A LA GAUCHE DE JEAN-MARIEAvertissement. L’article qui suit daté du samedi 26 novembre devait être publié ce jour là veille du deuxième tour des primaires de « la droite et du centre ». Un incident survenu chez notre hébergeur ne l’a pas permis. Nous nous en excusons auprès de nos lecteurs. Malgré tout cet article garde toute son actualité et son intérêt pour l’avenir. C’est pourquoi nous le publions, avec quatre jours de retard, sans rien y changer. (Mardi 29 novembre 2016.)* De l’ordre de 4 millions deux cent mille français ont voté au premier tour des élections primaires de la droite et du centre dimanche dernier. Au terme de cette journée électorale, dans les jours qui ont suivi, mais avant-hier soir surtout, lors du débat Fillon/Juppé, du deuxième tour de cette primaire, tous les acteurs, les journalistes et commentateurs divers se sont réjoui du succès de cette initiative et l’ont interprété comme une preuve de « la vivacité et de la qualité de la démocratie Française ». C’est une arnaque. Le succès incontestable des primaires de la droite et du centre, loin de démontrer la vivacité ou la qualité de notre démocratie » en dévoile la dégénérescence et la nécrose. Nous avons dit, dans maints articles ; (visibles sur notre site) depuis l’origine, tout le mal que nous pensions de l’introduction de la pratique « des primaires » en France, et du déficit de démocratie qui caractérise cette évolution. Fallait-il démontrer encore le caractère funeste de cette dérive, le « choix démocratique » ainsi ouvert aux Français en serait une preuve incontestable ». Les Français avaient cru voter à Gauche en 2012, lorsqu’ils élire François Hollande le candidat sorti vainqueur des premières « primaires » de la Gauche. Et ils eurent l’amère révélation qu’ils avaient en vérité élu un président paranormal qui faisait une calamiteuse politique économique et sociale de droite libérale et la même politique internationale impérialiste et agressive que son prédécesseur, sous l’aile des États-Unis d’Amérique. Alors comme ils sont mécontents les Français de s’être fait ainsi abuser, comme ils sont en colère contre cette « gauche » qui les insulte à tant les flouer depuis plus de trente ans, « le système politique » leur propose une solution. Et quelle solution leur propose-t-il aux Français ? Une politique ultra libérale, bien pire encore. La « gauche politique » a démoralisé la gauche populaire, désarmé politiquement la contestation sociale. Elle a légitimé le discours ultra libéral, ouvert la bonde à la réaction sociale, à la surenchère et au « dumping » social. C’est ainsi que les Français se retrouvent, à la veille des élections Présidentielles de 2017, confronté au choix infiniment démocratique que voilà : Elire Alain Juppé porteur d’un programme ultra libéral d’une brutalité inouïe, ou François Fillon porteur d’un « programme ultra libéral plus ». Et l’astuce consisterait à vouloir nous faire croire qu’il y aurait un intérêt pour le peuple laborieux à voter pour Alain Juppé, non le meilleur, mais le moins pire, seulement 250 000 emplois de fonctionnaires supprimés et 100 milliards de coupes budgétaires. Pour un peu l’establishment politique « de gauche », à défaut de prétendre gagner les élections Présidentielles de 2017, tenterait de désigner Juppé comme l’élu de son cœur, le candidat unique de la gauche par défaut. On est toujours « la gauche de quelqu’un. Car l’ultime dilemme, le choix du deuxième tour des Présidentielles qui devait administrer la preuve irréfutable de « la vivacité et de la qualité de notre démocratie », promettait, avant le dimanche 20 novembre, du premier tour des primaires de la « Droite et du Centre », de se réduire à l’alternative sinistre entre Alain Juppé et Marine Le Pen. Entre la droite extrême et l’extrême droite. Et Alors, il ne faisait aucun doute que les dirigeants de la gauche libérale appelleraient en ce cas à voter Alain Juppé pour « faire barrage au FN » comme ils disent. Demanderaient aux électeurs « de gauche » de cautionner par leur vote le programme ultra libéral brutal de ce dernier. Certes, on voit mal celui que l’on appelle « le peuple de gauche », voter pour François Fillon ou Alain Juppé au premier tour des élections Présidentielles. Mais une fraction significative de celui-ci contribuera sans nul doute à élira « la droite extrême » au prétexte de faire barrage à l’extrême droite ». C’est ainsi, pris au piège de cette « foutue démocratie », que le peuple fâché contre la politique d’austérité antisociale de François Hollande/Manuel Valls, élira lui-même de son plein gré la corde pour se faire pendre Mais le destin en aurait-il tout de même décidé autrement ? Foin de Juppé, le premier tour des primaires de la Droite et du Centre a adoubé François Fillon. Dans le positionnement de « la brute molle » Juppé croyait être à même de se qualifier aux primaires se pensant le mieux placé pour gagner l’élection Présidentielle en recueillant les « voix de gauche » face à Marine Le Pen C’était un leurre. A cette aune Fillon était tout aussi bien placé que lui. Dans le cas en effet, de qualification de Marine Le Pen au deuxième tour de la Présidentielle, qui que soit le candidat de la droite républicaine, « La Gauche » appellera à voter pour celui-ci, indifféremment Juppé ou Fillon. C’est pourquoi le positionnement du Maire de Bordeaux n’était pas pertinent. Il ne fait guère de doute que Fillon « monsieur plus » : 500 000 emplois de fonctionnaires supprimés et 110 milliards de coupes budgétaires, sera demain le candidat investi de la droite pour l’élection présidentielle. A « brute » il y a brute et demi. On est pourtant toujours la gauche de quelqu’un. La « droite libérale du PS » a raison de se prétendre « la Gauche » ….. De Juppé ! Et si Juppé est la « Gauche » de Fillon, Fillon n’en est pas moins la « Gauche » de Le Pen. C’est ainsi que François Fillon « le réactionnaire clérical », » l’intégriste catholique », « le moyenâgeux », a quelques chances de se voir bientôt décerné la qualité de dernier rempart de la « démocratie » contre Marine Le Pen. De degré en degré, de « Gauche de gouvernement » en « Gauche libérale », de « Gauche libérale » en « Droite et centre », de « Droite et Centre » en droite ultra libérale, de « Droite ultra libérale » en Droite ultra libérale plus , la « démocratie française » descend aux abysses et le peuple aux enfers. N’en viendront-ils pas un jour prochain à nous demander d’élire Marine le Pen, qui en est la Gauche, pour faire barrage à Jean-Marie ? Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Samedi 26 novembre 2016.
