LE BOUFFON DE LA RÉPUBLIQUE http://lavoiedessansvoix.fr/forum/attachment.php?attachmentid=57&stc=1 Manuel Macron a annoncé hier, en grande solennité, sa candidature à la présidence de la République. Le jeune homme se tient lui-même en haute estime. Il dit s’adressant à nous que son dessein n’est pas de rassembler la gauche ni la droite, mais de rassembler les français. Quelle vanité ! Quelle morgue ! Qu’elle présomption ! Voilà t’y pas que cet enfant gâté tout juste sorti couvert d’or des coffres de la Banque Rothschild, nous la joue « Homme providentiel », à la De Gaulle : « la rencontre d’un homme et d’un peuple ». Oui mais De Gaulle lui avant d’aller à la rencontre du peuple avait courtisé la providence en se hissant, dans une période noire de l’histoire, à la dignité d’une situation compliquée. Manuel Macron lui s’est signalé seulement comme conseiller malencontreux d’un Président disqualifié puis comme Ministre des finances, aux propos provocateurs, d’un gouvernement agresseur du peuple. La candidature de Manuel Macron à la Présidence de la République est une farce grotesque et ne serait que cela si les grands médias, propriété des banques et des grands financiers, ses protecteurs, ne s’étaient enquit de prouver leur puissance en créant à l’instar de Dieu un « quelque chose avec du néant ». Mais quel est le sens, dans quel buts cette représentation hilarante ? Pas dans celui d’accéder à la magistrature suprême vous l’avez compris. Cela est hors de portée, quoiqu’il en dise, des ambitions déclarées de ce Prométhée aux petits pieds. Tout juste peut-il se positionner pour des échéances avenir dans 10 ou 15 ans. Ni droite ni gauche, mais elles existent et il n’est pas facile de les annuler. Or à droite et à gauche et au « centre même » l’espace politique est occupé par des partis et des hommes bien installés dans le paysage politique. Alors où donc est le créneau de Manuel Macron. Dans la fable du jeunisme du dynamisme, de la modernité, tout juste capable de séduire (je voulais dire abuser), une frange d’une certaine jeunesse présomptueuse mais sous-politisée et infiniment naïve. Le jeune loup lui, jure ses grands Dieux qu’il ira jusqu’au bout. Oui mais au bout de quoi. Le bout c’est quand les choses sont fini et ne peuvent aller plus loin. Dans le cas d’espèce ce peut être le premier tour des élections présidentielles, mais ce peut-être tout autant l’incapacité d’officialiser sa candidature à défaut de pouvoir réunir les 500 signatures. Certes, il est possible tout de même que Manuel Macron, il bénéficie de puissants soutiens et de la complicité des médias (15 minutes hier soir sur France 2 pour ce non évènement), réussisse à réunir les cautions nécessaires. Mais dans ce cas, et pour les raisons que nous venons d’exposer, son épopée s’arrêterait là, au premier tour, avec un score de 5 % maximum de l’électorat Jusqu’au bout donc, mais quel bout ? Son bout ne pourrait-il être du même genre que celui des « quadras rénovateurs de la droite » au temps des années Mitterrand, dont l’entreprise fit un lamentable Pschitt et dont certains finirent dans la trappe des poubelles de l’histoire ou dans quelque geôle*. Nous l’avions déjà expliqué pour l’essentiel dans un article « MAIS QU’EST-CE QUE C’EST DONC QUE CETTE MACRONNADE ? », paru dans ces pages le 25 avril 2016. Tout était dit dans cet article. Nous n’allons pas le refaire. Nous vous invitons seulement à le lire ou le relire. Nous le publions à cette fin en annexe au présent. Une seule chose à ajouter. Macron s’étant enfin clairement déclaré on nous ressert l’histoire éculée d’un prétendu nouveau Brutus. Il aurait donné, en déclarant sa candidature, un coup de poignard dans le dos de Hollande. Quand bien même ce serait le cas il n’encourt pas, par ce geste, les rigueurs de la loi ni la désapprobation de ses contemporains ? Il n’y a pas crime à poignarder un cadavre politique. Mais ce n’est pas le cas. L’objectif de la « macronnade » c’est de rendre perméable la frontière droite/gauche afin de créer les conditions favorables à la migration d’une partie des voix de « droite » vers la « gauche ». Administrer la preuve qu’il n’y a pas lorsqu’on est un libéral convaincu d’incompatibilité à voter « à gauche » ( ?) L’objectif c’est de repositionner le partage du corps électoral entre droite et gauche dans la perspective de la recomposition d’une nouvelle gauche qui, à l’instar de l’UMP devenu « Les Républicains » pourrait-elle s’intituler « les démocrates ». Telle est la mission politique de Manuel Macron, et non pas la perspective illusoire d’une accession de celui-ci à la Présidence de la république en 2017 Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr. « Jeudi 17 novembre 2016. ANNEXE : MAIS QU’EST-CE QUE C’EST DONC QUE CETTE MACRONNADE ? » Alors que s’achève la période des vacances scolaires de pâques et que sont annoncées plusieurs grèves et la manifestation du 28 avril pour le retrait du projet de « loi travail », alors que de toute évidence la grande question du moment est celle de ce projet de loi et de la protestation populaire qu’il suscite, le « Landernau » politique s’embrase pour les manœuvres politiciennes aux allures de ballet nuptial, auxquelles se livre un « drôle d’oiseau ». Mais qu’est-ce que c’est donc que cette macronnade ?Cela faisait plusieurs jours que je voulais aventurer ma réponse à cette question. Je savais que le ballet durerai plusieurs jours et n’avais pas lieu de me précipiter, je préférais attendre une accumulation suffisantes de matériaux. Or, il advient parfois que « le temps nous rend bien le temps qu’on lui accorde. L’actualité, d’autres intervenants vous soufflent des idées pertinentes, une approche différente. J’aurais pu prendre le risque d’aborder le sujet avec fadeur. Mais le comédien Philippe Torreton, entendu un récent matin à 9heures 13 sur « France-Inter » m’a offert un point d’accroche inattendu et tout aussi plaisant qu’il m’apparait pertinent, tout à fait conforme à ce qui étais mon point de vue et dont je voulais vous entretenir.L’animateur lui demandait : « Et vous, est-ce que ça vous parle Macron en Brutus ? » A quoi il répondit du tac au tac, « non, d’abord à cause du langage, mais surtout parce que j’ai l’impression, je suis même sûr, d’assister à une comédie, un jeu de rôle où Macron est là pour regonfler les rangs et se rallier en définitive au panache blanc de François Hollande ».Eh oui Philippe Torreton a tout dit du sens de cette « macronnade ». Non pas un drame shakespearien, mais une pantalonnade, de la « commedia dell’arte ». Je n’ai rien à ajouter, sinon pour en expliquer le sens et les finalités politiques.Il s’agit des aléas d’une mutation politique, celle du Parti Socialiste, lointain héritier de la 2ème internationale, en parti « démocrate à l’américaine ». Loin des précautions sémantiques, il y a de véritables enjeux Politiques majeurs là-dessous. La question est liée au régime du « bipartisme » voulu par les acteurs politiques et à la bipolarisation croissante de la vie politique qui en résulte, et l’effacement de tous liens de classes ou sociaux professionnels dans la composition des électorats respectifs des deux partis de l’alternance.En fait cette question est celle d’un « repositionnement électoral. Ce n’est pas loin s’en faut d’aujourd’hui qu’elle se pose. Elle était apparue déjà dans les années 80 piloté en sous-main par François Mitterrand. Il y eut d’abord ce que l’on appela en ce temps « l’initiative des deux Faure », puis celle-ci ayant fait long feu, un peu après, la liste « ERE » aux élections européennes de 1984, conduite par François Doubin, Olivier Stirn et Brice Lalonde, qui n’eut guère plus de succès. La gauche ayant trahit (Rigueur, liquidation de la sidérurgie, restructuration du secteur automobile, etc.) se trouvait en pleine déconfiture électorale, perdant de nombreux électeurs à « sa gauche » en particulier chez les ouvriers. Il fallait regagner « au centre » les voix perdues à gauche, afin de garder au PS sa position électorale stratégique. J’exposais cela en 1986 dans ma brochure : « Social Bonapartisme et Classe ouvrière ». Nous sommes à présent dans une situation équivalente. François Hollande sait que le PS sera électoralement durement impacté par le tournant « Social-libéral » décomplexé qu’il a imprimé avec ses acolytes Valls et Macron. Alors il s’est mis en quête d’un recentrage électoral de nature à maintenir la crédibilité de ce parti et son rôle leader. On a vu plus récemment, appel de François Bayrou à voter Hollande en 2012, que « le centre » politique, qui est en vérité pluriel, pouvait se partager entre « la droite » et la « gauche » sous l’effet de la bipolarisation croissante de la vie politique, dont l’élection présidentielle est l’expression la plus aboutie. Il s’agit donc en quelque sorte de redessiner la carte électorale de la France en déplaçant vers la droite la ligne de séparation entre « droite et gauche » afin de compenser au moins partiellement les pertes électorales à gauche.Macron dans cette affaire n’est que le chargé de mission du Président de la république. Son profil de jeune loup de la finance et de requin anti-ouvrier aux dents longues est idéal pour séduire une partie au moins de la clientèle électorale du centre. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Mardi 25 avril 2016. * (Notes) « les quadras des années Mitterrand : Pour le RPR, aux côtés de Philippe Séguin, il y avait Michel Noir (44 ans), ancien ministre, qui venait d’être largement élu maire de Lyon face au maire sortant Francisque Collomb (Raymond Barre ne fut même pas élu conseiller municipal) et face à Charles Hernu, Alain Carignon (40 ans), ancien ministre, président du Conseil général de l’Isère et réélu brillamment maire de Grenoble, ville qui avait pourtant voté Mitterrand en 1988, Michel Barnier (38 ans), président du Conseil général de Savoie depuis l’âge de 31 ans (préparant les jeux olympiques d’Albertville pour 1992), Étienne Pinte (50 ans), adjoint et futur maire de Versailles, et… François Fillon (35 ans) élu à l’Assemblée Nationale dès l’âge de 27 ans. Le choix des rénovateurs RPR était principalement guidé par Philippe Séguin qui avait placé au moins deux séguinistes notoires avec François Fillon et Étienne Pinte.Chez les centristes, aux côtés de François Bayrou, il y avait Bernard Bosson (41 ans), ancien ministre, réélu maire d’Annecy et espoir déçu du CDS et Dominique Baudis (41 ans), réélu maire de Toulouse et très populaire président du Conseil régional de Midi-Pyrénées. Ces trois jeunes personnalités se faisaient d’ailleurs appeler « les trois B » pour remplacer la direction du CDS (Centre des démocrates sociaux) occupée essentiellement par un autre trio, Pierre Méhaignerie, Jacques Barrot et Bernard Stasi.Enfin, du côté du Parti républicain, des seconds couteaux : Philippe de Villiers (40 ans), ancien ministre, président du Conseil général de Vendée, François d’Aubert (45 ans) et Charles Millon (43 ans), jeune président du Conseil régional de Rhône-Alpes depuis 1988. (Agoravox »)
