CORNE D’AUROCHS

CORNE D’AUROCHS Sur BFMTV/RMC (14/03/2017.) Louis Alliot, figure de Front National et compagnon de Marine Le Pen, a « Appelé les élus à parrainer les candidatures en difficulté de Philippe de Poutou et Henri Gaino » Il s’agit là d’une prise de position tactique qui illustre fort bien l’intelligence politique actuelle des dirigeants frontistes. En effet, quelle qu’en soient les conséquences pratiques en matière de parrainages réels, et quel que soit l’accueil des candidats concernés à ce renfort surprenant, cette prise de position n’en est pas moins un « bon coup » de « Com » que s’offre le FN a peu de frais. De la sorte, il pointe à nouveau les dernières évolutions antidémocratiques de la loi sur les parrainages, se présente en défenseur conséquent de la libre expression et de la démocratie et conforte l’image apaisée qu’il s’est acquise avec Marine Le Pen. Philippe Poutou, droit dans ses bottes s’est toutefois empressé de répondre exactement comme l’on pouvait s’y attendre avec la roideur sèche que dicte une approche partisane et dépourvue de sens tactique : « « Il y a des soutiens dont on se passerait bien et même que nous refusons ». 1) Les cadres du Front National sont libres d’accorder leur parrainages, il suffit d’en prendre acte, il n’y a pas à les refuser ni à les accepter dès lors qu’ils n’ont pas été sollicités et ne sont assortis d’aucun accord politique public ou secret, ni d’aucune conditions d’aucune espèce. 2) Il est à noter que l’appel de monsieur Aliot semble s’adresser à tous les élus en général et non pas spécifiquement à ceux du Front National. De la sorte il parait relever d’une préoccupation démocratique et non d’une arrière-pensée électoraliste malsaine. 3) Monsieur Poutou refuse le soutien du F.N., en quoi on pourrait le suivre s’il s’agissait d’un soutien politique. Mais un parrainage n’est pas un soutien politique. Il peut être motivé par la seule et même préoccupation qui fit dire à Voltaire : « Je ne suis pas d’accord avec vos idées mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez les défendre » 4) Philippe Poutou qui n’aura pas semble-t-il les signatures requises pour se présenter réellement, sera privé de parole dans cette campagne électorale. L’objectif était de prendre la parole. Une réponse intelligente à l’annonce de Louis Alliot lui eut permis de focaliser un moment le débat sur le déni de démocratie que constitue la « Loi ordinaire et loi organique du 25 avril 2016 de modernisation des règles applicables aux élections et à l’élection présidentielle. » 5) Représentant du NPA, Philippe Poutou est censé avoir une culture politique dans laquelle l’Histoire de la révolution russe, dont on fête le centième anniversaire cette année, occupe une large place. Il eut été bien « rigolo » Lénine, si début 1917, il avait renoncé à se rendre à Saint-Pétersbourg au prétexte qu’il ne voulait pas composer avec le Reich Allemand. Pour se mettre en mesure de prendre sa part à l’Histoire Lui n’a pas craint d’affronter les quolibets et les insultes des partisans de la guerre impérialiste, Je conclurai avec cet emprunt fait à une chanson de Georges Brassens : « Il « refusa l’secours de la thérapeutique, Corne d’Aurochs. Parc’ que c’était à un All’mand, ô gué ! ô gué ! Qu’on devait le médicament, ô gué ! ô gué ! » Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Jeudi 16 mars 2017.

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