LA PLUS GRANDE RÉVOLUTION DE L’HISTOIRE

LA PLUS GRANDE RÉVOLUTION DE L’HISTOIRE1917 – 2017, nous célèbrerons cette année le centième anniversaire de la Révolution russe. Comme toutes les grandes Révolution, la Révolution de 1917 ne se résume pas à un seul, mais à une suite d’évènements majeurs étalés sur un temps plus ou moins long, de quelques année au moins. La grande Révolution Française, que nous appelons quelque fois de « 89 », c’est ainsi étalée sur six années de 1789 à 1795. On peut dire de la Révolution russe, quoique ce soit une délimitation historique un peu arbitraire, que commencée en février 1917, elle s’acheva en 1922, (soit une ère de 5 années) avec la victoire de la toute nouvelle République soviétique, dans la guerre civile que lui avait imposé « les généraux blancs » et les forces de « l’entente » (France, Angleterre, Allemagne, …….) La révolution Française avait commencé le 9 juillet 1789 avec La proclamation de l’Assemblée des États Généraux du Royaume en Assemblée constituante. La prise de la Bastille le 14 juillet 1789, évènement symbole que nous célébrons chaque année comme notre fête nationale, n’en fut que l’un des évènements marquant. Il y en eu bien d’autres : Ainsi, la manifestation des femmes de Saint Petersbourg à l’occasion de la journée internationale des femmes, (crée en 1911) qui fut l’évènement déclencheur de la révolution russe en février 1917, ouvrit-il la carrière à une succession d’évènements majeurs dont l’apothéose fut la prise du Palais d’hiver, l’arrestation du gouvernement provisoire et la proclamation du pouvoir des Soviets, en octobre 1917, restée dans l’Histoire comme la « Révolution d’Octobre. » La révolution en février a vu se recomposer le Soviet de Saint-Pétersbourg, des députés ouvriers paysans et soldats, comme en 1905, qui est l’expression d’une démocratie participative nouvelle et l’organe du pouvoir populaire. Mais dans le même temps s’est constitué un gouvernement provisoire qui est l’émanation de la bourgeoisie. Il y a donc à cette date deux pouvoirs en Russie. C’est ce que l’on appelle une situation de « double pouvoir ». Ces situations se produisent presque toujours dans tout processus révolutionnaire, quand la révolution crée ses propres organes de pouvoir et que l’ancien pouvoir s’accroche encore aux siens. Il ne peut y avoir deux pouvoirs. Les périodes de « double pouvoir » sont donc nécessairement des périodes de lutte historiques intenses qui doivent s’achever par la mort de l’un de ces pouvoirs et la victoire de l’autre. Ainsi la révolution Française donna-t-elle le pouvoir à l’Assemblée du peuple, mais le pouvoir Royal subsistait bien qu’affaiblit. La succession des évènements depuis 1789 jusqu’au 21 septembre 1792 peut être ainsi réduit à cette lutte entre les deux pouvoirs, qui s’achève par l’abolition de la royauté et la proclamation de la République. Il y eut deux pouvoirs aussi durant la Révolution de 1871, celui de « La commune de Paris » et celui du gouvernement de Versailles, qui s’acheva par la défaite de la Commune » et le désastre de la semaine sanglante. La révolution russe et les Soviets ses organes démocratiques de pouvoir populaire née en février 1917, n’avaient d’autres alternatives que de vaincre « le gouvernement provisoire » ou de mourir. S’était tout le pouvoir aux soviets ou tout le pouvoir au gouvernement provisoire. Octobre c’est « tout le pouvoir aux Soviets » et c’est en ce sens qu’il n’est que l’achèvement nécessaire de « Février ». C’est en quoi Février et octobre 1917 se rattachent et ne font en vérité qu’une seule et même Révolution. On a pourtant il est vrai gardé l’habitude de distinguer les Révolutions de « février » et « d’octobre ». Cela tient à plusieurs raisons, différentes, suivant que l’on se réfère à la tradition socialiste-ouvrière ou bourgeoise-démocratique. Pour la tradition ouvrière-socialiste, la révolution de février, qui provoque l’abdication du Tsar et la naissance des soviets d’une part, du gouvernement provisoire de l’autre, et dont les revendications se limitent à la paix, au pain et à la démocratie est souvent assimilée à « une première étape démocratique bourgeoise de la révolution, alors qu’Octobre en serait « l’étape ouvrière-socialiste », ainsi les révolutions de Février et d’Octobre seraient-elles de natures différentes. Le parti bolchevick lui-même qui n’était en vérité qu’une des deux fractions du POSDR (Parti Ouvrier Social-Démocrate de Russie), trimbalait aussi cette conception figée du développement historique, ancrée dans tout le mouvement social-démocrate européen fondé après la commune de Paris et la dissolution de la première internationale ouvrière », et dominée par la social-démocratie allemande. Lénine, lui-même, Social-démocrate russe partageait cette conception historique. Avec une nuance toutefois qui le prédisposait à mieux comprendre la suite, et à se porter à la hauteur des évènements réels : Lénine disait de la révolution russe avenir qu’elle serait une révolution démocratique bourgeoise faite par les ouvriers et les paysans. Or il y avait dans cette formulation même une contradiction. Comment les ouvriers et les paysans qui feraient la révolution démocratique bourgeoise russe pourraient-ils s’en tenir aux revendications de la bourgeoise et renoncer à faire valoir les leurs propres ? Disons qu’entre 1903, date du 2ème congrès du POSDR, qui consacra la rupture entre bolchevicks et menchéviks, et 1916, Lénine avait fait la moitié du cheminement intellectuel nécessaire à la compréhension des évènements de 1917. La tradition « Social-démocrate » était représentée en Russie par « les Mencheviks ». Ceux-là qui furent les partisans « mous » de la révolution et se furent contenté d’un compromis historique avec le tsarisme, un tsarisme constitutionnel en quelque sorte. Ils n’étaient pas partisans de la révolution jusqu’au bout. Et s’est pourquoi ils ont voulu accréditer l’idée que la Révolution de Février « démocratique-bourgeoise » était la bonne et que la Révolution d’octobre n’était, elle, qu’un putsch fomenté par le parti bolchevik sous l’instante pression du « blanquiste » Lénine. Tel était le fil conducteur de léEmission diffusée hier soir sur la chaine de Télévision « ARTE ». Or il s’agit là d’idées que la réalité Historique a révélées désuètes. Dans le contexte international de l’impérialisme, si la révolution russe n’avait pas été au bout de ses aspirations, elle eut été lamentablement écrasée et la Russie fut devenue une colonie de l’Occident. (Angleterre, France, USA.) Le seul qui jusque-là avait eu la prescience et l’avait formulée au niveau théorique était Lev Davidovitch (Trotski) qui développa dès 1904 le thème de « la révolution permanente » expliquant qu’à l’époque de l’impérialisme dominant plus aucune révolution ne pouvait-être victorieuse dans aucun pays si la révolution démocratique ne se transcendait en révolution ouvrière socialiste. Lénine avait mal réagit alors à la « sortie » de Trotski qu’il apprécia comme l’exercice d’un intellectuel illuminé. Mais il sut, et cela est révélateur de son génie propre, alors qu’il était en exil à Zurich en Suisse, percevoir la nouvelle réalité historique dans les évènements de février et leur donner une traduction pour l’action politique dans ce que l’on a appelé « les thèses d’avril » qu’il formula dès son arrivée à la gare de Finlande le 3 avril 1917. Les visions de Trotski et Lénine se rapprochaient donc sous la dictée des évènements et cela explique que Trotski est alors rejoint Lénine en adhérent au parti bolchevick. Le génie propre de Lénine fut aussi de convaincre le comité central de son parti. Les résistances étaient grandes, Zinoviev, Kamenev, mais aussi Staline. Celui-ci rendit même plus tard du crédit à la conception social-démocrate menchévique en développant en opposition à la théorie de la révolution permanente de Trotski, une théorie de la « révolution par étapes » qui valut bien des déboires sanglants aux partis de l’internationale communiste après Lénine. La Révolution russe fut sans aucune espèce de conteste possible la plus grande Révolution de l’Histoire humaine. Cent ans après, et malgré la dissolution de l’URSS, on peut dire qu’elle modèle encore profondément le monde dans lequel nous vivons. Nous reviendrons tout au long de cette année, dans plusieurs articles, sur son Histoire, son impact international et sur la pensée politique contemporaine, etc… Nous nous attarderont demain sur les commentaires hallucinants qui accompagnaient l’émission d’hier soir qui lui était consacré sur « ARTE ». Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Mercredi 1er mars 2017.

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