LE JUSTE RETOUR DES CHOSES ? Un film est diffusé, aux USA, qui ridiculise le prophète Mahomet et insulte les musulmans, et voilà que le Moyen-Orient s’enflamme. La haine antiaméricaine ressurgit, pire qu’avant le « printemps arabe ». Les USA ont pourtant soutenu les « révoltes », « les peuples » disaient-ils, contre « les dictateurs », leurs amis d’hier. Ils envoyèrent la France devant dans l’expédition libyenne, afin de ne pas heurter les opinions arabes, se réserver « le beau rôle », « tirer les marrons du feu ». La cote d’amour de l’Amérique avait, tenté de nous convaincre les médias occidentaux, remontait dans les cœurs des peuples de cette région du monde. Un navet, et tout à coup patatras, plus rien, plus de reconnaissance pour le soutien, plus de remerciements pour les services rendus à « la révolution » ? À Tunis, l’initiatrice, où il est de notoriété publique que la diplomatie américaine joua un rôle actif dans le débarquement de Ben Ali, ils ont brûlé le drapeau américain. Au Caire où l’implication des États-Unis dans la neutralité de l’Armée et le lâchage de Moubarak par l’état-major fut pourtant si visible, ils aspirent à mettre le feu à l’ambassade « yankee ». À Benghazi, la « créature révolutionnaire » de l’occident ils tue l’ambassadeur de l’oncle Sam. Comment cela se peut-il ? Comment cela se peut-il en effet ? L’Amérique, l’alliée des révolutions arabes ? La défenderesse de « la démocratie » ? À ce que nous apprenons ce matin, les plus hautes autorités américaines ne croient pas non plus au simple effet du film. Elles craignent une vaste poussée de fièvre antiaméricaine et envoient des navires de guerre au large des côtes. Eux bien sûr cherchent des explications diaboliques du côté de leurs ennemis, Al-Qaïda ? Des groupes Salafistes indéterminés qui comploteraient contre l’Amérique. Mais la vérité ne serait-elle pas plus simple ? Ne serait-ce pas que les peuples arabes ne sont pas si dupes que cela de la grande manigance américano-israélienne dissimulée dans la burqa de la démocratie occidentale ? Ne serait-ce pas que derrière l’agitation des acteurs de terrain à la solde de l’Occident et de la monarchie Wahaabite, dissimulée par la réserve pudique des grandes masses véritables des peuples, la haine de l’Amérique ce grand Satan comploteur, loin de s’apaiser et disparaitre n’a fait que couver et croitre ? Cela se peut, car l’Amérique, en vérité l’alliée indéfectible d’Israël, tente avec la complicité des Monarchies arabes réactionnaires, et l’aide de la tribu Al Saoud de dresser une partie de l’Islam contre l’autre. Cela se peut, car l’Amérique en vérité pousse au crime, des nations arabes contre d’autres nations arabes, des musulmans contre des musulmans. Et c’est peut-être bien ce que comprennent instinctivement les peuples et qui justifie leurs débordements de colère. La diffusion d’un mauvais film n’étant à cet égard que « la goutte d’eau qui fait déborder le vase » de la patience ?
