LA PETITE BÊTE QUI MONTE

LA PETITE BÊTE QUI MONTE 67On n’entend que ça sur nos médias télévisés. On parle de Valls ou des « primaires de gauche », oui mais c’est Macron qui monte dans les sondages et pourrait bien voler la vedette à l’ex premier ministre. On parle de la campagne de Fillon, oui mais c’est Macron qui pourrait être le troisième homme. D’ailleurs Fillon ou Madame Le Pen, n’ont-ils pas de soucis à se faire eux même pour les premières et deuxièmes places qui leur étaient promises ? Elle monte la petite bête, et à ce rythme-là ne faudra-t-il pas miser bientôt sur un deuxième tour Macron/Fillon ou Macron/Le Pen ? Elle monte la petite bête, oui mais elle monte où, elle monte à quoi ? Au flanc de la montagne ? L’Olympe ? Ce n’est pas le chemin de l’Elysée. Gravit-elle l’escalier de la tour des miracles ? Monte t’elle les gradins d’une solide échelle du temps ? Ou bien son ascension prométhéenne la conduit-elle au ciel de l’illusion au pinacle de la tromperie ? Se monte t’elle (ou lui monte t’on) la tête ? Elle monte la petite bête. Elle monte dans les sondages, c’est-à-dire dans le vent, elle monte au son des trompettes de la renommée grassement rétribuées par ses employeurs et maitres, elle escalade la roche Tarpéienne de la gloire factice. Elle va retomber lamentablement comme un soufflet, comme un oiseau aux ailes cassées, elle va éclater sans bruit comme une bulle de savon ; Se révéler pour ce qu’elle est vraiment, une lamentable farce politico-médiatico-financière. Macron n’est ni à gauche ni à droite, il oscille autour « du point Macron ». Peut-on imaginer positionnement politique plus narcissique ? Même ce « bellâtre » de Sarkozy ne s’était pas risqué à celle-là. Mais il y a en France, surtout des électeurs de « gauche » (fausse ou vraie) et de Droite (molle ou dure), et naturellement aussi de nombreux indécis, « le marais électoral » comme le nomme les spécialistes. Que voulez-vous que les électeurs de « gauche » attendent d’un Macron ? S’ils souhaitent voter « Gauche libérale » ils voteront Valls, s’ils souhaitent voter « Gauche nostalgique » ils voteront Montebourg ou Hamon, s’ils veulent voter gauche véritable de transformation sociale, ils voteront Mélenchon ! Où trouve-t-on à « Gauche » des électeurs disposés à voter Macron ? Mais de même, que voulez-vous que les électeurs de « Droite » attendent de Macron ? S’ils souhaitent voter droite traditionnelle (Républicaine) ils voteront Fillon, s’ils souhaitent voter « Droite dure » ils voteront Marine Le Pen. Bon il parait que des électeurs centristes alarmés par la dureté du programme de Fillon pourraient se porter sur Macron, mais vous vous souvenez du dernier score du centriste Bayrou, loin des intentions de vote que l’on prête au « blanc-bec » Or les circonstances tergiversations du centre n’ont pu que réduire son potentiel électoral et au demeurant le report des voix d’un parti ou d’un candidat sur un autre est toujours partiel. Où diable donc vont- ils trouver à droite ces nombreux électeurs disposés à voter Macron. Reste bien sûr les indécis, le marais électoral. Mais la spécificité des indécis c’est qu’ils ne savent pas pour qui ils voteront, c’est qu’ils choisissent dans le dernier quart d’heure. Bien malins donc ceux qui trouveraient parmi ceux-là, 100 jours avant le scrutin, ces fameux électeurs disposés à voter Macron. Vous l’avez compris chers amis lecteurs on nous amuse,.. Mal. On tente de nous abuser,.. En vain. Ils ont déjà fait ce genre de tentative de fabriquer avec du fric et par la seule force des médias, un candidat artificiel. Ils ont fait ça avec Balladur en 1995, avec Jospin en 2002. Ils tentent à présent d’accréditer l’idée que Macron est « l’outsider », la surprise. Les instituts de sondages ne s’en tiennent pas au rôle qui leur est impartit d’étude de l’état de l’opinion, ils veulent la modeler eux-mêmes. La baudruche ne tardera pas à se dégonfler comme à chaque fois. Mais tenons-nous le pour dit : certes ils reconnaitront alors humblement s’être trompé, mais par notre faute, à cause de la versatilité de l’opinion, la nôtre. Ce sera nous les imbéciles et non eux. Mais quel est le sens exact de cette opération conduite de longue main ? Le premier objectif que nous avons identifié dés le 25 avril 2016, (MAIS QU’EST-CE QUE C’EST DONC QUE CETTE MACRONNADE ?) est de capter des voix à droite et au centre pour les ramener vers le PS, afin d’une part d’opérer un glissement vers la droite du « spectre électoral de ce parti et de compenser les pertes à sa gauche pour rester malgré tout le centre de gravité de « la gauche d’alternance. Pour que l’opération s’avère payante il faut aider Macron à rabattre le plus largement possible ? Le deuxième objectif est de faire écran au phénomène véritable bien plus embarrassant pour le PS comme parti leader de la Gauche », le positionnement politique favorable de Jean-Luc Mélenchon qui sera très probablement le véritable 3ème homme. Cette réalité il faut la nier, l’occulter, l’ignorer le plus longtemps possible afin de ne pas risquer de l’amplifier. Et c’est à quoi sert l’histoire infantilisante de la petite bête qui monte. Quili, quili, quili. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » Dimanche 15 janvier 2017.

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