DÉCRYPTAGE DES PETITES ARCANES DE LA CAMPAGNE ÉLECTORALE Sous ce titre, c’est une rubrique que nous ouvrons. Nous vous proposons immédiatement, ce jour samedi 11 mars 2017, une première brève : 1.-POURQUOI ALAIN JUPPE A RENONCE ? ». Nous en publierons une ou deux autres dans le courant de la journée, et en ajouterons d’autres, presque chaque jour, au fil du déroulement de la campagne électorale. Nous les ajouterons chaque fois en tête de rubrique afin que ceux qui l’ont déjà visité ne soient pas contraints de la dérouler entièrement pour voir les derniers articles. 8 – MACRON LANGUE FOURCHUE Mardi 21 mars 2017 Ceux, Presse française quasi unanime, sondages à l’appui, qui ont trouvé qu’Emmanuel Macron avait été « le plus convaincant » lors du débat télévisé d’hier soir sur TF1, soit n’ont pas suivi le débat, soit disent ce pour quoi ils ont été payé. Emmanuel Macron n’a pas été convainquant, il a été lamentable. La petite marionnette tout juste sortie de l’atelier de Geppetto (François Hollande), voulait se donner des allures de « rassembleur », d’accord tantôt avec Fillon, tantôt avec Hamon, tantôt avec Mélenchon, il a surtout joué les « pique assiettes » et démontré que son prétendu programme était une sorte de « patchwork ». Mais pas sans suite dans les idées tout de même, nous allons voir. Emmanuel Macron veut procéder, s’il était élu, à une réforme des régimes de retraites sans précédent. La remise à plat, (ça ne vous rappelle rien ? Juppé 95) de tous les « régimes particuliers et le remplacement de » système de retraite par répartition » par un « système de retraite par point ». « Un point égale Un euro ! » C’est son slogan. Car dit-il le système actuel est injuste ? « Selon le secteur où vous êtes, vous n’avez pas les mêmes droits » Ce qu’il trouve injuste ce sont les droits acquis dans telle ou telle profession ou corps, dont il veut faire table rase, rétablir « l’égalité par le bas ». Or, c’est le même monsieur Macron qui, après avoir précisé qu’il ne voulait pas supprimer la loi des 35 heures, plaide pour ce qu’il appelle « le dialogue social » entreprise par entreprises. Jean-luc Mélenchon s’insurge et il a raison, cela revient à annuler la loi. La loi ne sera pas la même pour tous suivant l’entreprise ou l’administration dans laquelle on travaille. Tient donc ? Mais ce petit monsieur Macron qui s’indignait toute à l’heure de l’inégalité des droits des retraités selon les secteurs, pourquoi veut-il créer lui-même des inégalités entre les droits des travailleurs selon leur entreprise ? Cela ne le choque-t-il pas ? Et l’incohérence que cela met en lumière ne le dérange-t-elle pas ? « Top là, La voie des sans voix, tu n’as donc rien compris ? Il y en a une de cohérence. Bon peut-être pas, je te l’accorde, celle du raisonnement et de la logique que tu attendais, mais il y en a une tout de même qui honore l’ancien banquier car elle est monétaire. Tout « bénéf » pour les patrons et les banquiers. Dans le premier cas, celui des retraites il s’agit de réduire l’enveloppe globale des pensions, et dans le deuxième cas il s’agit de faire chuter les salaires. 7 – « LA TOURNIQUETTE POUR FAIRE LA MAYONNAISE »* Dimanche 19 mars 2017. « Macron capte le vote utile à gauche » sous-titre « Les Echos.fr ». Utile ? Mais c’est quoi utile ? Utile à qui, utile à quoi ? S’il s’agit de voter pour le candidat, quel qu’il soit, qui a le plus de chance d’être élu, alors oui peut-être le vote Macron peut-il être qualifié d’utile, pour l’instant, si l’on en croit les divers sondages. Mais, et les français l’on déjà manifesté fortement et de maintes façon, ils condamnent le bilan du quinquennat de François Hollande et vomissent cette équipe gouvernementale et le « P.S, social libéral dont Macron est le spécimen le plus achevé. Quand on veut se débarrasser de Hollande et de ses sbires en quoi dites-moi serait-il utile de voter Macron qui n’en est qu’un avatar électoral ? En quoi dites-moi serait-il utile parce que l’on veut se débarrasser d’un parti honni et d’une politique néfaste, de voter pour l’homme qui est le pire représentant de ce qu’il y a de pire dans ce parti et dans cette politique. Vous voyez bien chers amis lecteurs que cela ne tient pas debout. Toute une machinerie médiatico-politique, et les sondages en font partie, a été mise en branle depuis plusieurs mois, avec forces financements occultes, pour monter la mayonnaise Macron. Mais il y a quelque chose de vicié dans leur tambouille de grande cuisine électorale. C’est ce que signale l’incohérence sur laquelle elle se fonde, qui consiste à prétendre que les français seraient disposés à voter en masse pour l’homme qui incarne, en l’aggravant, la politique qu’ils rejettent si manifestement L’émulsion ne tiendra pas, la mayonnaise va couler. *Boris Vian « Le progrès » « la tourniquette pour faire la vinaigrette » 6 – LE COCU MAGNIFIQUE Jeudi 16 mars. O heures 30. Nous avons écrit le 24 février, (LA RECOMPOSITION EN MARCHE) « Voilà donc nous y sommes ! Nous sommes entré dans la recomposition active d’un nouveau parti sur le modèle « démocrates à l’américaine » qui signe la mort politique du P.S. Tel est le sens « Historique », puisque d’Histoire’ il est question, qu’il convient d’attribuer à l’alliance proclamée de François Bayrou avec Emmanuel Macron. Dès lors vous le devinez, la recomposition, Macron a prononcé le mot, va se poursuivre avec le ralliement de toute l’aile ‘social-libérale » du P.S. ». Depuis, peut de jours se sont écoulés sans que l’on apprenne le départ de nouveaux rats du navire PS en perdition, pour s’embarquer sur « le radeau de la fortune » de Macron. Benoit Hamon n’a pas obtempéré à la mise en demeure d’assumer le bilan du quinquennat qu’était venu lui notifier jeudi passé, Bernard Cazeneuve, messager de l’Élysée. Alors de couperet est tombé. Nous voilà à deux jours de la clôture des parrainages et donc de l’établissement de la liste définitive des candidatures à la future élection présidentielle et de l’imminence de l’ouverture de la campagne officielle. C’est le moment que choisit Manuel Valls pour asséner un grand coup. Il vient de faire un pas supplémentaire vers « la rupture bête et brutale », en déclarant ce jour qu’il ne soutiendrait pas la candidature officielle de son propre parti, foulant aux pieds, sans états d’âme, ses propres engagements contractés lors de la « primaire » de gauche ». Manuel Valls a pris la responsabilité (collégiale en vérité) de précipiter l’explosion annoncé du P.S. Hamon sonné ne se dit pas trahit, ce sont les électeurs de la primaire qui le sont. Soit ! On s’en fout. Ce n’est pas ça l’important. L’important c’est « la démocratie » ou plus exactement « l’illusion démocratique » avec laquelle la droite du P.S. depuis 40 ans garde en laisse « sa gauche » dont le rôle est de servir de caution morale et de rabatteuse des voix des classes populaires. Ainsi, de congrès en synthèse, en discipline de gouvernement ou de majorité présidentielle, la gauche du P.S, a-t’elle été instrumentalisée par un parti de gouvernement dont l’objet est d’assurer la pérennité du pouvoir des riches. Et quand un jour enfin celle-ci a la majorité, prend le « pouvoir », les « grands démocrates de sa droite » lui disent « on ne joue plus » et se « carrent la démocratie et la discipline de parti au coquillard ». La gauche du P.S. se retrouve nue et désemparée, « Grosjean comme devant ». Alors certes, Valls a dit qu’il ne soutenait pas Hamon, il n’a pas dit qu’il soutenait Macron. Nous prend-t-on vraiment pour des imbéciles ? La droite social-libérale du P.S. avait préparé son coup longtemps en avance. « Eux ont préparé leur coup et leur « option de repli » la candidature Macron. Si Hamon l’emporte ou si Valls et ridiculisé par une participation trop faible, vous allez les voir en nombre, comme des rats, fuir le navire PS et demander asile à Macron. » Avions nous écrit 25 janvier 2017. (Le PS à la casse,) A présent la candidature Hamon va s’effondrer dans les sondages. « La gauche P.S. » comme chien de berger de la droite social-libérale avait un sens et une fonction. Elle a perdu son maitre, elle n’est plus rien. Elle n’a pas de stratégie de remplacement. La voilà donc placé devant un dilemme douloureux que nous avions déjà identifié : 1) déposer les armes au nom de l’unité du parti et du barrage à Madame Le Pen, réintégrer la grande famille en se ralliant sans attendre à Macron. 2) Rallier la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour se donner les moyens de construire « une vraie gauche » qui pourrait alors avoir une chance de figurer au deuxième tour de la Présidentielle ; 5 – L’ORDURIÈRE CAMPAGNE ÉLECTORALE DES PRÉSIDENTIELLES 2017. MARDI 14 MARS, 8 heures.Elle sera à mettre aussi au bilan calamiteux du quinquennat de François Hollande. Cet homme ne se sera pas limité décevoir, humilier et tromper ses soutiens électoraux, il lui aura fallu en plus « saloper » la campagne électorale de sa succession et souiller ce qui reste de démocratie française. A défaut de « bilan » honorable à valoir, il tente de faire rebondir son parti (social-libéral) avec des stratagèmes et des magouilles, par la coercition (Sommation faites à Hamon de défendre le bilan du quinquennat), le complot : (sorties opportunes d’affaires de derrière les fagots emplois supposés fictifs de Le Pen ou Fillon, jusqu’aux costumes de ce dernier et pourquoi pas bientôt les sous-vêtements de luxe de son épouse ?), le subterfuge (Remplacement de « la pomme indigeste » de l’ami de la finance par son fantoche, Emmanuel Macron.) Voilà, parmi cent autres, la dernière illustration captée par nous des méthodes ordurières de cette campagne électorale patronnée par l’Elysée : François Fillon tente de revenir au fond, à son programme, à ses engagements. Il maintient le cap. Cela a provoqué des réactions vives dans le landernau politique, nous dit « France 2 ». Et d’interviewer Madame Aurélie Filippetti pour Benoit Hamon, Monsieur Rachline pour le F.N., et Laurence Haïm porte-parole d’Emmanuel Macron. Où est donc passé Jean-Luc Mélenchon ? Que les sondages, pourtant menteurs, classent au même niveau que Benoit Hamon Pschitt ! Disparu, passé à la trappe. Mais peut-être Mélenchon est-il resté coi, muet, aphone, peut-être n’avait-il rien à dire du programme économique de François Fillon Qui le croira ?? Comment sur un tel sujet peut-on avoir l’insigne malhonnêteté d’occulter l’avis du candidat qui représente le plus et sans conteste les intérêts des salariés et des classes populaires ? Voilà par quels moyens contestables les médias s’ingèrent dans le choix des français, en mettant en lumière certains candidats et en réduisant les autres au silence. La méthode est ignoble, elle déshonore ceux qui en font usage et insulte la démocratie. 4 – LA RECOMPOSITION EN MARCHE (Complément d’analyse) Dimanche 12 mars 2017. 8 heures30. Sous ce titre nous avions publié déjà un article le 24 février, dans lequel nous écrivions entre autre : « La candidature Hamon, marginalisée, va se trouver pendue au bout de la corde qu’elle s’est elle-même passée au cou. Celle de « la gauche socialiste » dont le crédo est « l’unité de toute la gauche » autour d’un P.S. qui n’existe plus. Le Parti Socialiste est mort, « de profundis ». Les conditions historiques qui en avaient fondé l’opportunité, ont disparues. Nul ne pourra le ressusciter dans sa forme antérieure de parti fédérateur de « la gauche ». Il faut passer à autre chose. L’aile social-libérale a déjà acté la nouvelle situation. Le choix est maintenant entre « une gauche véritable » et le nouveau parti « démocrate » en gestation. Ceux qui ne sont pas résolus à rompre avec leur P.S. fantasmatique pour s’engager dans un parti de gauche véritable, doivent rejoindre Macron ou assumer leur marginalisation. » Alors bien sûr, et vous l’avez compris, une bataille est engagée pour savoir à qui appartiendra la dépouille du PS. Le nouveau parti d’alternance et de gouvernement qui remplacera bientôt l’ancien PS, est en train de se composer autour de la candidature Macron. Mais est-ce à dire que les « cacique de la droite social-libéral du PS ont tiré un trait sur la dépouille du vieux PS ? Non bien entendu. Il est de leur intérêt de récupérer celle-ci, de l’agglomérer à leur nouveau parti et de le digérer. C’est pourquoi ils vont s’efforcer dans les semaines et mois qui viennent de réduire le « PS maintenu » autour de la candidature Hamon, à la portion congru. Et le mieux même, à leur sens, serait que ce P.S. »de gauche » fusse réduit à rien. L’idéal à leur sens serait de récupérer la dépouille à leur bénéfice exclusif et de pouvoir ainsi se présenter comme les héritiers du P.S. d’Epinay et ses « continuateurs » Telle est l’explication de l’obstination de commande de Bernard Cazeneuve à convaincre Benoit Hamon d’assumer le bilan du quinquennat de François hollande, c’est-à-dire de se suicider politiquement, de rendre les armes, de capituler, de réintégrer la maison mère, en devenant lui-même un social-libéral assumé. La droite social-libérale ragaillardie par l’opération Macron, ne craint pas de posséder une aile gauche, ainsi repentie, inféodée et servile. Elle préfère cela même plutôt que subir un véritable parti de gauche indépendant, qui lui créerait nécessairement plus de problèmes et lui disputerait une partie de ses électeurs potentiels 3 – MACRON, LA TÈTE PLUS GRANDE QUE LE CHAPEAU.Samedi 11 mers 2017. 14 heures 30. Non nous ne voulons pas dire par là qu’Emmanuel Macron est une « grosse tête », pas même au sens de l’émission de Laurent Ruquier, je crains qu’il ne manque d’humour pour ça, et surtout il se prend trop au sérieux. Il se prend trop au sérieux, c’est ce que nous voulons dire. Il a la tête qui enfle. Au point de se méprendre. Cela le conduira à la faute grave. Ainsi s’est-il méprit sur le sens de l’allocution d’Alain Juppé, faites à Bordeaux le lundi 6 mars, dans laquelle celui-ci annonçait son renoncement sans retour à être candidat à la présidence de la République. Lors de cette intervention Alain Juppé avait prononcé la petite phrase que voici : « « J’ajoute deux arguments (nous passerons sur le deuxième. Ndlr) qui me tiennent à cœur. Les français veulent un profond renouvellement de leurs dirigeants politiques et à l’évidence je n’incarne pas ce renouvellement. » De vrais journalistes politiques eurent pensé d’abord à la nature des programmes proposés, et des engagements des candidats. Mais des journalistes obtus ont réduit la signification de cette phrase à une question générationnelle tenant à l’âge d’Alain Juppé. Macron a entendu la phrase. Peut-être même en a-t-il lu des interprétations erronées, il a crût qu’elle parlait de lui « Le renouvellement profond » qui pourrait-ce être (39 au lieu de 72) sinon lui-même qui est « jeune », « beau » et « honnêtement » riche » ? Il en a déduit qu’Alain Juppé faisait là un signe dans sa direction, qu’il était disposé à rallier « le grand bazar » de ses soutiens. En visite électorale à Bordeaux, l’homme qui tombe à pic » comme dit le « Figaro. », en profite pour ouvrir une porte à l’intention du maire de la ville et de ses fidèles électeurs déboussolés. « Je voulais ici saluer celui qui est un grand homme politique français et un maire respecté, a commencé le leader d’En marche! avant de faire allusion au renoncement d’Alain Juppé. Il a su reconnaître qu’aujourd’hui, notre pays a besoin de renouvellement et d’extrême probité. J’en partage profondément le constat.» Petit, tout petit Macron. Alain Juppé fait connaître hier vendredi, qu’il a accordé « son parrainage » à la candidature de François Fillon. Ce qui soit dit en passant n’a aucune espèce d’incidence pratique puisque François Fillon possède déjà trois fois le nombre de parrainages utiles. Alors, que signifie cette annonce ? CLAC ! Vous avez entendu le bruit violent du refus ? Juppé a claqué la porte au nez du blanc-bec 2 – BERNARD CAZENEUVE, « DE LA CORDE DE PENDU »(Samedi 11 mars 2017. 11 heures 30.)Le nouveau Premier ministre (et ancien ministre de l’intérieur) de François Hollande, Bernard. Cazeneuve, s’est rendu jeudi 9 mars, en visite au « Q.G. » de campagne de Benoit Hamon. Tient donc l’étonnante coïncidence ! Jeudi 9 mars, c’était quelques heures avant la prestation de Monsieur Hamon à l’émission « Politique » de David Pujadas sur « France 2 ». Des observateurs mal avisés, ou de fort mauvaise foi, ont prétendu qu’il s’agissait là d’un « signe de soutien de Bernard Cazeneuve au candidat officiel du PS ». « Bernard Cazeneuve est venu ici au QG de Benoît Hamon pour donner son expertise sur les questions de sécurité et de terrorisme. « Mais sur le fond, le Premier ministre est venu lui répéter le même message. Il faut que Benoît Hamon assume le bilan de François Hollande pour espérer rassembler la famille socialiste, en tout cas, ce qu’il en reste à un moment où d’autres socialistes s’apprêtent à rallier Emmanuel Macron », complète la journaliste » selon (franceinfo). Assumer le bilan du quinquennat de François Hollande pour « espérer rassembler ce qui reste de la famille socialiste » ? C’est-à-dire plus grand-chose au-delà de « la gauche socialiste », et cela à l’étape actuelle n’empêcherai nullement la poursuite du siphonage de la candidature Hamon au profit de celle d’Emmanuel Macron. Mais surtout, un tel soutien serait un véritable reniement pour Benoit Hamon, qui lui ôterait son crédit moral dans les rangs de la dite « gauche socialiste » et la confiance des « électeurs de gauche » qui s’apprêtent à voter pour lui. Alors, Bernard Cazeneuve soutient il Benoit Hamon ? Peut-être ! Comme la corde soutient le pendu. 1 – POURQUOI ALAIN JUPPE A RENONCE ?Le maire de Bordeaux, candidats malheureux à la « primaire » de la droite, c’est exprimé lundi matin, 6 mars, pour annoncer son renoncement définitif et sans retour, à être candidat à l’élection Présidentielle. La veille, François Fillon fort de la réussite du rassemblement de ses soutiens populaires au Trocadéro, avait annoncé lui qu’il ne renonçait pas. On était donc en droit de s’attendre à ce que le Maire de Bordeaux, qui avait prétendu qu’il ne serait pas « un plan B », veuille clore par son allocution l’imbroglio politico-judiciaire qui empoisonnait depuis six semaines, la campagne du candidat de son camp. La décence politique et le respect des électeurs de la primaire imposaient qu’il fasse usage de son autorité pour « siffler la fin de la récréation ». Certes, Alain Juppé, a dit qu’il renonçait à être candidat et définitivement fermée la porte à toutes les spéculations. Mais ce ne fut pas pour clore la séquence des attaques contre François Fillon et remettre son parti en ordre de marche. Ce fut au contraire pour labourer encore d’avantage le champ dévasté de la droite républicaine (comme elle se nomme elle-même). LE HUFINGTONPOST écrivait que Juppé avait éreinté Fillon. « François Fillon avait un boulevard devant lui. » … « Le déclenchement des investigations de la Justice à son encontre et son système de défense fondé sur la dénonciation d’un prétendu complot et d’une volonté d’assassinat politique l’ont conduit dans une impasse. » … » Comme l’a montré la manifestation d’hier au Trocadéro le noyau des militants et sympathisants « LR » s’est radicalisé, François Fillon n’a cessé d’affirmer sa détermination, et hier soir encore, son obstination. »…(Extraits du texte officiel de l’allocution d’Alain Juppé. Les mots qui tuent sont soulignés par nous.) Eh oui ! Par l’étalage de ses humeurs noires », Alain Juppé a donné à voir son véritable sentiment et sa place dans la « cabale » qui a failli renverser Fillon. Souvenez-vous, nous l’avons expliqué, Alain Juppé, était l’homme des plans « A » et « B » « du système ». Il était le vrai candidat de celui-ci, le futur président de la République Française désigné par avance. Il était aussi le « cher adversaire » que souhaitait affronter François Hollande. Ce dernier savait qu’il serait battu, au second tour sans aucun doute, au premier même, probablement. Mais en ce cas il serait aisé d’appeler ses électeurs (« de gauche » ha ! ha ! ha !) à se reporter au deuxième tour sur d’Alain Juppé, au nom du « front républicain » contre Marine Le Pen. Or, des plans « A » et « B » du « système » tout a foiré. Ce qui ne constitue pas une preuve de perspicacité de ces « grands » stratèges. François Hollande n’a pu se présenter, et François FILLON a soufflé la place à Juppé. Alors l’idée les a effleuré de remettre Juppé en scelle. Pour cela il fallait virer Fillon. Qui a fait quoi dans cette affaire ? Nous n’en sauront fichtre jamais rien. Alain Juppé y at il eut une quelconque part ? Cela ne saurait être exclu. Mais qu’importe après tout. Ce qui est indéniable, la « colère blanche » qu’il a exprimé lundi 6 mars, en fait foi, c’est qu’il souhaitait prendre la place, revenir par la fenêtre après s’être fait viré par la grande porte. Qu’il ne rechignait pas alors à s’assoir sur le vote populaire de la primaire. Il ne l’a pas fait. Mais nullement par discipline de parti, encore moins pour respecter le vote de « la droite. Mais uniquement parce qu’il ne voulait pas paraitre comme l’homme au poignard. Oh, là encore, non pas par préoccupation morale, mais par crainte des conséquences, ce qu’il a exprimé de la sorte : « Si les pressions qu’exercent sur lui certains responsables le contraignaient à renoncer, le passage de témoin se ferait dans la douleur, et ne manquerait pas de laisser des cicatrices. » Cela risquait de plomber sa propre campagne et de le condamner à l’échec. Pour que son entrée en scène soit possible il fallait que Fillon renonce de lui-même, et même mieux intronise lui-même Alain Juppé. Telle est l’explication de la pique détestable d’Alain Juppé contre « l’obstination » de Fillon, sans égards alors pour la « cohésion de son camp ». Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » Samedi 11 mars 2017.
