VIVE LE DRAPEAU ROUGESarkozy poursuivant la dérive « hortyste » que nous avons diagnostiquée a fait un pas nouveau aujourd’hui en ressuscitant l’opposition versaillaise du drapeau rouge et du drapeau tricolore. Au nom de quoi, de quelle culture politique, de quelle vision de l’histoire, de quelle philosophie sociale, se permet-il, lui l’ignare, de conseiller quoique ce soit aux syndicats, et spécifiquement cela, que nous recevons comme une insulte : « posez le drapeau rouge ».Nos syndicats français sont déjà infiniment intégrés dans le système. Sans leur conduite pusillanime ou collaborative (pour n’utiliser que des termes gentils et respectueux), la réforme des retraites dont se targue Sarkozy ne serait jamais passée. Mais cela ne suffit pas à ce mal appris qui se prend pour César et n’en est que le tiers. La régression sociale qu’il nous a infligée ne lui suffit pas, Il voudrait aussi qu’on dépose à ses pieds l’étendard des luttes ouvrières. il voudrait aussi qu’on lui vende notre âme et notre mémoire historique. Il rêve une capitulation sans combat et sans condition.Or, dans le même temps ou par ses propos il déclare la guerre ouverte aux classes laborieuses, à leurs syndicats, à ce qui subsiste de mémoire ouvrière dans cette référence au drapeau rouge, il prétend ne pas vouloir de la lutte des classes. Mais Monsieur Sarkozy, pas plus que la gravitation universelle ne dépend de newton, la lutte des classes n’obéit à votre pomme. La gravitation comme la lutte des classes sont des réalités intangibles auxquelles nul n’échappe. Et plus d’un professeur Tournesol qui a cru échapper un jour à ces lois universelles s’est retrouvé le cul parterre, allez savoir pourquoi.Le discours de Sarkozy est un discours de guerre de classe. C’est le discours agressif d’une bourgeoisie assoiffée de profits toujours plus insolents. C’est le discours insultant d’un « maitre » qui s’adresse à « ses gens » et leur dit de ne pas se mêler de politique, car c’est le domaine réservé des « maitres ».Nous sommes ce soir tristes et meurtris. Quel plus beau réflexe, qu’elle plus cinglante réponse pouvions nous faire à « Nicolas la haine » que de chanter dans notre recueillement et de proposer à nos visiteurs, ce chant merveilleux des travailleurs, mémoire des luttes, des souffrances et des défaites, mais aussi de quelques belles victoires et de ces acquis sociaux que Sarkozy et sa bande veulent nous reprendre jusqu’au dernier.LE DRAPEAU ROUGEParoles de Paul Brousse sur un air populaire suisse – 1877Les révoltés du Moyen ÂgeL’ont arboré sur maints beffrois.Emblème éclatant du courage,Toujours il fit pâlir les rois. REFRAINLe voilà, le voilà, regardez !Il flotte et fièrement il bouge,Osez, osez le défierNotre superbe drapeau rouge,Rouge du sang de l’ouvrier (bis)Puis planté sur les barricades par les héros de févrierIl devint pour les camaradesLe drapeau du peuple ouvrier. Sous la Commune il flotte encoreA la tête des bataillons.Et chaque barricade arboreSes longs plis taillés en haillons. Noble étendard des prolétairesDes opprimés soit l’éclaireurA tous les peuples de la terrePorte la Paix et le Bonheur Non, monsieur Sarkozy nous ne poserons pas le drapeau rouge, dans le temps précisément, où vos semblables et vos amis de la finance agressent tous les peuples d’Europe avec des plans d’austérité drastiques. Le temps n’est pas à le poser, mais au contraire à s’en saisir à nouveau, plus que jamais, à le brandir haut, plus fort, sur l’Acropole d’Athènes et ailleurs. Qu’il soit à nouveau, de Paris jusqu’à Vienne, comme en 1848 l’étendard unique du soulèvement européen des peuples.Il flotte et fièrement il bouge !
