1er MAI : « BONJOUR TRISTESSE »

1er MAI 2017 : « BONJOUR TRISTESSE » Oui je suis triste et inquiet en ce premier jour du mois de mai 2017. C’est au calendrier « la fête du travail » mais les travailleurs, mes frères et sœurs, ne sont pas à la fête. J’ai aimé ce jour de luttes et de rassemblements ouvriers. J’ai participé à de nombreux défilés, immenses ou restreints, joyeux ou tristes, combatifs ou « traine-savate », mais ce jour-là fut presque toujours, malgré tout, pour le militant que je suis, un jour de commémoration et de fête. L’occasion de ce souvenir des anciens, des combats passés ou du passé, des trépassés « dans l’exercice de leur fonction »(qu’aucun ministre du travail ne décore ni n’honore), des trépassés sous les coups des milices patronale et de la police du capital, des assassinés sous la mitraille des armées du fric, mais aussi des piquets de grève et des bals à l’usine, des conquêtes et des acquis sociaux que l’on devait à tous ceux-là, à leurs luttes à leurs sacrifices, à leurs drapeaux « rouges du sang de l’ouvrier ». Que l’on devait dis-je intentionnellement, car bientôt on ne devra plus rien, tout aura été repris, arasé, liquidé. On se sera fait voler notre héritage. On sera libéré du devoir de mémoire et de l’obligation de gratitude. On aura été indigne de vous et l’on ne vous en remerciera pas. Ce que vous aviez arraché de haute lutte au capital avide s’était disent-ils « des privilèges ». Immense progrès des concepts. La révolution française a abolit « les privilèges de la noblesse » qui n’était qu’un petit nombre. Les princes d’à présent adoubés par la Finance-veulent abattre « les privilèges » du peuple : le droit au travail et à un salaire décent, la sécurité de l’emploi, la couverture sociale et le droit à la paresse enfin quelques années, au bout, avant de fermer le parapluie ». Oui, les « privilèges du peuple. C’est ainsi qu’ils appellent « ces salauds » les droits élémentaires du travail. Je l’ai entendu il y a peu sur France inter. C’était je crois dans l’émission « le téléphone sonne », le sujet s’était le débat européen dans le cadre de la campagne des présidentielles, je n’ai pas retenu quel invité de l’émission a eu la cynique indécence de formuler ceci « que leurs bas salaires étaient le privilège des travailleurs Polonais ». Mais les revenus du capital, les fortunes colossales de Madame Bettencourt de de Bernard Arnaud qui s’accroissent de plusieurs milliards d’euros chaque année, sa ça n’est pas des privilèges. Ce sont les conditions indispensables au bon fonctionnement de l’économie. Voilà 30 ans que pris au piège de l’alternance politique droite/gauche, les salariés se sont fait spolier par les uns et les autres chaque fois un peu plus : Désindustrialisation, chômage de masse, précarité du travail, chute des salaires, dévalorisation des pensions, recul de l’âge de la retraite, j’en passe et des pires, pour en arriver à l’apothéose finale le quinquennat de François Hollande la rentabilité des entreprises déclarée grande cause nationale et la loi de démantèlement du code du travail. Pourtant nous n’étions pas encore au bout de l’horreur. Voilà qu’on vous demande de voter pour un homme qui se propose de liquider ce qui reste encore de l’héritage d’un siècle et demi de luttes. Voilà que des syndicalistes, des hommes politiques qui se revendiquent comme représentants ou défenseurs du monde du travail vous abjure de voter pour cet homme-là. Vous conseille d’obéir, « Plait-il mon bon maitre », de vous coucher, de mettre, victimes consentantes, la tête dans la lunette, d’obtempérer au diktat qui commande de voter Macron. Or, ils osent en plus convoquer la démocratie comme faire valoir de leur argumentaire. La démocratie pour élire le dictateur qui a promis d’avoir recours « aux ordonnances » dès le lendemain. Il faut refuser de donner sa caution par son vote. Il faut se redresser et se battre. Un diktat, un déni de démocratie ça ne se négocie pas, ça ne s’entérine pas de quelque manière que ce soit. Ceux qui font cela, consciemment ou par inconscience, se rangent au rang des traitres et au prétexte de barrer la route à Marine Le Pen ils creusent en vérité un peu plus le sillon qui la rendra bientôt inévitable. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » . Lundi 1er Mai 2017.

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