, un assassin, un boucher, un gazeur, un tyran qui tire sur son peuple, un criminel de guerre qui torture, bombarde au phosphore, à la barrique explosive, »…. Ils en ont tant dit que j’en oublie. Ils le disent, peut-on au moins leur faire grâce de penser qu’ils le croient vraiment ? Ils le croient ? C’est donc qu’ils croient que cela n’est pas que propagande de guerre insalubre. C’est donc qu’ils croient que cela est la vérité. Alors, prenons-les au mot. Cela est la vérité soit ! Dans ces conditions que risquez-vous leur demandons-nous, à une candidature de Bachar Al Assad à la prochaine élection Présidentielle syrienne ? Si tout cela est vrai, il est bien clair qu’il n’a aucune chance de l’emporter ! (A moins que, vous les grands démocrates, preniez, les syriens pour un peuple d’ignare, et que ce soit la raison pour laquelle vous préfériez « voter » avant lui et en ses lieux et place.) Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Jeudi 1er avril 2016.
