L’EXTRÉMISTE, LE VRAI François Hollande a décidé, à défaut de pouvoir se représenter à l’élection présidentielle, de jouer du seul pouvoir qui lui reste, son pouvoir de nuisance, jusqu’au bout du bout de son mandat. Nous lui avons, à plusieurs reprises déjà, conseillé de se taire, montrant que son discours était contreproductif à sa propre cause. Mais il s’obstine, comme le font les imbéciles qui croient qu’ils peuvent convaincre encore en répétant les mêmes âneries. Contrairement à lui qui prend à mal le fait que le Président Syrien Bachar Al Assad n’obéit pas à ses ordres, nous ne prenons pas ombrage nous du fait que « l’encore » Président français François Hollande ne se résolve pas à garder le silence comme nous le lui conseillons. Nous en prenons notre parti tout simplement et lui faisons réponse patiemment. François Hollande est intervenu le 11 avril par communiqués et le 12 par un entretien avec Franz-Olivier Giesbert dans « le Point », sur deux sujets. Un de politique internationale, la question syrienne, et l’autre de politique intérieure la montée de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages qui lui fait craindre la présence de celui-ci au deuxième tour des élections présidentielles contre Marine Le Pen. Et sur les deux sujets bien sûr, il a proféré des horreurs. 1) Sur la Syrie d’abord. Il n’a pas changé de refrain, il s’accroche, nous en avons souvent donner les raisons, à son objectif obsessionnel de chasser Assad du pouvoir sans prendre l’avis du peuple Syrien. Et à cette fin, non seulement il se solidarise avec l’action militaire unilatérale et en contravention du droit international, récemment mené par l’armée américaine, mais encore il en appelle à sa réitération, à son amplification, à l’intervention militaire massive de l’Occident qu’il n’avait pu réaliser en 2013. Ce terrible tyran qui prétend s’émouvoir des dégâts matériels et humains déjà provoqués par six ans de guerre en Syrie, ne propose rien moins que d’écraser ce pauvre pays martyre sous un tapis de bombes sophistiquées de l’Occident et de provoquer encore quelques centaines de milliers de morts supplémentaires, pour le livrer enfin aux égorgeurs de « Daesh » et du « Front al Nosra » (Fatah el cham). Cette guerre était perdue pour l’Occident et ses alliés les monarchies du golfe et leurs janissaires les groupes djihadistes. Les fils d’un dialogue étés noués, à Astana et à Genève, la perspective d’une sortie de crise et d’un retour à la paix en Syrie sous le patronage de la Russie et de l’Iran se profilaient. Il allait falloir se résoudre définitivement à admettre que les hordes djihadistes dépêchées par l’Occident avaient échoués dans leur tentative de renverser le pouvoir légal et de faire éclater la Syrie. Mais l’impérialisme Occidental refuse d’admettre sa défaite. Il choisit de jouer son va-tout au mépris du peuple syrien qui meurt et de la sécurité internationale qui vacille. Il décide de relancer la guerre mais cette fois avec l’implication militaire directe des armées occidentales, pour parer à l’incapacité de leurs « subrogés ». C’est à cette fin de justifier la relance de la guerre qu’ils ont monté de toute pièce une provocation aussi insensée qu’odieuse, une attaque chimique qu’ils prétendent faire endosser à Bachar Al Assad et à ses protecteurs russes, sans le moindre début de preuve et sans enquête. La Présidence française s’est-elle limitée à relayer la provocation montée par d’autres où y a-t-elle une part active ? Cela reste à déterminer. Voilà donc, quoiqu’il en soit, au plan international, la terrible tache sanguinaire à laquelle François Hollande entend consacrer les derniers jours de nuisance qui lui reste. 2) Sur l’élection présidentielle française, ensuite. Notre « encore » Président de la République s’inquiète d’un deuxième tour qui verrait s’affronter Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, les deux extrêmes nous dit-il. Et l’extrême gauche qu’il voit dans Jean-luc Mélenchon lui apparait tout aussi néfaste que l’extrême droite. En quoi François Hollande ne fait qu’ânonner l’adage de la bêtise selon lequel « les deux extrêmes se rejoignent ». Adage de la bêtise en effet, les extrêmes se rejoignirent dans l’Histoire, le fascisme et le Communisme, mais non dans l’identité ni dans la collusion, mais dans un affrontement titanesque qui fut la trame de l’histoire du 20ème siècle. La politique proposée par Jean-Luc Mélenchon serait tout aussi néfaste pour la France que celle de Marine Le Pen. Mais en quoi est-il qualifié François Hollande, « le calamiteux », lui que les français ont disqualifié d’avance tant ils ont désapprouvé sa politique, pour dire ce qui est bon ou mauvais pour la France ? Il tue Fillon avec « les affaires », il tue Hamon en sapant le P.S., il disqualifie Le Pen, la femme à abattre en appelant contre elle « au front républicain, il tue Mélenchon enfin en le stigmatisant « d’extrême dangereux ». Qui reste-t-il ? Macron bien sûr. La seule politique que François Hollande trouve bonne pour la France, c’est la sienne que les Français ont rejeté et dont Macron souhaite leur resservir les plats réchauffés et plus salés encore. Or les questions internationales, habituellement à l’arrière-plan des campagnes électorales, viennent cette fois de surgir au premier. C’est que le Président sortant s’est révélé assez ignare et obtus pour croire qu’il pourrait nuire à Jean-Luc Mélenchon en lui cherchant querelle sur ces sujets. « Poutine, pouahhh !.. Assad ? C’est impossible !… ». Mais que dit Jean-Luc Mélenchon ? Rien qu’un discours de tolérance et de paix opposé au discours d’exclusion et de Haine des Hollandes Hamon et Macron. Rien qu’un discours de responsabilité et de sagesse opposé au discours guerrier et irrationnel des partisans de la guerre. Il a cru, Hollande, que le rejet d’Assad et de Poutine par l’opinion retomberait sur la tête de Mélenchon et des autres candidats qui prêchent un rééquilibrage de la politique internationale de la France. Il a cru cela car il a confondu ses propres obsessions et l’opinion générale. Il s’est fourvoyé. Les Français qui ont expérimenté par le sang et les larmes « la justesse » des engagements des ennemis de Bachar Al Assad, savent gré au contraire à Jean-Luc Mélenchon, mais aussi à François Fillon ou Marine Le Pen, de vouloir rompre avec la dangereuse aventure où les USA nous entraine, et rétablir le dialogue constructifs là où le parti international de la guerre cherche chicane et fabrique les provocations. Extrémiste donc Mélenchon ? Et c’est François Hollande qui dit cela ? Mais qu’est-ce donc l’extrémisme si ce n’est précisément l’attitude où il s’obstine lui-même au risque d’engendrer un terrible conflit qui pourrait dégénérer en guerre nucléaire ? D’extrémiste fou on ne saurait en trouver de pire spécimen que ce Docteur Folamour qu’il est devenu. François Hollande s’affole en vérité, car tout le plan machiavélique qu’il a conçu et mis en œuvre pour imposer aux français le vote forcé pour Macron est en passe de tourner au fiasco. Or cet échec serait son ultime défaite et son ultime humiliation. Alors il s’agite ne redoutant plus de se dédire une fois encore en interférant grossièrement dans le déroulement de la campagne électorale. François Hollande remet ça dans un entretien diffusé dimanche soir (17 avril) sur « France-5 ». Qu’importe ? Macron son protégé va en pâtir. Voilà disions-nous la terrible tache sanguinaire à laquelle François Hollande entend consacrer les derniers jours de nuisance qui lui reste. Voilà ajouterons-nous la terrible tache sanguinaire qu’Emmanuel Macron, l’avatar de François Hollande, entend endosser pour le cas où il serait élu. Les Français ne veulent pas de la guerre. C’est une raison supplémentaire pour laquelle les interventions de François Hollande font l’effet inverse de celui escompté. Macron son protégé va en pâtir et Mélenchon gagner de nouvelles intentions de vote. Plus il veut nous faire voter Macron et plus on a envie de voter Mélenchon. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Lundi 18 avril 2017.
