LA RECOMPOSITION « EN MARCHE » (Après la botte du Béarnais)

LA RECOMPOSITION « EN MARCHE » (Après la botte du Béarnais) On a appris hier que François Bayrou rejoignait « l’opération Macron ». L’information est certes d’importance en ce sens qu’elle confirme l’opération de recomposition du paysage politique français que « la voie des sans voix » avait vu venir de loin et dont elle avait en avance expliqué le sens et les modalités. Nous avions écrit en effet le 25 avril 2016, qu’il s’agissait d’opérer la mutation politique, du Parti Socialiste, de faire avec ce lointain héritier de la 2ème internationale, un parti « démocrate à l’américaine ». Que cela nécessitait « un « repositionnement électoral. « Le P.S. » en pleine déconfiture électorale, nous ne nous étendrons pas sur les raisons de celle-ci, doit regagner « au centre » les voix perdues à gauche, afin de garder sa position électorale stratégique. François Hollande et son équipe rapprochée ne pouvaient pas ignorer que le PS serait électoralement durement impacté par le tournant « Social-libéral » qu’il a imprimé avec ses acolytes Valls et Macron. Alors ils se sont mis en quête, dès ce temps, d’un recentrage électoral de nature à maintenir la crédibilité et le rôle leader de ce parti comme acteur de l’alternance. L’opération Macron qui a commencé par la mise en lumière de celui-ci avec sa nomination au ministère des finances, relève entièrement de cette préoccupation. Il s’agit de redessiner la carte électorale de la France en déplaçant vers la droite la ligne de séparation entre « droite et gauche ». On savait, appel de François Bayrou à voter Hollande en 2012, que « le centre » politique, qui est en vérité pluriel, pouvait se partager entre « la droite » et la « gauche » sous l’effet de la bipolarisation croissante de la vie politique, dont l’élection présidentielle est l’expression la plus aboutie.Macron, qui dans cette affaire n’était que « l’ambassadeur plénipotentiaire » du Président sortant, avait dès ce temps une mission, faire migrer vers le « nouveau P.S. social libéral », une partie au moins des voix du « centre » et de la « droite ». A ce stade toutefois un certain nombre de circonstances concrètes restaient inconnues, et les réponses à celles-ci ne pourraient être qu’ad hoc. Plusieurs options étaient-encore envisageables. La première et la plus aisée étant celle de la candidature de François Hollande à sa propre succession. Elle resta jusqu’au bout l’option privilégiée car elle eut permis à la fois de maintenir l’unité du PS, l’opération se limitant alors à un simple glissement à droite du spectre électoral de ce parti, et de défendre le principe des deux mandats successifs dont les cercles dirigeants voudraient faire une règle de fonctionnement de nos institutions. La deuxième option, en passant par la case « primaires », était une option de remplacement ou Valls, son alter-ego prendrait la relève du président sortant. Cette option, ils le savaient aussi, avait peu de chance de se réaliser, l’ancien premier ministre partageant largement avec le Président le bilan qui disqualifiait celui-ci. La troisième option était la mise en liquidation pure et simple du P.S. d’Epinay et la recomposition autour d’un homme, Macron en l’occurrence, d’un nouveau parti (de gauche) social libéral assumé. C’est dire, et c’est pourquoi nous avions écrit cela dans notre article « LE PS A LA CASSE » (23 janvier 2017) que ce sont bien Hollande et ses acolytes, sa droite social-libérale, qui sont responsables du démantèlement du Parti de François Mitterrand. « La gauche du P.S. » ne faisant en vérité que subir une évolution qu’elle n’a ni voulu, ni géré, et qu’elle n’a même pas vu vraiment venir. Voilà donc nous y sommes ! Nous sommes entré dans la recomposition active d’un nouveau parti sur le modèle « démocrates à l’américaine » qui signe la mort politique du P.S. Tel est le sens « Historique », puisque d’Histoire’ il est question, qu’il convient d’attribuer à l’alliance proclamée de François Bayrou avec Manuel Macron. Dès lors vous le devinez, la recomposition, Macron a prononcé le mot, va se poursuivre avec le ralliement de toute l’aile ‘social-libérale » du P.S. L’électorat populaire « de gauche » en a soupé des trahisons multiples, de la politique de droite, social libérale, faite par cette gauche-là fédérée autour du P.S. Il en a plein les bottes des Hollande Valls Macron et leurs semblables et souhaite ne plus entendre parler d’eux. Alors Macron « se détache » se refait un maquillage de coquette, et lui qui fut l’un des inspirateurs essentiel de la politique «sociale-libérale » honnie, du gouvernement Valls et du Président de la République, propose comme « nouveauté » un parti social-libéral décomplexé, pire encore car libéré de l’aile gauche qui rechignait et plombait le défunt P.S. il est aisée de comprendre que, sauf à être fou aucun des électeurs qui ont rejeté cette « gauche » ne peut adhérer au projet Macron. Celui-ci ne les concerne pas. La candidature Hamon, marginalisée, va se trouver pendue au bout de la corde qu’elle s’est elle-même passée au cou. Celle de « la gauche socialiste » dont le crédo est « l’unité de toute la gauche » autour d’un P.S. qui n’existe plus. Le Parti Socialiste est mort, « de profundis ». Les conditions historiques qui en avaient fondé l’opportunité, ont disparues. Nul ne pourra le ressusciter dans sa forme antérieure de parti fédérateur de « la gauche ». Il faut passer à autre chose. L’aile social-libérale a déjà acté la nouvelle situation. Le choix est maintenant entre « une gauche véritable » et le nouveau parti « démocrate » en gestation. Ceux qui ne sont pas résolus à rompre avec leur P.S. fantasmatique pour s’engager dans un parti de gauche véritable, doivent rejoindre Macron ou assumer leur marginalisation. Quant aux appels et pressions pour contraindre Jean-Luc Mélenchon de retirer sa candidature au profit de celle de Benoit Hamon, elles sont tout à fait inconvenantes et déplacées. La candidature Hamon, celle d’un parti qui n’existe plus, est mortifère. Ce serait suicidaire pour « la nouvelle gauche » dont l’opportunité Historique dessine les contours, de se rallier à cette survivance nécrosée de l’ancien P.S. L’alternative, pour ce qui jusque-là était la gauche, se résume donc à ce choix binaire : Macron ou Mélenchon. Que chacun fasse son choix. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » Vendredi24 février 2017.

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