À PROPOS DE LA CONFÉRENCE NATIONALE SUR LA PAUVRETÉ LE CYNISME COMME MÉTHODE DE GOUVERNEMENT Conférence nationale sur la pauvreté. « SUR » bien sûr, et non pas « CONTRE » comme certains l’ont écrit à tort. Le premier ministre, Jean-Marc Eyrault et le président de la République, François Hollande, ont eu pourtant eux-mêmes, récemment, à diverses occasions suscitées tout exprès, l’audace de commettre cette incongruité. Prétendre vouloir lutter contre la pauvreté. Eux les commis du capital, dont chacune des mesures et décisions (maintien de la réforme des retraites de Sarkozy, augmentation de la TVA, allègement des charges des entreprises au prétexte de compétitivité et d’allègement du coût du travail, mesures en faveur de la flexibilité du travail…….. ) ont pour objet de faire chuter le niveau des salaires et de la protection sociale, c’est-à-dire de précipiter vers la misère des cercles de plus en plus larges des masses salariées. Voudrez-t-on véritablement lutter contre la pauvreté ? Les mesures appropriées tombent sous le sens, ce seraient une véritable politique de protection mettant fin aux délocalisations et rendant à nouveau possible la création d’emplois, particulièrement industriels, la revalorisation des salaires et des pensions de retraite, un nouveau partage de la richesse « capital/travail » plus équitable, et donc une fiscalité rééquilibrée taxant plus largement les profits capitalistes. Or en la matière, il est de notoriété publique que c’est tout le contraire qu’ils font. Certes, pourrait-on nous objecter, en bons et loyaux serviteurs de leurs employeurs, les banques, la haute finance et les grands capitalistes, ces commis ne font que « leur Job ». En effet ! Gauche « ou » Droite ? Simple foutaise. Gauche « et » droite ne sont que les deux bras d’un même corps celui des gestionnaires patentés des intérêts capitalistes, et ceux-là ne craignent pas de répandre la misère et la désolation sur la planète, à seule fin de faire croitre les profits et d’accroitre la concentration capitaliste. Or, n’est-ce pas, pour le premier ministre, consacrer à l’impudence que de déclarer sans ciller : « Mon gouvernement n’accepte pas et n’acceptera jamais le cynisme…. ». N’est-ce pas même une sorte d’aveu de cynisme pleinement conscient et assumé que de vouloir se prémunir d’une accusation que l’on sait inévitable ? De telle sorte que Jean-Marc Eyrault, en la circonstance, apparait non seulement cynique, mais en plus indécent. Que nous annoncent-ils en effet ?Plus 2% pour le RSA pendant cinq ans, soit, plus 50 euros en 2017. Celui-ci passera à 485 euros en 2013.La création d’un contrat spécifique jeune, que passeront les antennes de « pôle emplois » (le mal nommé) qui proposeront aux intéressés, soit une formation soit un petit boulot rémunéré à peu près au niveau du RSA.Le relèvement du plafond de la CMEUn million d’euros consacrés « au logement » c’est-à-dire prioritairement à la création de 10 000 places d’urgences supplémentaires.Extension de la CMUAinsi, au total, affirment-ils, 1 à 2 milliards seront consacrés à la lutte contre la pauvreté. (?) Aucune de ces mesures en vérité n’a pour objets, de juguler la misère ni d’en faire sortir quiconque. Comment d’ailleurs cela se pourrait-il alors qu’en vérité on prend d’autres mesures d’austérité dont on sait pertinemment, que foin de sortir qui que ce soit de la pauvreté elles vont au contraire y précipiter des centaines de milliers d’autres. Or, ils ne redoutent pas, les ignominieux, de nommer mensongèrement cela, « mesures de lutte contre la pauvreté » quand il ne s’agit en vérité que de mesures de « gestion » et « d’entretien » de celle-ci, de maintien des pauvres dans l’indigence où ils sont, où ils les ont, eux ou leurs semblables, précipités. « Gérer » la misère endémique qui s’empare de notre société en évitant autant que faire se peut, les risques de crises d’épilepsie ou de catalepsie sociale qui pourrait en résulter. Voilà leur très mal honorable mission en cette affaire et en vérité leurs seules réelles prétentions. Ces dispositions illustrent on ne peut mieux le propos de Karl Marx et Fiedrich Engels. Ne s’agit-il pas en effet de « laisser déchoir son esclave au point de devoir le nourrir au lieu d’être nourri par lui » (voir la citation du manifeste du parti communiste de 1848, que nous avons publiée hier). Le voilà le paradoxe, brûlant hurlant de vérité. Au plus le capitalisme s’empare-t-il de toutes les sphères de l’activité humaine, plus grand est son potentiel productif et donc son aptitude théorique à satisfaire les besoins humains, et au plus, les grandes masses des peuples sont précipitées dans la misère et la précarité jusqu’à l’exclusion et l’indigence. Au plus l’humanité est-elle riche et économiquement puissante et au plus les peuples sont asservis et indigents. La sentence de l’histoire contre se système fou, découle tout entière de cette constatation et proclame, non pas le dépassement, mais au contraire l’actualité brûlante du « Manifeste communiste : « Le système capitaliste « ne peut plus régner, car il est incapable d’assurer l’existence de ses esclaves dans le cadre de son esclavage »
