TOUCH’ PAS A MON FRANÇOIS Faut-il comme la SPA pour les chiens et les chats, Le WWF pour les espèces en voie de disparition, les associations de défense des femmes battues ou « Enfance et partage » créer à l’exemple de la « Fondation Brigitte Bardot » pour la protection animale une « Fondation Catherine Deneuve » ou « Agnès B » pour la protection des Présidents mal traités ? « Touch’pas à mon François ! » Tel serait son slogan. Une soixantaine de personnalités ont eu en effet la désolante idée de pétitionner un texte de soutien à François Hollande. Or, l’initiative qui se voulait salvatrice se révèlera contre-productive car elle, contribue en jouant sur la corde de la victimisation à accroitre le sentiment de perte d’autorité du premier magistrat de France dont elle éclaire cruellement la fragilité. Les initiateurs de la démarche auraient pu au moins avoir la décence de s’en tenir à l’aspect moral et civique de la question du respect, dû selon les conventions à la fonction présidentielle ; Mais ils ont cru nécessaire pour justifier leur appel à « cesser le Hollande Basching » de se solidariser avec le bilan du Quinquennat, et d’en faire l’apologie. Ils ne sont plus dès lors dans la lutte contre les excès supposés de la critique d’un homme et d’une fonction, mais bien dans le militantisme pour la défense de sa politique contestable. Tant bien que leur intention, moralisatrice à l’origine, parait relever en vérité d’une fort malencontreuse manœuvre de défense du bilan de François Hollande. Or celui-ci est indéfendable sinon par ses amis de la banque et du capital qui en ont tiré de substantiels bénéfices. Alors, pour défendre malgré tout par devant le peuple et les électeurs médusés un tel bilan déplorable, voire même catastrophique, il n’est d’autres méthodes que de distordre un peu la réalité voire même de la falsifier. Victimisation : « Dès le départ, – écrivent-ils- François Hollande a fait face à un incroyable procès en illégitimité. Ce dénigrement permanent met à mal toutes les institutions de la République et la fonction présidentielle. Il perdure encore aujourd’hui malgré la stature d’homme d’État que François Hollande a parfaitement incarnée, tant dans les crises internationales que lors des épouvantables tragédies que notre pays a traversées. » « Dès le départ ….. » ??? C’est entièrement faux ! Après le quinquennat humiliant d’un Nicolas Sarkozy ce fut au contraire avec l’espoir minimum d’une restauration de la dignité de la fonction Présidentielle que les Français accueillirent ce Président qui se proposait d’être seulement normal. Indécence : Quant à l’incarnation de la stature d’homme d’Etat dans les crises internationales, quand il s’est agi de répandre la guerre et la désolation en plusieurs points de la planète, de s’ingérer dans les affaires intérieures de plusieurs Etats étrangers indépendants, de servir comme un chien de guerre les intérêts de l’impérialisme US, de se rendre coupable d’assassinats ciblés qui sont des crimes de guerre, il est bien indécent de l’évoquer. Au demeurant, quand bien même on lui saurait gré d’avoir réagi dignement aux drames qui ont endeuillé la France, dont sa politique agressive et sa diplomatie de pachyderme sont pour partie responsables, en quoi cela devrait-il le mettre à l’abri des contestations et des critiques ? Voilà une chose bien aisée à prétendre pour des catégories sociales protégées ou qui n’ont pas été impactées par les agressions de sa politique. C’est-même le contraire qui est vrai ? Homme d’Etat il a milité pour favoriser certaines catégories sociales (Banques, actionnaires, patrons) au détriment d’autres (salariés ouvriers, paysans, fonctionnaires, professions libérales). Que les catégories sociales qui ont bénéficiées de ses largesses et de son action le remercient, soit, c’est dans l’ordre naturel des choses. Mais à quel titre voudriez-vous contester aux retraités lésés, aux salariés fragilisés et appauvris, à la jeunesse précarisée, aux agriculteurs ruinés, aux professions libérales déstructurées, le droit minimum d’exprimer leurs ressentiments pour cet homme qui les a floués ? Distorsions et falsifications : Les signataires citent aux nombre des réalisations du quinquennat : « Les emplois d’avenir », ainsi que les nomme la plus hurlante des démagogies et la plus abstruse des « langues de bois ». Les emplois auxquels ils ont donné ce nom de baptême menteurs sont des montages artificiels pour cacher la misère, qui ne correspondent à la création d’aucun emploi réel et qui sont en vérité « de garage » et non d’avenir. « Le compte personnel de formation ». Qui n’est qu’une réécriture sous une forme plus restrictive, de droits à la formation continue des adultes qui préexistaient, fondées par les lois de 1966 et la loi Delors de1971 « La retraite à 60 ans pour les carrières longues ». La tournure s’apparente ici à un odieux mensonge. La retraite à 60 ans pour les carrières longues ce n’est pas l’œuvre du Président. Ce qui est à mettre à son actif c’est au contraire l’allongement de la durée légale du temps de travail ouvrant droit à la retraite. Mais ça comme bilan ce n’est pas très porteur. La limitation à 60 ans qui ne concerne qu’un tout petit nombre de salariés et ne perdurera pas quand cette génération sera parti, n’est qu’un aménagement à la marge de la loi de recul de l’âge légal de départ, qui concerne elle tous les salariés dont elle dévalorise les pensions. « Ajoutons un déficit public passé de 5,1% en 2011 à 3,5% en 2015, » Ne se rendent-ils pas compte les « gentils » défenseurs du Président qu’ils font ici rien moins que l’apologie de la politique d’austérité qui brime les peuples ? « Plus de compétitivité, ». Les ignares ! Quand on ne sait pas on a au moins la décence de se taire. Ne savent-ils donc pas que compétitivité est ici synonyme de dévalorisation des salaires et diminution des charges c’est-à-dire du salaire différé, et donc de pertes substantielles du pouvoir d’achat des salariés. «Et plus de marges pour les entreprises pour favoriser les embauches, » Ne sont-ils pas rendus là au pur « foutage de gueule ». Jusqu’à présent cette politique de récession des salaires et des charges qui s’est traduite par l’explosion des dividendes des actionnaires des salaires des grands patrons et « des parachutes dorés », n’a donné lieu à aucune création d’emploi. « Plus de pouvoir d’achat pour les ménages, » « Foutage de gueule » aussi. Mais où ont-ils vu ça ? Il faut sortir de votre bulle, messieurs dames. La réalité est tout autre et bien plus sinistre, c’est l’explosion de la précarité et du nombre des bénéficiaires des restaurants du cœur, pour le dire en raccourci. « Et enfin la diminution amorcée du chômage. » Ce qui est pure manipulation de faussaires. L’amorce de la diminution prétendue du chômage est le résultat de grandes manœuvres commanditées tout exprès par l’Elysée qui ont consistée, cet automne, à l’entrée massive en stage divers de nombreux chômeurs et les radiations sous maints prétextes futiles d’un grand nombre d’autres. Cynisme et brutalité en sont les ingrédients. «Nous dénonçons cet acharnement indigne qui entraîne le débat politique dans une dérive dangereuse pour la démocratie.» Insistent encore les signataires. Mais l’instauration et les prorogations multiples de « l’Etat d’Urgence », cette volonté que vous cautionnez de vouloir faire taire l’expression de la colère populaire, ne sont-elles pas des menaces bien plus grandes et bien plus perceptibles pour la démocratie ? Vous voyez, la lecture populaire du bilan du quinquennat de François Hollande est tout autre que celle que vous en faites si imprudemment. Et encore, je n’ai rien dit moi même de ce que vous avez « habilement » occulté.: de l’extension du travail des dimanches, des accrocs à la loi des 35 heures, de la loi travail qui liquide 150 ans d’écriture du code du travail, ni des méthodes autoritaires d’exercice du pouvoir et du recours à l’article 49-3 de la constitution. Honte à vous, inconscients que vous êtes, d’oser contresigner de pareilles horreurs. Vous invoquez le respect auquel a droit le Président de la République comme tout individu. « François Hollande a droit au respect comme tout citoyen, et comme président de notre *République. » Mais ne voyez-vous pas que votre texte est une insulte aux français qui souffrent de l’ignoble politique économique et sociale de ce même François Hollande. Ne craignez-vous pas que votre défense du Président ne signale votre profonde ignorance, car, vous concernant, je n’ose pas encore écrire, mépris du peuple ? J’ose croire, au nom du respect que je leur porte, que certains d’entre vous aurons la dignité de retirer leur signature de ce texte et de présenter des excuses au peuple humilié. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » Mercredi 23 novembre 2016.
