LETTRE OUVERTE A MONSIEUR PIERRE LAURENT, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS.J’ai adressé, hier mardi 2 mai, par courrier, à Monsieur Pierre Laurent la lettre ci-dessous. A l’heure qu’il est elle doit avoir été porté à sa connaissance. Je m’autorise donc à la publier dans ces pages. Monsieur, Vous avez appelé à voter le 7 mai pour Emmanuel Macron, afin dites-vous de faire barrage à Madame Le Pen. Certes l’on comprend vos angoisses et l’on peut partager vos inquiétudes. Ceux qui ont trahi depuis si longtemps les espérances populaires, qui n’ont pas rechigné à faire usage des pires dispositions antidémocratiques de notre constitution contre les salariés, contre le droit du travail, nonobstant même la contestation majoritaire dans le pays, sont les véritables responsables de cette situation. Or les voilà qui s’emparent présentement du risque de victoire électorale de Madame Le Pen et le pointe comme un révolver sur la tempe des électeurs pour les contraindre à voter Macron, la créature des Banques et de la cybernétique. Cette élection est une parodie sinistre de démocratie. Vous, monsieur le secrétaire général du Parti Communiste Français, héritier d’une histoire faite de combats et de Résistances opiniâtres, ne vous devez-vous pas de relever ce défi, de refuser crânement ce diktat, de combattre ce déni de démocratie ? L’année 2016 fut le théâtre d’une lutte de résistance acharnée des salariés de ce pays avec l’appui d’une majorité écrasante de l’opinion publique contre « la loi travail » baptisée « El-Khomri ». Celle-ci nous a été imposée au mépris des droits du parlement et de toute démocratie en recourant à l’alinéa 3 de l’article 49 de notre constitution. Monsieur Macron nous promet lui, dès son élection acquise, de recourir durant l’été même, comme un larron, aux ordonnances, autre dispositif constitutionnel anti- démocratique, pour dynamiter ce qui reste de droit du travail et de réglementation. Cette terrible agression programmée contre les salariés de ce pays, est connue en avance et nul ne pourra prétendre l’avoir ignorée pour justifier ultérieurement son vote. Comment pouvez-vous, vous, Mr le secrétaire Général, appeler à voter pour cet homme-là ? Avez-vous vraiment le cœur de livrer, pieds et poings liés, à leurs bourreaux, les travailleurs de ce pays qui placent leur confiance en vous ? Il est encore temps de vous raviser. Je vous en conjure monsieur Laurent. Vous ne voulez pas voter pour Marine Le Pen, moi non plus. Mais pour autant, vous n’êtes pas tenu de cautionner par votre vote et encore moins par votre prise de position publique, l’élection de Manuel Macron qui constitue à l’égard des salariés un danger au moins tout aussi considérable. Si la désignation de cet homme à la Présidence de notre malheureuse République, ne peut-être évitée, que l’on use au moins de ce qui nous reste de pouvoir électoral et de libre arbitre pour le délégitimer par l’abstention ou les votes blancs et nuls. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Mercredi 3 mai 2017;
