MELENCHON, EN AVAL OU EN HAMON70 (corrections apportées le 26/2/2017 à 16 HEURES 10.)Jean-Luc Mélenchon, invité jeudi soir de l’émission « Politique » de David Pujadas, a dit qu’il ne fermait pas la porte à la discussion et proposé un rendez-vous à Benoit Hamon. Une rencontre Hamon Mélenchon doit avoir lieu incessamment. La rencontre projetée n’a toutefois de cesse de nous inquiéter un peu. Certes, Jean-Luc Mélenchon a eu raison de ne pas fermer la porte. L’eut-il fait il eut endossé le costume du diviseur. Or les pressions se font fortes, du côté du PCF par exemple, qui presque toutes, allez savoir pourquoi, militent pour le « ralliement » de Mélenchon. Comme si Hamon avait vertu, parce qu’il est le candidat des débris du PS et l’élu de leurs primaire ratées, à prétendre à une légitimité plus grande. Nous avons écrit il y a deux jours : « Les appels et pressions pour contraindre Jean-Luc Mélenchon de retirer sa candidature au profit de celle de Benoit Hamon, sont tout à fait inconvenantes et déplacées. La candidature Hamon, celle d’un parti qui n’existe plus, est mortifère. Ce serait suicidaire pour « la nouvelle gauche » dont l’opportunité Historique dessine les contours, de se rallier à cette survivance nécrosée de l’ancien P.S. » (LA RECOMPOSITION « EN MARCHE »). Alors nous disons : Une candidature unique, oui, pourquoi pas, si c’est celle de Mélenchon. Toute autre option serait une erreur catastrophique. Le candidat du PS, ou ce qu’il en reste, souhaite aboutir à ce qu’il appelle ‘une candidature unique de la gauche », appellation illusoire, survivance d’une réalité politique abolie. Si une telle candidature se réalisait, ce ne serait pas celle de « la gauche », mais celle d’une partie seulement de l’ancienne gauche, Au demeurant Benoit Hamon milite pour « une candidature unique, la sienne », comme de bien entendu, dite de rassemblement. Celui-ci prétend qu’il serait le mieux placé pour porter une candidature commune. En vertu de quoi peut-il croire une pareille chose ? Les électeurs de gauche dans leur grande majorité veulent infliger une défaite retentissante au PS. Cela a déjà été largement apparent à travers les élections « primaires » et s’est manifesté de deux manières, un) par le peu d’engouement pour ce scrutin, deux) par l’humiliante défaite infligée à Manuel Valls. Alors, certes Benoit Hamon est sorti vainqueur de cette primaire et cela contribue-t-il à l’illusionner. Mais il faut qu’il repose les pieds parterre. Les électeurs n’en ont pas fini avec la sanction qu’ils ont résolu d’appliquer à son parti. Croit-il que son positionnement politique plus à gauche peut inverser la tendance ? Il se met le doigt dans l’œil. Le positionnement à gauche est certes un point positif, mais pour une partie seulement de l’ancien spectre électoral du PS. Une grande partie de celui-ci, à son aile droite, va voter Macron, et une autre partie ne veut plus rien entendre du P.S. Mais surtout Hamon cumule sur son nom deux handicaps bien plus embarrassants. D’une part, en devenant le candidat officiel du Parti. Socialiste il a endossé la responsabilité historique de ce parti, d’autre part son positionnement d’opportunité électorale à gauche ne peut faire oublier l’irrésolution « des frondeurs du PS » dont il était, qui n’ont pas osé voter la motion de censure de la droite, laissant ainsi passer la « loi travail » et le 49-3. Les électeurs n’en ont pas fini avec la sanction électorale du PS, puisque le scrutin présidentiel est encore à venir, seule une petite fraction de l’électorat de « gauche » s’est exprimée lors « des primaires » les autres n’ont encore rien dit et entendent bien le faire savoir. Or, puisque Benoit Hamon a eu la malencontreuse idée de se hisser aux avant-postes à la place de Hollande ou Valls, c’est lui a n’en pas douter qui va essuyer la pluie de Gravelotte. Il n’est pas bien méchant le Benoit, mais il l’a voulu, s’est tant pis pour lui. Benoit Hamon souhaiterait aboutir à « SA candidature unique ». Nous avons rétorqué, pourquoi pas si c’est celle de Mélenchon. Mais une autre question se pose, Hamon ou Mélenchon, Mélenchon ou Hamon, une candidature unique oui mais pourquoi faire ? Pour gagner nous dit Benoit Hamon. Il nous amuse, ce n’est pas sérieux. Cela nous surprendrait beaucoup que par je ne sais quel retournement de l’histoire un tel scénario puisse voir le jour. Serait-elle même vraiment souhaitable la victoire d’un outsider obtenue par ruse contre la majorité et les sentiments politiques réels du pays. Quels lendemains nous préparerait-elle ? Hamon est dans la propagande. Il sait très bien, que cette victoire-là, la sienne en l’occurrence est impossible. Mais il se pince pour faire semblant d’y croire afin de galvaniser les énergies de ses partisans. Son objectif réel ce n’est pas la victoire inaccessible aux élections présidentielles, c’est de sauver son parti comme pièce incontournable de « l’alternance politique », et c’est à cette fin qu’il souhaite obtenir, instrumentaliser, la subordination de Mélenchon. En se ralliant, en annulant sa propre candidature, Jean-Luc Mélenchon peut-être parviendrait-il, peut-être seulement, à tirer hors de l’eau la tête de « Boudu » qui se noie. Mais ce serait au prix de sa propre existence politique. L’argument massue, censé être rédhibitoire, c’est le risque réel d’une victoire de Marine Le Pen. Effrayé par « ce danger », Mélenchon devrait capituler s’il ne veut pas en porter la responsabilité. Mais pourquoi donc si ce danger est si imminent et si réel, Hamon ne se désisterait-il pas au profit de Mélenchon ? A se maintenir pourquoi ne serait-ce pas lui le responsable d’une éventuelle victoire du FN ? En vérité ni Hamon ni Mélenchon, ni leur divisions ne sont responsables de la réalisation éventuelle de ce scénario. S’il advient, s’est la perversité du système de l’alternance droite gauche (UMPS) et des politiques menées depuis 40 ans qui en sont la cause. Et par qu’elle magie croirait-on que l’union de « la gauche de la gauche », serait en mesure d’effacer en deux mois les rancœurs accumulées par quarante ans de politiques antisociales, et de renverser le rapport des forces politique qui en a résulté ? La victoire éventuelle de Marine Le Pen aux prochaines présidentielle est à présent une hypothèse sérieuse, mais ce n’est pas en fonction de cela qu’il convient, trop tard, de se positionner. Capituler à cette raison, tenter de sauver le P.S. à cette raison, serait bien le pire des scénarios. Le désistement de Jean-Luc Mélenchon au profit de Benoit Hamon serait une catastrophe qui achèverait de démoraliser les militants et les électeurs qui s’attachent à l’espérance d’un rebond d’une gauche véritable. Ceux-là, qui entendaient sanctionner, voire se débarrasser du PS, auraient le sentiment d’une ultime et terrible trahison. Tout cet imbroglio pout ça, pour revenir à la case départ, pour restaurer la même stratégie qui livre aux traitres qui les abusent les électeurs de gauche désemparés. Cela signifierait qu’on veut les maintenir à l’écrou dans ce carcan où ils seraient enfermés sans espoir d’en échapper jamais. Certes, il se pourrait en ce cas que le ralliement de Mélenchon à Hamon, limite un peu les dégâts pour ce dernier, mais foin d’une chance de victoire supplémentaire de cette « gauche-gauche », il en signerait au contraire l’affaissement total. Quel que puisse être le scénario du deuxième tour. Quoiqu’il puisse advenir, élection de Le Pen, Fillon ou Macron, pour les électeurs de gauche, pour les salariés les couches populaires, la seule véritable chance à attendre de ces élections, l’espérance d’avenir que l’on peut y faire naitre et à quoi il faut travailler, c’est de jeter les bases de la recomposition d’un parti de gauche véritable, et cela se joue autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Dimanche 26 février 2017
