LE PS A LA CASSE ? Voilà donc un deuxième tour des primaires de la gauche PS où vont se confronter deux tendances antagoniques, dans les personnes de Valls « le social libéral » et celle de Hamon « le social-démocrate » (dans l’acception historique de ce terme). Alors une question se pose à laquelle nous avons déjà répondu certes mais sur laquelle il nous parait utile de revenir. Pour battre Valls ce que vous êtes nombreux à vouloir, et nous de même, doit-on aller voter dimanche prochain pour élire Hamon ? Benoit Hamon est sans nul doute un gentil garçon, mais cela ne change rien au fond des choses. Aller voter Hamon c’est voter pour « sauver le PS » et sauver le PS c’est renouveler sa légitimité comme parti pivot de « la gauche », le sauver comme parti « d’alternance » et « de gouvernement ». Or qu’est-ce que cela veut dire « alternance et gouvernement » ? Cela veut dire « bipartisme » et donc nécrose du tissus démocratique. Cela veut dire comme l’exprime si bien et si directement Valls « le réalisme pour gouverner cette société inégalitaire au profit des riches et en cessant de faire rêver les pauvres à un partage plus équitable des richesses. » C’est-vouloir rendre vie, quand il est près de rendre l’âme, à cet outil de domination politique qui en quarante ans a organisé le désastre social actuel, démoralisées les classes laborieuses, démobilisées les résistances populaires, soufflée la flamme de l’espérance socialiste dans une société meilleure. Les enjeux dépassent largement la personne de Benoit Hamon. Il ne convient pas de donner par la participation au scrutin de la légitimité à ce deuxième tour des élections primaires du PS. Il faut au contraire que la participation déplorable confirme le boycott du premier tour. Pour battre Valls il ne convient pas de voter Hamon, il ne faut pas voter du tout. Certains hésitent : « si je ne vais pas voter Hamon c’est Valls qui va passer ! » Même pas. Et puis si tel était le cas, imaginez un peu, le candidat PS quel qu’il soit ne devrait même pas franchir le cap du premier tour des présidentielles. Alors si ce Candidat était Valls entrant en course avec le handicap d’une légitimité douteuse résultant d’une trop faible participation aux primaires, c’est à une véritable humiliation qu’il s’exposerait. Il faut puisque l’Histoire nous le propose achever la liquidation du Parti Socialiste d’Epinay, ce parti conçu pour gouverner les affaires du capital avec les voix du peuple et non pour défendre les intérêts de ce dernier. D’ailleurs, la mise en liquidation du PS n’est pas véritablement notre fait, c’est celui de sa droite social-libérale, les Hollande, Valls, et Macron. J’ai expliqué ailleurs (Social Bonapartisme et Classe Ouvrière) ce qu’était la vocation de ce parti et sa trajectoire historique vers un parti « démocrate » à l’américaine. J’ai expliqué aussi ce que cela impliquait sur l’évolution de son spectre électoral. La crise, la mondialisation, le siphonage d’une large part des voix ouvrières et populaires par le FN ont rendu ses évolutions plus pressantes. Le quinquennat de François Hollande a pris le virage du « Social-libéralisme » avec l’intention de l’imposer à tout le PS. Mais peut-être le virage a t’il été négocié un peu rudement ? Des tendances centrifuges se sont manifestées. Pour autant l’équipe de pilotage gouvernementale n’a pas voulu amender sa conduite. C’est donc bien elle qui a pris dès ce temps la responsabilité d’en finir avec le PS d’Epinay lié à l’histoire de la gauche (un parti communiste fort et un mouvement syndical combatif toutes choses révolues). Et la preuve, s’il en fallait un,e de cette responsabilité clairement assumée par le trio des liquidateurs, c’est cette fameuse opération Macron, conduite de si longue main. Nous avons sur le sujet écrit déjà deux articles ; « Mais qu’est-ce donc que cette macronnade? » (25 avril 2016) et « Le bouffon de la République(17/11/2016) » où nous expliquions l’évolution recherché du spectre électoral du PS vers le centre et la droite. Ce que nous n’avions pas totalement décrit alors car nous ne l’avions pas vraiment vu venir, c’est la mise en réserve de la candidature Macron comme pôle de recomposition du PS social-libéral dégagé de la vieille peau de lézard du PS d’Epinay. L’équipe des trois comploteurs machiavéliques avaient prémédité leur coup dès le temps, ou peut-être même un peu avant, que Macron ne prenne ses distances d’avec le gouvernement, ils avaient envisagé cette option de « péter » si nécessaire le PS de François Mitterrand. Eux ont préparé leur coup et leur « option de repli » la candidature Macron. Si Hamon l’emporte ou si Valls et ridiculisé par une participation trop faible, vous allez les voir en nombre, comme des rats, fuir le navire PS et demander asile à Macron. Et nous devrions nous assister en simple spectateurs déboussolés, nous épuiser à faire de la respiration artificielle au cadavre du parti qu’ils ont percé de leurs trois poignards ? Il y a mieux à faire, nous aussi avons une solution de repli dans la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Nous aussi pouvons recomposer autour de celle-ci une gauche véritable de transformation sociale Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Mercredi 23 janvier 2016.
