BERGER SIFFLE SES MOUTONS Chacun l’avait compris depuis longtemps, Laurent Berger (Premier secrétaire de la CFDT) n’est qu’un valet de pied au service du gouvernement et du patronat. Il n’avait pas dit tout de suite qu’il appuyait la « loi travail (El-Khomri). Comme il sentait monter la contestation il voulait plus ou moins l’accompagner pour mieux la maitriser et la trahir. Alors il disait qu’il y avait des choses à y changer et que lui qui était tellement plus intelligent et éloquent que quiconque allait convaincre le gouvernement « de donner du mou ». Oui, mais les salariés français ne sont pas tous idiots. Il s’avérerait même à l’éclairage des évènements et des sondages, que la grande majorité d’entre nous sommes plutôt avisés et malins, à l’exception d’une petite minorité qui serait enrôlé comme « chiens » au service de ce gardien de moutons du capital. Alors la contestation, les grèves et les manifestations se sont développées et amplifiés en faisant peu de cas de cette « organisation syndicale » et de son chef plus enclins à servir les intérêts des patrons et des actionnaires que ceux des salariés. La contestation a grandi, un véritable bras de fer est engagé entre les syndicats qui servent à quelque chose (CGT, CGT-FO, SUD, SNES, UNEF, FIDL) et le gouvernement des trois satrapes (Hollande, Valls et Macron). Dans cette affaire Berger ses chiens et les moutons qui lui restent ne servent à rien. C’est pourquoi Monsieur Berger a tenu à se faire entendre aujourd’hui en espérant revenir dans la partie. Et que fait pour cela Monsieur Berger ? Il faut dire qu’entre le mouvement qui grandit et durcit et le gouvernement qui se crispe, la marge de manœuvre est à présent inexistante. Il n’avait d’autre choix que de choisir clairement son camp. Il l’a fait ? Il a choisi ouvertement de passer avec armes et bagages dans le camp du gouvernement Social-libéral et de ses alliés du patronat. Il a dit sans détour que la loi-travail à laquelle sont opposés 70 % des français était une bonne loi et qu’il fallait la défendre. (*). Camarades, amis, collègues ou frères de la CFDT, je m’adresse à vous. Il y a bien sûr dans l’appareil syndical CFDT des « bureaucrates » plus préoccupés de leur destin personnel que du destin collectif des salariés. Ce sont ceux que je désigne du nom de « chiens de berger. Il y a bien sûr à la base de la CFDT un certain nombre d’adhérents suivistes et dociles, plus préoccupés de l’étiquette et du drapeau que des engagements réels de leur confédération. Ce sont ceux que je désigne du nom de moutons. Mais je suis bien conscient qu’il y a aussi à la CFDT des cadres et des adhérents sincères, véritablement préoccupés de la défense des intérêts des salariés, de leurs véritables intérêts de classe. Et je pense même sincèrement que ceux-là sont la majorité réelle des effectifs, qu’ils sont là parce qu’ils ont un jour croisé la route d’un vrai militant sincère et engagé, parce que le contexte syndical et l’histoire des luttes les y ont invités, parce qu’ils ont été abusés par un discours radical qui ne recouvre pas la réalité. Cela c’est déjà produit à plusieurs reprises dans l’histoire syndicale contemporaine de la France. Après des grèves mémorables dans les années 1980, contre la privatisation rampante, la majorité des Postiers CFDT quitta la confédération pour créer « SUD-PTT ». En 1995, conséquence de la grève contre le plan Juppé, la majorité de la fédération des cheminots CFDT fit défection pour créer « SUD-Rail », une autre saignée se produisit en 2010, conséquence de l’appui de la confédération CFDT à la réforme des retraites de Sarkozy. La trahison de Laurent Berger est pire encore que celles de Nicole Notat ou François Chérèque en leurs temps, car elle porte sur les fondements même du contrat de travail qui concerne la quasi-totalité des salariés. Il lui faut une réponse digne et cinglante de sa base. Refusez d’être traités comme des moutons que l’on siffle et que l’on mène au pâturage ou à l’abattoir. Le temps en est venu, mes amis collègues frères ou camarades, sortez en masse de cette maison des traitres, rejoignez le combat de tous les salariés qui vous attendent fraternellement. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » Mercredi 25 mai 2016.
