BLOQUER C’EST BIEN ? IL NE FAUT PAS DÉBLOQUER

BLOQUER C’EST BIEN. IL NE FAUT PAS DÉBLOQUER Nous avons appris ce matin que les milices du ministère de l’intérieur chargées de l’exercice de la violence d’État, (couramment dénommées forces de l’ordre par la presse’ élogieuse) sont intervenues à l’aube, pour débloquer les sites pétroliers de Fos-sur-Mer La réponse syndicale ne s’est pas fait attendre. Aujourd’hui la grève s’étendait à toutes les raffineries. Les syndicats appelaient les travailleurs de la RATP à « la grève illimitée, les personnels de l’aviation civile entraient « dans la valse » et la CGT appelait à son tour à la grève reconductible à la SNCF. Tout cela est bien. Il faut en effet étendre et généraliser les grèves, il faut occuper les lieux de travail et bloquer l’approvisionnement en carburant il faut que croisse la mobilisation et la détermination des salariés jusqu’à ramener le gouvernement à la raison sans rechigner à le faire tomber si nécessaire. Dans cette stratégie de l’action le blocage, des raffineries et des dépôts pétroliers, constitue un enjeu fondamental car il est devenu de facto l’épine dorsale et le moteur du mouvement. Bloquer c’est bien et nous saluons avec fierté les salariés et les syndicalistes, nos frères et camarades du secteur pétrolier et les assurons de notre soutien actif et indéfectible. Mais le défi est de taille et ce gouvernement qui n’est pas à une perfidie près, tentera bientôt de déverrouiller le blocus par la force. Or il faut là aussi le mettre en échec. Bloquer c’est bien mais il ne faut pas lâcher prise, il ne faut pas débloquer. Alors on peut pour se faire jouer au chat et à la souris, bloquer ailleurs quand on s’est fait déloger d’un lieu. Mais à ce jeu on risque de laisser s’éroder les effectifs et le moral, de se faire « minoriser » et isoler. Tous les lieux n’ont pas la même valeur symbolique ou ne sont pas suffisamment propices à la réalisation de blocages de masse. Alors à un moment ou l’autre il faudra bien relever le gant, refuser d’être déloger par la force, faire face à la violence d’État. . La loi El-Khomri est une agression sans précédent contre le monde du travail. . Le recours au 49-3 est une agression contre la démocratie et le « pacte républicain », . L’intervention des nommées « forces de l’ordre » est une agression contre les grévistes et le droit de grève. A toutes ces raisons les travailleurs agressés sont en droit de répondre à la hauteur qui s’impose. Il faut maintenir les blocages, et si les milices gouvernementales font usage de la force alors les travailleurs seront légitimés à se mettre en situation de légitime défense. Qu’ils osent, qu’ils s’avisent donc à frapper, blesser, réquisitionner ou déférer devant les tribunaux, des travailleurs, nos frères et sœurs, nos fils et filles, nos amis et camarades en lutte, je vous l’assure, dans l’instant le pays s’enflammera. C’est par dizaines de milliers que nous accourons à votre rescousse pour renforcer les barrages et sonner le tocsin de la grève générale. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Mardi 24 mai 2016.

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