LE CHANGEMENT, DU PIPEAU !Retour à la retraite à 60 ans ? Oui, mais pour 110 OOO français sur les 700 000 qui postulent à la retraite chaque année. Oui, mais avec 41 annuités de cotisations. 2 trimestres de bonification pour les mères de famille, une prise en compte partielle des périodes de chômage. Mais aussi, retour à la semaine de 5 jours à l’école, annonce de maintien de certains postes.Tout se passe comme si l’équipe au pouvoir voulait administrer au plus vite la preuve qu’elle est « bien de gauche » et que « le changement a bien eu lieu ». Bon certes, il y a les législatives qui ont été, il y a peu, calées intentionnellement derrière la présidentielle pour assurer au président élu une majorité conforme à ses engagements. C’est ce que l’on appelle « l’effet présidentiel ». Aussi, ne viendra-t-il à personne l’idée de reprocher au ministère Eyrault d’user de l’action gouvernementale comme d’un instrument de campagne.De nombreux observateurs, dans le cours de la campagne des présidentielles, avaient mis en lumière des similitudes étranges, dans les intonations la gestuelle, et que sais-je encore, entre François Hollande et François Mitterrand. En matière de calendrier, le copier/coller est flagrant. Une différence toutefois, la longueur des séquences. Ce qui avait pris deux ans à François Mitterrand ne prendra que quelques semaines à François Hollande. Mais Mitterrand avait 7 ans devant lui, avait un « passif » bien plus lourd à liquider, celui de l’Union de la Gauche, des illusions sociales d’une certaine base ouvrière encore radicalisée, et il n’était pas non plus pressé par la proximité de l’échéance électorale des législatives.À peine parvenu au pouvoir en 1981, le gouvernement Mauroy avait multiplié les mesures inspirées du programme commun pourtant caduc : abolition de la peine de mort, décentralisation, nationalisations, « relance économique », semaine de 39 heures, lois sur les libertés des travailleurs dans l’entreprise ( Auroux), 5ème semaine de congés payés, retraite à 6O ans, etc. Puis, 11 mois, moins d’un an, et ce fut « la pause dans le changement » (avril 82), à peine plus d’un an ce fut le « tournant de la « la rigueur » (juin 82) et deux ans après « l’austérité », début 1983, avec la désindexation des salaires sur les prix, la monté en force du chômage, l’apparition d’une nouvelle « catégorie sociale » : les SDF. (Vous pouvez avantageusement, sur le sujet, vous en reporter à la lecture de « Social-Bonapartisme et classe ouvrière », sur ce site.)François Hollande n’a comparativement que peu de choses à liquider, ses promesses, « un filet d’eau tiède », des « illusions populaires » ? Pas la moindre. Les premiers jours, les premières semaines du gouvernement Eyrault, sont consacrées à « réaliser les maigres promesses de campagne », à convaincre au rabais que l’on est tout de même un peu « de gauche », en tout cas différend du prédécesseur « le président anormal », que le changement a bien eu lieu, que l’on a fait tout ce que l’on a pu. Les élections législatives passées, une majorité parlementaire acquise, on en reviendra aux fondamentaux, à la gestion des « dures réalités », celles que dicte le système international de la finance.Celui-ci a déjà repris son offensive contre la « zone euro», c’est à présent l’Espagne qui est mise en « coupe réglée ».Nous avons fait campagne, durant cinq ans, contre Sarkozy l’homme dont la personnalité même faisait injure à la France et aux Français. Nous voulions qu’il soit battu, nous n’avons jamais fait campagne pour François Hollande, l’autre candidat du système. Sarkozy ou Hollande ne sont que des commis, les fondés de pouvoir du capital financier, la main droite et la main gauche de la même dictature. Non, décidément, le changement ce n’est pas pour maintenant. Tout ça, c’est du pipeau.Le changement, le vrai, ce sera quand les peuples décideront d’en finir avec le tyran de la finance internationale, de reprendre leurs destins en main, de fonder une société nouvelle sur les valeurs du travail, du partage et de la solidarité.
