ET SI L’ON FAISAIT DU « VENDREDI 13 » MAI UN JOUR PORTE BONHEUR ? Les superstitieux ont un rapport fort complexe et embrouillé au chiffre 13. Souvenir (qui s’en souvient ?) probable de la scène mémorable que fut le dernier repas du Christ avec ses 12 apôtres, quand Judas, les lèvres grasses, osa baiser le maitre. Ils refusent d’être 13 à table, ça porte malheur. Dans les restaurants qui disposent de plus de treize tables vous ne trouverez jamais de table 13, elle porte le numéro 14. Incohérence de la superstition le même chiffre 13 qui aux mœurs de la table « porte malheur, devient porte bonheur les « vendredi 13 ». Incohérence que ce « melting-pot » de « religion » et de superstition. Incohérence aussi quand on y songe dans la salle de restaurant où l’on croit berner le sort en maquillant en 14 la table 13 qui n’en est pas moins la 13ème. Je ne suis pas superstitieux. Mais, empreinte culturelle probable, je n’en entretien pas moins une relation particulière avec le chiffre 13. Nostalgie : 13, c’est le code postal du département des « Bouches du Rhône » avec lequel je garde des liens affectifs et familiaux. Sinistre mémoire : Le 13 mai 1958. Le putsch d’Alger. Le vrai faux coup d’Etat qui est l’acte fondateur véritable de notre 5ème République tellement démocratique. Destin : 13 Mai 1968. La grève générale de 24 heures qui fut le signal de la grève générale d’un mois. Une date qui a façonné ma vie Réjouissance : 13 ! C’est ce qui subsiste d’opinions favorables à François Hollande. Espérance : La prochaine mobilisation de rue contre le projet de loi El-Khomri est appelée pour le jeudi 12 mai. Le 12, c’est la veille du 13. Je me prends à rêver, et si l’histoire encore une fois était au rendez-vous ? Si les manifestations du 12 agissaient comme le déclencheur de manifestations géantes ou de la grève générale ce 13 mai 2016 ? Je rêve d’autant plus que jeudi c’est aussi la veille de vendredi : « Vendredi 13 porte bonheur ! » Songez un peu le symbole. Un peuple debout et en liesse qui n’irait pas convoquer « la chance » hypothétique et mesquine d’un simple gain d’argent, en jouant au loto ou au PMU, mais dans la rue, en prenant lui-même son destin en main, en faisant rendre gorge aux coquins du gouvernement et du patronat. En inventant le lendemain. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Lundi 9 mai 2016.
