IL FAUDRAIT VOIR DE NE PAS POUSSER MARIANNE DANS LES ORTIES

IL FAUDRAIT VOIR DE NE PAS POUSSER MARIANNE DANS LES ORTIESNous avions anticipé les résultats du « Front national ». Sarkozy n’a pas « siphonné » les voix de celui-ci, il a au contraire contribué à lui en faire gagner. Le score de Marine Le Pen, certes, est un succès à mettre à son crédit. Pour autant, faut-il oublier que la campagne qui porte le FN à ce nouveau niveau historique, Sarkozy l’a faite, non seulement depuis l’ouverture, de celle des présidentielles, mais bien avant. Plusieurs actes, plusieurs séquences de sa politique : loi contre le port du voile, expulsion des Roms, lois anti récidive, propagande islamophobe sous couvert de lutte contre le « terrorisme », discours anti assistanat et ultra sécuritaire, débat sur l’identité nationale, ont été plus que des tribunes, plus que des manifestes, des victoires offertes à la pensée frontiste. Plus même, par delà les capitulations successives de la pensée républicaine, c’est la caution morale, de la droite gouvernementale, c’est la normalisation qui a été ainsi apportée au « front national ». Beaucoup se sont émus du succès électoral de ce dernier. Nicolas Sarkozy qui croit pouvoir cacher la réalité en se drapant dans les « valeurs de la république » a en vérité vendu celles-ci à l’encan. Sa responsabilité est avérée dans la progression des idées et du vote lepeniste. Mais sa nuisance à cet égard est pire encore. Par sa faute, la droite républicaine s’est délitée, a baissé la garde. Au fil des ans, l’orientation de l’UMP s’est durcie à droite, il y avait tout lieu de croire que cette dérive allait se confirmer entre les deux tours de l’élection présidentielle. Cela est maintenant un fait, au-delà même de nos pires craintes. La proposition, tirée directement du programme du FN d’accorder aux policiers « une présomption de légitime défense », en vérité un véritable permis de tuer, digne des pires dictatures policières, fait froid dans le dos. – nous y reviendrons demain dans un article spécifique. – L’encrage de la droite française sur les thèmes et le tempo de la droite extrême, participe du raidissement du contexte politique national et met en danger « le pacte républicain ».OutrageLui, le fils d’immigré hongrois, qui à l’orée de son mandat remerciait la France et la République qui lui ont tout donné », il leur fait au terme de son quinquennat, le cadeau empoisonné : non pas d’un, mais presque deux partis d’extrême droite. En se mettant entre ses mains « Marianne » pouvait-elle imaginer pareil outrage ?Petite digression historiqueL’État peut se parer de toutes les caractéristiques d’un État policier et fasciste sans nécessairement s’appuyer sur un parti fasciste. Une telle figure historique s’est déjà produite au moins une fois dans un passé et un pays pas si lointain. C’était en 1920, dans un royaume ressuscité d’un empire dépecé par « l’entente ». « Les Alliés » qui voulaient parer tout risque d’extension internationale de la révolution russe via l’Autriche et l’Allemagne fragilisées installèrent au pouvoir l’Amiral Miklos Horty qui prit le titre de « Régent ». Un hongrois de Hongrie celui-là, à la tête du nouvel État qu’avait créé le traité de Trianon (4 juin 1920), à l’instigation de la France et de l’Angleterre. Amputée de 72% de son territoire, en proie aux fièvres révolutionnaires, les rancœurs cumulées, dans cette nouvelle Hongrie, étaient grandes. On devine aisément, dans un tel contexte, de qu’elle nature devait être le régime adoubé par « l’entente ». Ce fut un régime fasciste de dictature personnelle, ne s’appuyant pourtant pas sur un parti fasciste comme ce devait être le cas de l’Italie Mussolinienne. « No pasarán ! »Si, pour le malheur de la France, Sarkozy était réélu, nous nous retrouverions dans une figure politique proche de celle de la Hongrie des années 20. Avec un gouvernement d’extrême droite, quand bien même le front national serait maintenu en marge du pouvoir.Comment, ceux, à droite et au centre qui depuis de longues années, luttent contre le Front national au nom des valeurs de la république, pourraient-ils tolérer que les thèses l’esprit et la politique de ce parti, fassent leur entrée au gouvernement de la France, dans le « cheval de Troie de l’UMP » asservi par Sarkozy ?Si leurs prévenances ne se limitent pas à de simples questions d’étiquettes ou de « chapelles » politiques, si celles-ci se fondent vraiment sur des valeurs républicaines partagées et pleinement assumées, ne se doivent-ils pas d’aller plus loin que des récriminations ou la simple manifestation de leurs désapprobations ? Ne se doivent-ils pas de faire à présent barrage à la dérive « Hortyste » du pouvoir qu’impliquerait la réélection de Sarkozy, en y mettant la même détermination qui eut été la leur dans le cas ou Marine Le Pen, aurait été présente au deuxième tour ?

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