SUBLIME COLÈREDevra-t-on se dissimulerPour déclamer notre passionNotre amour de l’humanitéDe ses visages par millionsLe cœur est au bout de la mainEt l’âme s’affiche au visageSans ces attributs, sait le sage,Il n’y a pas de chœur humain.Ni bec de lièvre ni méprisA occulter moi je n’ai rien Je ne suis pas politicienJe n’ai vraiment rien à cacherJamais je ne l’arborerai L’horrible appendice facial,Qui transforme en farfadetL’être même le plus jovial Pourquoi devrai-je oblitérerMa mine enjouée et pouponnePourquoi priverai-je personneDe mon sourire mâtinéVous direz sans doute « il est fou »Si je meurs, « il s’est suicidé »Ah oui je le suis-je je l’avoue :Fou d’amour de la libertéGardez-vous bien de m’agonirD’autorité ou de tendresseNi la schlague ni les caressesViendront à bout de me chancirVous ne me ferez pas faiblirPerclus déjà de tant d’arthroseJ’ai l’échine par trop soudéePour que vous la fassiez fléchirA l’heure blême où il paraitQue de Covid ou de CirrhoseIl faut passer de quelque chose, Grand temps sera d’être masquéQuand la chape sera tombéeSur vos existences à l’écrou, Ombres, vous déambulerezDu berceau jusqu’à votre trouFlânant parfois au cimetièreAu hasard des aîtres lirezPeut-être, gravé sur ma pierreCette épitaphe courroucée :« Il est parti, pas même amer,Nul n’est prophète en son paysIl est parti c’était écritMais il est parti en colère.Il préféra crever « vieux con »Debout encore et poing levéQue de souffrir clone masquéUne existence de mouton. »Patrick Seignon. Samedi 22 août 2020
