LETTRE OUVERTE À MONSIEUR VLADIMIR POUTINE, PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION DE RUSSIE.

Nous avons adressée ce jour, par le canal de son ambassade en France, le courrier que voici que nous publions pour nos visiteurs : LETTRE OUVERTE À MONSIEUR VLADIMIR POUTINE, PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION DE RUSSIE. Monsieur le Président, C’est demain, vendredi 1er juin 2012, que vous rendrez visite à Monsieur François Hollande Président de la République française, nouvellement élu. L’observation de l’actualité n’autorise aucun doute quant à ce que sera le sujet central, sinon unique, de votre échange : la question syrienne. Je vous saurai gré, Monsieur le Président, de bien vouloir prendre connaissance de mon humble avis ci-dessous. Qu’il vous soit un témoignage des soutiens nombreux qui seront acquis, de par le monde, à la position russe et chinoise, à la condition expresse toutefois qu’elle soit claire et lisible pour tout un chacun. Nous apprenons que les chancelleries occidentales, à propos des futurs jeux Olympiques de Londres, ont cru bon de déclencher des mesures de rétorsion visant votre pays. Il s’agit là bien sûr de manœuvres belliqueuses et indignes s’agissant de la fête internationale du sport censée être au dessus de la politique, un moyen de rapprochement des hommes et des nations. Elles ne grandissent pas ceux qui en usent. Mais il s’agit surtout de mesures d’intimidations visant à vous faire céder sur la question syrienne. L’offensive impérialiste anglo-américaine a été « ralentie quelques semaines » dans l’attente du résultat des élections présidentielles françaises. Elle a repris de plus belle dès les lendemains de celle-ci, quand le président Hollande a donné à savoir au président Obama, qu’il n’y aurait « pas de changement maintenant » en matière d’orientation internationale de la politique française. Alors toute la machinerie du complot politique c’est remise en marche, massacre, concert médiatique, offensive onusienne, stigmatisation de la position russe et chinoise. Vous l’avez compris, le nouveau Président de la République française marchera en cette affaire parfaitement dans les pas de son prédécesseur, l’exécuteur de la Lybie. Nous approchons, de nombreux signaux l’indiquent, du moment où l’OTAN, la France aux avant-postes, tentera de déclencher une opération militaire en Syrie, avec ou sans l’aval du conseil de sécurité de l’ONU. Le président Hollande, outre des arguments de relations commerciales et culturelles, voudra vous faire entendre que la chute du régime de Bachar Al-Assad qui surviendrait malgré votre soutien indéfectible, vous priverait de votre dernier moyen d’influence dans cette région et vous couvrirait d’un discrédit durable dans l’ensemble du monde arabe. Mais la vérité est autre. La chute du régime de Bachar Al Assad, que vous y ayez consenti ou pas, ouvrirait la voie à l’agression occidentale contre la République Islamique d’Iran. Et vous vous retrouveriez là, sauf à accepter l’abaissement de la Russie au rang de petite puissance régionale de l’Asie des grands froids, dans l’obligation de relever le gant. Car l’enjeu géostratégique est immense. Le retour de la main mise anglo-saxonne sur l’Iran consacrerait l’hégémonisme américain sur la quasi-totalité des réserves d’hydrocarbures de la planète. Elle bouclerait au profit de l’impérialisme américain, les voies d’évacuations des hydrocarbures par le golfe arabo-persique et le détroit d’Ormuz. Mais surtout elle bouclerait à leur avantage l’ensemble du bassin de la mer Caspienne dont la Russie serait expulsée. Vous ne pouvez pas, vous ne devez pas céder. Vous êtes confrontés vous, la Fédération de Russie et la Chine, à une situation qui rappelle à s’y méprendre, celle de « la drôle de guerre », quand l’Angleterre et la France laissaient Hitler pousser allègrement ses pions en Europe de l’Est, démembrer la Yougoslavie, annexer l’Autriche, envahir la Pologne. « Reculer pour mieux sauter » ? Vous le paieriez ultérieurement au prix fort. À coté de « la communauté internationale » autoproclamée, vous pouvez, vous devez faire entendre la voix de l’autre partie de l’humanité. De nombreux peuples, nations et minorités nationales se joindront à ce concert. Des soutiens politiques associatifs et individuels par milliers se manifesteront dans le monde occidental lui-même, pour défendre la liberté des nations contre le droit d’ingérence que s’arroge l’impérialisme occidental. Il faut mettre un terme aux prétentions impériales et à l’arrogance anglo-américaine. La Russie et la Chine, d’un commun accord, avec les soutiens concertés de l’Inde, du Brésil, du Vénezuela, de Cuba, de l’Iran, et bien d’autres doivent dire à l’endroit des chancelleries occidentales jusqu’où elles ne sauraient aller trop loin : « Stop ! Cela suffit ! Rangez vos armes missiles et avions ! Cessez d’exacerber les tensions et d’armer la rébellion ! Œuvrez enfin à la recherche d’une sortie de crise négociée avec à la clé, comme condition préalable le maintien au pouvoir de Bachar Al-Assad ! À défaut, si vous optiez pour la solution militaire, sachez que non seulement vous n’obtiendrez en aucun cas notre aval, mais qu’au demeurant nous nous réservons le droit de soutenir par tous les moyens, diplomatique, financier, économique et militaire, utiles à la résistance, du gouvernement légal et du peuple syrien à l’agression que constituerait votre action ». Voilà, Monsieur le Président, ce que vous seriez, me semble-t-il, légitimement fondé à dire et à faire pour mettre un coup d’arrêt à l’offensive occidentale, si vous ne voulez pas qu’elle vous écrase bientôt. Avec mes respectueuses salutations. Patrick Seignon. 31 MAI 2012Site Web : lavoiedessansvoix.fr.

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