LA CRISE REVIENT !Voilà que les « Bourses » donnent à nouveau des signes de nervosité. C’est le tour de l’Espagne et du Portugal d’être dans le collimateur des spéculateurs, la France en ligne de mire. Immigration, sécurité, islamisme radical et permis de conduire, ils ont tout essayé pour la faire passer à la trappe. Il est encore trop tôt pour le dire, mais « la crise » pourrait bien s’inviter tout de même à nouveau dans la campagne électorale française. Il est trop tôt aussi pour tirer des enseignements politiques de cette intrusion attendue. Nous réservons ceux-ci à un article ultérieur.L’offensive boursière suspendue, paradoxalement depuis la perte du triple A de la France, ce qui ne paraissait pas très logique, sinon pour raisons électorales, reprendrait-elle déjà de plus belle ? Non la crise n’est pas finie, Sarkozy n’a rien résolu ni sauvé personne, sera-ce dans le cours de la campagne électorale ou après, cela est de seconde importance, mais la crise revient. Cette actualité imminente donne un nouveau souffle aux analyses que nous faisions le 2 décembre dans l’article « les prénoms de la crise » et le 29, sous forme de bilan annuel dans « Le glas d’une époque ». (Articles parus dans la précédente version de notre site, chez un autre hébergeur). Nous vous les proposons à nouveau.LVDSV.2O11,LE GLAS D’UNE ÉPOQUEIl est de coutume, à l’aube d’une nouvelle année, de faire le bilan de celle qui finit. Noir sera celui de l’année 2011. Une époque historique s’achève qui s’est étirée de la fin de la deuxième guerre mondiale à nos jours. Cette époque-là, boostée par la reconstruction d’après-guerre a commencé par trois décennies qui ont été baptisées depuis, « les trente glorieuses ». Nous étions en occident, à l’heure du « fordisme » et des méthodes keynésiennes de régulation de l’économie. L’automobile ; l’industrie des équipements électroménagers plaçait la période sous le signe du progrès économique et social et de la consommation de masse. Cela convenait d’autant plus aux exigences politiques du moment que dans le contexte de la « guerre froide » il était de bon ton de démontrer la supériorité économique du capitalisme libéral sur le système soviétique collectiviste.Les « trente glorieuses » se sont achevées à la fin de la 7ème décade du XXème siècle. Le premier signal en avait été donné par « le premier choc pétrolier » (1973). Libéralisme débridé, délocalisation des industries à forte densité de main d’œuvre, désindustrialisation, crises successives plus ou moins larvées, attaques de plus en plus denses contre les services publics, les acquis sociaux et le pouvoir d’achat des masses salariées. Telles furent les réponses des économies occidentales sous l’impulsion de l’OCDE. Les vingt années qui suivirent semblaient devoir être placées sous le signe de l’exacerbation des tensions sociales. Mais des évènements majeurs survinrent, en Europe de l’Est, qui changèrent la donne. L’effondrement « du bloc soviétique » présenté par la droite libérale comme « la fin du cauchemar communiste », marquait en vérité le mouchage de la dernière chandelle de l’immense espoir qui depuis plus d’un siècle avait porté les peuples de la planète avides d’émancipation. Oh, ils n’étaient pas dupes les peuples, ils savaient bien que le modèle soviétique n’était pas idéal. Mais il garantissait au moins l’existence d’un monde multipolaire, la possibilité pour les peuples en luttes, de trouver, à la faveur des rivalités est/ouest, quelques failles pour exister, voire quelques appuis et protections, il était la preuve vivante qu’un autre modèle social, certes perfectible, pouvait exister.L’effondrement du « bloc de l’Est », la disparition de l’Union Soviétique, consacrait le triomphe du capitalisme libéral, et proclamait des États-Unis d’Amérique grand vainqueur de « la guerre froide ». Nous entrions dans l’ère de la pensée unique, de la mondialisation économique, du nouvel ordre mondial unipolaire régenté par l’hégémonisme américain, de la « mort des idéologies ». Fatal, incontournable, le capitalisme libéral soufflait la flamme même de l’espérance des peuples contenant ainsi aisément les tensions sociales annoncées.Le capitalisme libéral avait donc démontré sa supériorité, il n’avait plus à craindre le contre-exemple, il pouvait lâcher la bride à ses prétentions, en revenir à ses fondamentaux. Le chemin le plus court pour augmenter la part du profit capitaliste est de faire diminuer les coûts des matières premières, c’est-à-dire la rétribution de ceux qui les produisent ou la part des pays d’où elles sont extraites, et les coûts salariaux, s’est à dire le niveau général des salaires, directs ou différés (charges sociales). L’exploitation des « gisements » de mains-d’œuvre bon marché, n’importe où dans le monde, fut le moyen d’accélérer ce processus. Mais la diminution des coûts n’est-ce pas conséquemment, la réduction de la solvabilité de « marchés potentiels » ? C’est là la contradiction mortifère du capitalisme. Pour en sortir, il se tourne vers les marchés extérieurs. Oui mes les capitalistes de l’extérieur entendent aussi réduire leurs coûts. Les marchés extérieurs ne peuvent compenser la perte des parts de marché intérieur à l’assaut desquelles se lancent d’ailleurs aussi des capitalistes étrangers. Le résultat au final est le rétrécissement général des débouchés solvables et la crise de « surproduction » qui s’en suit, c’est-à-dire, plus assez de clients solvables pour écouler la masse des marchandises produites. Alors, le système triche. Les gouvernements à sa solde et le capital financier devenu maitre et décideur soutient la production par le crédit et les incitations financières : les jupettes (si Renault tousse la France s’enrhume), les « subprimes » (quand le bâtiment va tout va) les niches fiscales et les plans de relance, c’est-à-dire par la dette, privée et publique. Jusqu’au moment où, celles-ci devenant exorbitantes en comparaison des capacités de paiement des emprunteurs,publics ou privés), les créanciers prennent peur et exigent des garanties énormes, des intérêts prohibitifs, voire le solde de leurs créances.Nous en sommes arrivés là. Les plans de rigueurs conçus pour faire « trinquer » les pauvres afin de payer les banquiers avec l’argent des peuples vont amplifier les effets de la crise et précipiter le monde dans une récession généralisée, que nous avons qualifiée dans un article précédent (….) de « caldéra économique et sociale ». À côté de celle-ci, la grande crise des années 30 apparaitra comme un gadget. Or, chacun sait tous les maux engendrés par cette « crise d’antan », et doit s’interroger avec inquiétude sur les horreurs qu’engendrera la nouvelle où nous sommes entrés.Les années 90 furent celles du triomphe planétaire du capitalisme libéral. Il ne lui aura fallu que deux décennies, vingt ans à peine, pour démontrer à nouveau toute sa nocivité, et son pouvoir de nuisance. Les calamités qui vont à présent s’abattre sur les peuples de la planète vont réactualiser la question de son remplacement nécessaire par un système de gestion plus harmonieux et intelligent, qui n’a pas besoin de se cogner dans le mur pour savoir qu’il faut prendre un virage, qui n’a pas besoin pour se réguler des catastrophes humanitaires que sont les grandes crises et les calamités qu’elles engendrent. Bonne année à vous chers visiteurs, et dans ces circonstances quels meilleurs évènements peut-on souhaiter aux peuples que la révolte et l’insurrection ? D’en finir avec un système social et économique calamiteux ? De cesser de s’agenouiller devant les lois du marché et de la concurrence, qui sont celles de l’égoïsme individualiste et de la jungle, pour jeter les bases d’un autre système fondé sur la coopération, la solidarité et la raison.LES PRÉNOMS DE LA CRISEÀ l’automne 2008, survint, venue des États-Unis, une « crise » que les « milieux autorisés » baptisèrent « … des subprimes », faillite de la banque « Lehman-Brothers », affaire Bernard Madoff, elle engendra, nous a-t-on dit, la plus grande « crise financière » depuis 1929. Allait-elle enfanter aussi une « crise économique » semblable à celle des années trente ? Le risque en était réel. Mais le monde n’avait-il pas cette fois la chance d’être dirigé par deux génies extrêmement réactifs. Finis les paradis fiscaux, la spéculation excessive et les rémunérations somptuaires des « triders ». Barak et Nicolas allaient juguler le danger du monde, réguler les marchés, imposer de nouvelles règles aux banques et à la finance internationale, nous « relooker » en quelque sorte le patibulaire « capitalisme libéral mondialiste » en « capitalisme à visage humain ». Très vite on nous annonça la fin du tunnel et la sortie de crise. C’était donc vrai, ils avaient réussi ? Chapeau !1 – L’AMICALE DES « CAPITAINES DE PÉDALOS »Les dirigeants politiques ou économiques, les plus « futés », les « meilleurs » spécialistes, donnent l’impression de pédaler dans le yaourt. De fonctionner comme la météo, prévisions fiables à cinq jours maximum. Vous l’avez entendu comme moi : L’Euro c’est la « cata » mais, on n’a pas le choix, c’est l’Euro ou une « cata » pire encore. Il n’existe pas de plan B ». On a fait l’euro et le pacte de stabilité de Maastricht, mais personne n’avait prévu une telle crise, d’une telle ampleur. Personne ?..Personne ! Mais qu’ils parlent donc pour eux ces indoctes. Cela vous interpelle ? Savez-vous pourquoi, parmi les ignares qui gouvernent le monde, pas un seul ne s’est trouvé pour anticiper la crise ? « La voie des sans voix » va vous le dire » : nous étions dans les années fastes du capitalisme libéral et de la pensée unique. Sous la direction des États-Unis, « l’économie de marché » venait de gagner « la guerre froide », contre « l’économie planifiée ». Le système soviétique s’était écroulé et le « capitalisme libéral » se gaussait de sa supériorité avérée, il se vantait même d’être le seul système économique viable, voire possible. Le capital triomphateur avait ridiculisé « Das Kapital »*. Les dirigeants européens qui inventèrent l’euro n’avaient pas envisagé une telle crise, car ils ne croyaient pas à la crise. 1929, s’était de l’histoire ancienne. « En ces temps délicieux « d’horreur économique »*, seule la propagande, archi marginale, et mal intentionnée de « groupuscules » passéistes se référant encore à la bouillie idéologique issue de la « pensée marxiste », quelques Ernest Mandel* et autres nostalgiques, annonçaient comme une litanie l’inévitable « crise ». N’annonçaient-ils pas autrefois le grand soir ? Comment les requins de l’économie mondiale, confortés dans leurs certitudes, auraient-ils pris au sérieux ce menu fretin dont c’est le crédo que d’annoncer la crise, comme d’autre « le messie » ou la fin du monde ? D’ailleurs, s’il y a bien une « crise » à présent, pour autant elle ne fait pas raison à ces cassandres des bas fonds. Les crises dont ils parlent ont été depuis belle lurette reléguées aux oubliettes de l’histoire. Nos « belles crises » d’à présent n’ont rien à voir avec les « crises de surproduction » que décrivait le vieux barbu qui leur sert de gourou.2 – LES PRÉNOMS DE LA CRISEIl y en a à présent de toutes les sortes. Ce sont des, « crise de la bulle financière », des « crises de la bulle immobilière », des « crises de la bulle internet » des « crises de la dette grecque », qui, si l’on y prend garde, provoquera une « crise monétaire, de l’Euro » voire même, la « crise de gouvernance de la zone euro ». Les réunions aux sommets se succèdent, les plans de « sauvetage » et d’austérité aussi. Nicolas nous sauve 4 fois, surtout les banques et la finance, et quatre fois nous avons la tête sous l’eau un peu plus. Il sauve la Grèce en saignant son peuple. Rien n’y fait. « Crise de la dette irlandaise, portugaise, espagnole, italienne, française,… » « Crise de la dette » tout court. On apprend alors au détour d’un discours aléatoire de ce rodomont qu’en guise de sortie de crise, les années 2009 et 2010 furent celles d’une « crise économique » digne de figurer dans les annales aux côtés de celle de 1929. Et même pire, car en 1929 l’économie capitaliste c’était surtout les USA et quelques pays de l’autre coté de l’Atlantique tel l’Angleterre, la France et l’Allemagne, alors qu’à présent, économie mondiale imbriquée oblige, c’est toute la planète qui plonge en même temps. Oh ! Effet dévastateur de « la mondialisation ». Alors, qu’est-ce c’est donc que cette ou ces crises aux 12 prénoms ? S’agit-il vraiment de « crises successives, toutes différentes » ou ne s’agirait-il pas plutôt de la même, atteinte du syndrome de métempsycose, qui se réifie en des êtres multiples et successifs ? Non., rien de tout cela en vérité. Il n’y en a qu’une, une seule crise. Et savez-vous pourquoi, « spécialistes » et « dirigeants politiques », persistent ainsi à la nommer, presque chaque jour d’un prénom différent, au gré des vents boursiers et des aléas de l’actualité économique ? Parce que ça « leur arracherait la gueule » de la désigner par son patronyme véritable : 3 – « LA CRISE CAPITALISTE DE SURPRODUCTION.Crise capitaliste de surproduction ! Voilà ce qu’ils ne veulent ni dire ni entendre. « Ca leur arracherait la gueule » en effet, car ne serait-ce pas reconnaitre la validité théorique de « Das kapital », et annoncer la résurrection prochaine de la pensée marxiste ? « Et pourtant elle tourne ! » C’est cette réflexion fatiguée, en forme de soupir las, que fit Galilée quand le tribunal de l’Inquisition le somma d’affirmer que la terre ne tournait pas. C’est celle qui nous vient à l’esprit, quoique nous ne soyons ni las ni fatigué, quand le tribunal de la pensée unique refuse à quiconque de prononcer le nom véritable de la crise. « Et pourtant ! Disons-nous, c’est bien une crise de surproduction ».Et patati et patata, la crise des subprimes ? Mais qu’est-ce en vérité ? Quand on produit des habitations pour une clientèle insolvable, ne sommes-nous pas précisément, dans le cadre exact de la définition marxiste de la crise de surproduction ? La production de « biens » qui ne trouvent pas acquéreurs sur le marché, faute d’une clientèle solvable. Bulle immobilière en Espagne, n’est-ce pas exactement la même chose. Et la crise de la dette, bien que cela puisse paraitre plus opaque, n’est-ce pas aussi du même tonneau ? Par leur fuite en avant budgétaire, les états, les collectivités locales créent des équipements ou engendrent des programmes immobiliers en surnombre et qui ne servent à personne, des centaines de milliers de mètres carrés de bureaux vides, des zones industrielles de plusieurs dizaines d’hectares chacune et qui restent désespérément désertes. Nous sommes bien persuadés que nos lecteurs ont chacun au moins un exemple à ajouter, pour illustrer notre propos.(Lundi 5.) Oui! Les surplus alimentaires de l’Europe.
