LE PIRE SCENARIO 72 Dimanche soir 7 mai 2017, il y a tout lieu de penser, si l’on s’en tient aux sondages et à la déferlantes des déclarations, ralliements, et autres soutiens des mondes politique, sportif, culturel, scientifique, religieux (où est passé la laïcité ?) etc. à la candidature d’Emmanuel Macron, que la nomination de celui-ci au poste de Président de la République sera ratifiée par le vote des français. C’est naturellement le scénario le plus probable, mais ce n’est tout de même pas le seul. Qu’il nous soit permis tout de même d’émettre une réserve jusqu’au résultat final. Malgré tout, et comme c’est le scénario le plus probable, nous partirons pour ce qui suit, du postulat de l’élection acquise d’Emmanuel Macron. Alors, vous entendrez toutes ces roucoulades, ces satisfécits, ces congratulations réciproques de tous les acteurs coalisés de « la victoire », rassurés, contents et hilares d’avoir battu le « Front National ». D’avoir jugulé le « danger lepenniste ». Et leurs manifestations de joies seront d’autant plus grandes et ostentatoires que l’écart sera grand entre les scores des deux finalistes du scrutin. Marine Le Pen, « l’extrême droite » ? Le « Parti xénophobe », « la honte de la France », le « danger de la démocratie et de la République » ? Battue, écartée. Macron élu ! Pourtant, ce scénario est en vérité le pire de ceux qui pouvaient, dans cette élection, advenir à la France et aux Français. Et lorsque je dis la France et les Français, c’est à la vraie France que je pense, celle de la véritable majorité civile, celle du peuple d’en bas, ceux qui travaillent, ou sont privés d’emploi, et qui souffrent. Ceux sur les têtes desquels vont danser les diables d’en haut. Ils riront sinistres et cyniques, se « bâfreront » dans leur « Rotonde » et autres « Fouquet’s », peut-être même pleureront et copuleront ils de joie, dans leur « bulle », leur « tour d’ivoire », les studios de leurs télévisions, leurs palais de la République, sourds aux plaintes et aux gémissements, indifférents à la douleur du peuple qu’ils ont bafoué encore une fois et auquel ils ont extorqué son suffrage, sous la menace.. Oui ! Et je le dit et le re redit sans détours, s’il advient comme c’est le plus probable, ce scénario est bien le pire qui pourrait advenir. L’opinion publique de ce pays était devenue si hostile, que le Président de la République a dû renoncer à briguer le deuxième mandat qu’il (le système) voudrait pourtant instituer comme une règle de fonctionnement. La rancœur contre le gouvernement sortant était si grande que l’ex-premier ministre, Manuel Valls, fut battu à plate couture, lors des « élections primaires » de son propre parti. Le passif est si lourd, des griefs populaires accumulés contre le P.S. parti de gouvernement et d’alternance, que le candidat investi de celui-ci a réalisé un score humiliant au premier tour de la présidentielle. Lors de ce premier tour, la majorité des électeurs s’est prononcés contre la politique ultra-libérale que « droite et gauche » nous servent depuis plus de trente ans. Les scores importants, cumulés, réalisés aussi bien par Jean-Luc Mélenchon que Marine Le Pen et plusieurs « petits candidats », confirment le rejet de la politique « ultra-libérale et le ras le bol des français à l’égard du système de l’alternance droite/gauche. Alors, comme conclusion à tout cela, fallait-il aboutir vraiment à l’élection de cet imbuvable Monsieur Macron qui n’est que l’avatar électoral de François Hollande et de sa politique. Ce dictateur en herbe qui non seulement refuse d’abroger la « loi travail », mais pire, et de manière provocante, affirme qu’il va l’appliquer « force dix », à coup « d’ordonnances » (mieux et plus rapide encore que le 49-3) concoctées, comme un larron, pendant la trêve estivale. Il est clair qu’une telle victoire, obtenue à l’arrachée, contre la volonté et les préoccupations réelles du peuple, serait celle du système. Une victoire de bandits obtenue avec des méthodes mafieuses, par »le feu, la ruse, le mensonge, la peur irrationnelle et la menace du loup. Mais ce serait, il faut bien l’admettre, une victoire tout de même. De la pire espèce, grosse des lendemains qui déchantent. La France se réveillera lundi 8 mai (jour de qu’elle victoire ?) avec une terrible « gueule de bois ». Il y aura la douleur du peuple qui souffre et qui se rendra-compte qu’une fois de plus « le système » s’est fichu de lui. Il y aura le dépit « des battus », ceux qui auront voté Marine Le Pen, ce seront abstenus, ou auront voté blanc ou nuls pour ne pas cautionner par leur vote l’avènement de Mr Macron, et qui sera d’autant plus grand qu’ils auront le sentiment d’une élection volée, d’une démocratie et d’une République violée. Mais au-delà même, parmi les autres, ceux qui auront voté Macron tout de même, sous la menace, le sentiment de s’être fait piéger, « le traumatisme de Stockholm » que provoque une agression sur les victimes de « braquages ». La victoire électorale volée de Monsieur Macron serait celle du système, et tous ceux, la majorité, qui voulait en sortir, en finir avec lui, aura alors le terrible sentiment d’un enfermement Kafkaïen dans un piège sans issu. Or ce sentiment qui peut être générateur de désespérance .ou de résignation dans un premier temps, ne tardera pas à nourrir le feu d’une noire colère plus grande encore, dont seront les premières cibles ceux qui de bon ou de mauvais gré, se seront prêtés ou pliés, a cet exercice pervers. Ceux qui auront contribué, par leur engagement direct, à contraindre les électeurs de voter contre leurs convictions et leurs intérêts. Mais aussi ceux qui, oubliant l’esprit de résistance fondateur, n’auront pas eu l’audace de faire front au diktat électoral du système. Tous ceux-là qui a des degrés divers auront volé leur vote aux Français pour un homme qui est un danger imminent pour «notre « contrat social » au prétexte de la menace supposé d’un autre danger, prétendu ou réel, en tout cas exagéré. Instrumentalisé par le système, « révolver par destination », pour nous contraindre à mettre la tête dans la lunette de la guillotine sociale. Evitée ainsi, par les moyens les plus contestables la victoire du FN ne serait que partie remise, elle deviendrait même plus inévitable que jamais. Or il y aurait de grands risques dés-lors que celle-ci ait lieu cette fois dans un contexte de tensions sociales exacerbées plus propice que jamais à des dérives de toutes sortes. Souvenez-vous l’histoire de « Pierre et le loup ». Le rempart de la démocratie, les valeurs Républicaines dont ils ont tant joué et abusé jusque-là, ne seront plus à ce stade d’aucun secours. Elles ont trop été instrumentalisées, bafouées et souillées, dans le dernier processus électoral lui-même (et surtout), par ceux-là même qui s’en prétendaient les garants. On ne vient pas à bout de la volonté d’un peuple en l’humiliant. Voilà pourquoi brave gens l’élection probable de monsieur Macron est le pire scénario. Venu aux commandes du navire « France », le dangereux « pilote de pédalo » que nous avons élu en 2012, nous a conduit, droit sur les récifs. « Sauvée par lui de Charybde, « la menace électorale du F.N. » la France va bientôt se fracasser en Scylla, l’écueil de la fracture sociale ». Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Vendredi 5 mai 2017.
