LA PEAU DE CHAGRIN DE LA DEMOCRATIE DISCUSSION PUBLIQUE AVEC GERARD FILOCHE

LA PEAU DE CHAGRIN DE LA DÉMOCRATIE (DISCUSSION PUBLIQUE AVEC GÉRARD FILOCHE)http://lavoiedessansvoix.fr/forum/attachment.php?attachmentid=55&stc=1 Ceux qui militent pour imposer en France la pratique des « primaires » importée comme Halloween des États-Unis, surfent sur le « plus de démocratie », que cette pratique apporterait prétendent-ils, dans la vie politique. Plus de démocratie ? Mais en quoi l’implication d’une fraction plus ou moins grande de l’électorat dans la sélection des deux candidats de l’alternance est-elle garante de plus de démocratie. Le choix véritable des électeurs se fait au deuxième tour des élections présidentielles. Or ce choix-là n’est déjà lui-même qu’une vaste fumisterie, non pas entre deux politiques, ni entre deux programmes mais entre deux individus. Il n’y a pas de « programme » au sens de celui élaboré et soutenu par un parti, mais de simples « propositions des candidats, qui ne les engagent à rien. Le programme du parti quand il existe, on l’a vu avec celui du PS n’engage nullement le Président élu qui n’en a cure, vu que par la magie du suffrage universel il tient sa légitimité de celui-ci et non du parti. Le Président de la cinquième république est au-dessus des partis. La véritable question sous-jacente aux élections présidentielle est lequel des deux candidats (droite et gauche), du système, est le mieux à même de gérer les affaires des mêmes patrons, le grand capital et la haute finance, en maintenant la stabilité politique et la cohésion sociale. Les différences entre l’un et l’autre, de droite ou de gauche, sont donc infimes et la plus part du temps artificielles, juste ce qu’il faut pour donner à « la galerie’ l’illusion d’une véritable différence, d’un authentique combat politique, d’un réel choix démocratique. Un théâtre de guignols en vérité, une vaste foutaise. L’enjeu affiché des primaires consiste à donner une caution populaire aux deux candidats « du système » Donner à croire aux braves gens que ces deux candidats qui fouleront aux pieds, l’un ou l’autre, leurs intérêts et renieront les promesses qu’ils avaient crût entendre, ils les ont sélectionné eux-mêmes. Foin d’apporter plus de démocrate, les « primaires » en vérité constitue un stratagème totalement anti-démocratique. Tout d’abord parce qu’elle tue la vie politique interne des partis, privant les militants de ceux-ci du contrôle sur les décisions majeures de leur formation. A quoi sert-il vraiment d’être membre d’un parti si les décisions essentielles de celui-ci sont remises au « vote » d’un marais populaire indéfini ? Cette pratique tue donc le contrôle des militants ce qui permet à quelques individus adoubés par quelques grandes écoles ou corps de s’imposer par d’autres voies et moyens : les connexions plus ou moins occultes avec les centres décisionnels réels, le support médiatique dont ils bénéficient, le people », etc. Transformant un peu plus les militants en simple réserve de « petites mains et les partis en partis godillots. Les élections primaires c’est « l’institutionnalisation » d’une pratique populiste entièrement démagogique. Elle flatte le peuple auquel elle prétend donner plus de pouvoir alors qu’en vérité elle lui en retire en le court-circuitant et le ridiculisant. Le cas Macron donne une illustration forte édifiante de cette mécanique. Ce jeune monsieur est, à ce qu’ils en disent, une tête bien pleine et un esprit brillant. La preuve, il servait bien ses patrons de la Banque Rothschild qui l’ont grassement récompensé et propulsé dans la sphère politique. Le peuple l’a t’il choisit ? Non ! On le lui a imposé. Descendu du ciel de la haute finance, toute une machinerie médiatique, « sondagière » et people c’est mise en marche pour nous persuader qu’il était l’homme de la situation, le Messie, le sauveur suprême. Si d’aventure un tel homme était adoubé par un quelconque suffrage populaire, qu’elle serait en vérité la part dans ce fait du libre choix des électeurs ou celle du diktat du « système » ? Par la pratique des primaires ils souhaitent saturer la totalité de l’espace politique avec l’échéance quinquennale de l’élection présidentielle et de sa préparation, asphyxiant par manque d’oxygène, tous les autres partis et courants de pensée politiques sommés ainsi de rentrer dans le rang, ou à défaut, refoulés à la marge et condamnés, à la nécrose à plus ou moins long terme. L’institution « des primaires » fonctionne comme une peau de chagrin, dont la conséquence ultime ne peut-être qu’un cruel déficit de démocratie réelle. Il s’agit en fin du compte de réduire toute la vie politique nationale, l’espace démocratique, à ce choix binaire, aussi idiot qu’inutile, entre deux candidats soigneusement présélectionnés par le système, pour son propre service, et présentés aux électeurs sur un plateau, prêt à voter, comme un choix incontournable. Ceux donc qui s’adonnent à ce jeu, quels qu’ils soient, jouent un rôle néfaste contre « la démocratie et l’investissement politique » du peuple. Gérard Filoche que je connais fort bien depuis presque cinquante ans, auquel je voue malgré tout une amitié sincère, nonobstant ses qualités et son investissement authentique auprès des salariés, par son engagement dans ce qu’il appelle des « Primaires citoyennes ouvertes à toute la gauche et aux écologistes », joue lui aussi, en cette affaire, un rôle délétère et dangereux. Ce que Gérard Filoche occulte et qui le conduit à s’engager, et à vouloir nous engager, dans cette voie sans issue des primaires, c’est qu’il s’agit de l’un des dispositifs du « système », d’une nasse dans laquelle, tels des crabes, on nous invite à entrer pour nous mettre dès-lors à l’entière disposition du pécheur propriétaire du panier. Gérard Filoche est de la culture de « l’unité ». Et nous le suivrions certainement s’il s’agissait de « l’unit é de classe » qui fonde à l’origine cette culture politique que nous partageons. Mais « la gauche », c’est autre chose. C’est l’unité contre nature des classes laborieuses avec les représentants d’autres classes dont les intérêts sont en exacte opposition avec ceux des travailleurs. Cette réalité est intrinsèque à la « gauche » depuis l’origine en 1972 et surtout depuis la transformation (1981-83) du PS en parti de gouvernement. Si malgré tout « la gauche » a fait, trop longtemps, illusion, sa véritable nature est apparue au grand jour ces derniers mois avec l’affirmation sans complexe d’un courant dans le PS qui se disait jusque-là Social-démocrate et s’affirme à présent Social-libéral. Or ce courant est majoritaire et représente la légalité du parti dont il plombe la réalité. La « Gauche » est un concept politique généré par la pratique parlementaire électorale de la vie politique qui a eu pour conséquence catastrophique de gommer ces conflits d’intérêts fondamentaux et de soumettre les classes laborieuses de la société, à un seul intérêt, prétendument supérieur car national, en vérité celui des exploiteurs, celui du capital et de la finance. La lutte politique, la restauration réelle d’une vie politique démocratique passe donc par la réaffirmation d’un parti indépendant représentant véritablement les intérêts des travailleurs. Il faut pour cela liquider sans retour le « concept » de la gauche qui nous enferme dans le piège de l’alternance politique et du parti de gouvernement Qui n’est que le parti du gouvernement des intérêts de nos propres adversaires. Ce n’est pas de « l’unité de la gauche » dont les salariés et toutes les couches populaires du pays ont besoin. Elle leur a été à chaque fois un piège dévastateur. C’est au contraire d’un divorce qu’ils ont besoin, de la séparation claire entre ceux qui défendent les intérêts du capital et ceux qui défendent les intérêts des salariés et des classes populaires .C’est à cette condition que pourra se reconstruire autour d’un programme clair une véritable unité de classe. Plutôt que de s’épuiser en vain à restituer la légitimité du concept politique menteur de « la gauche » que les trois dernières décennies ont délégitimé, Gérard Filoche s’emploierait mieux à travailler à cette recomposition. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » Samedi 5 novembre 2916.

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