POURQUOI NOUS BOYCOTTONS LES PRIMAIRES DE LA GAUCHE ? Le premier tour des primaires de la gauche c’est aujourd’hui. Nous pourrions nous contenter de les ignorer au prétexte qu’elles ne nous concernent pas. Ce n’est pourtant pas l’attitude de réserve que nous adoptons. Nous ne nous limitons pas à nous abstenir d’y prendre part. Nous militons aussi pour leur échec. Nous militons pour les boycotter. Pourquoi ? Parce que l’institution en France de la pratique des primaires nous impacte que nous soyons contre ou pour. Il s’agit nous l’avons expliqué d’instaurer une pratique liberticide qui en focalisant la vie politique autour des deux seuls partis de l’alternance tend à réduire la vie et le débat démocratique à ce seul espace « bipartite », et a tuer tout le reste. Voyez comme cela fonctionne. Durant deux mois de pré campagne puis de campagne « des élections » primaires » les médias se focalisent sur cet évènement qu’ils relaient largement. Cela constitue un énorme temps d’antenne, alloué aux deux seuls partis de l’alternance Droite/Gauche, en plus du temps d’antenne réglementaire accordé à tous les partis durant la campagne officielle. Cela constitue donc une faveur et une « triche » officielle au profit des deux seuls partis du système. Cela a pour conséquence de faire des deux candidats investis par les primaires de la Droite et de la Gauche, des candidats principaux, des candidats officiels en quelque sorte, ceux qui sont véritablement et seuls éligibles à la fonction suprême de Président de la République, alors que les autres ne sont que « des figurants », « des candidats mineurs », sans la moindre chance d’être élus, qui sont là pour se faire plaisir, « faire leur cinéma quinquennal », « s’écouter parler », faire de la propagande stérile pour leurs petits partis » etc. L’avenir que cela induit pour le fonctionnement de nos institutions est déjà dessiné en pointillés dans le tableau que nous venons de brosser. Les candidats hors « primaires », qui sont donc présentés comme « petits », « mineurs », « n’ayant pas la moindre chance d’être élus » seront assimilés bientôt et nécessairement à des « candidats inutiles », « qui parasitent l’élection présidentielle et dilapident, car ils coûtent cher, l’argent public en pure pertes ». Il conviendra dés-lors de limiter leur nombre au strict minimum (et pourquoi pas à rien), en aggravant les dispositifs de barrage tel que les 500 parrainages d’élus ou autres. Faisant un peu plus encore des deux investis des primaires les vrais « candidats officiel accrédités » du système et décrédibilisant les autres d’entrée de « jeu », avant même le début de la « course présidentielle. Foin d’un gain de démocratie, c’est donc bien le contraire que les « primaires » produisent, une rétraction à quasiment rien de l’espace démocratique. Nous serions à terme sommés de voter obligatoirement pour les seuls candidats officiels de la droite ou de la gauche. Sans compter, qu’excepter « se faire plaisir peut-être » en se donnant l’illusion de contribuer à désigner le candidat de l’un des deux partis, cela n’apporte rien non plus au fond en termes de démocratie. Le problème du déficit de démocratie est ailleurs. Le président de la République française, élu au suffrage universel direct, est dépositaire de la souveraineté du peuple qui en est lui déposséder. Elu, le Président fait donc, durant toute la durée de son mandat, ce qu’il veut, c’est-à-dire ce que veulent les pouvoirs décisionnaires réels au premier rang desquels la Banque et le Capital, Le quinquennat de François Hollande a donné une illustration on ne peut plus claire de cette réalité. Dans ces conditions à quoi peut-il bien servir de contribuer à choisir celui qui de toute façon se collera les droits du peuple au coquillard ? Et enfin ! Deux scénarios peuvent résulter de ces primaires socialistes.1) La participation est suffisante pour assurer la crédibilité de l’élection et Manuel Valls en est l’élu, alors dans un premier temps l’appareil du PS et le staff gouvernemental font corps autour de sa candidature pour tenter de sauver « les meubles de famille ». Mais s’il s’avérait que dans la campagne des présidentielle la candidature Valls s’effondre, alors la quasi-totalité d’entre eux quitterait son embarcation pour rejoindre celle de Macron. Démontrant par-là et par la pratique ce qu’il pense vraiment des élections primaires. 2) La participation aux primaires d’aujourd’hui et de dimanche prochain est trop faible et disqualifie d’entrée de jeu l’élu, que ce soit Valls ou un autre – Ou – Qu’elle que soit la participation, Valls est battu et c’est Arnaud Montebourg ou Benoit Hamon qui sont désignés, et dans ces deux cas le staff gouvernemental et la quasi-totalité des personnalités qui comptent au PS se serrent autour de Manuel Macron afin de recomposer avec cette candidature un nouveau parti social libéral et sabordent ainsi eux-mêmes ce qui reste du PS de gauche. Alors, ceux qui auront pris la peine en allant voter de tenter de donner du sens à cette mascarade, verront comment « les éléphants du PS » s’embarrassent peu de la porcelaine démocratique, et comment quand ça les arrangent, ils se collent, une nouvelle foi, au coquillard, le prétendu gain de démocratie que seraient les élections primaires. Patrick Seignon. « Lavoie des sansvoix.fr » Dimanche 22 janvier 2016. NB – Il est possible que vous ne puissiez lire cet article aujourd’hui. En effet, en ce jour « d’élections et donc d’expression démocratique » (au moins prétendue), Les attaques des supers démocrates ont repris contre notre Site et notre Blog en limitant l’accès à peu de chose. Nous avions, par déduction, désignés les coupables. Par leurs interventions du jour ils se désignent eux-mêmes. Une raison supplémentaire de leur faire payer leur outrecuidance en boycottant leur mascarade électorale.
