LES ABO…MINABLES.

LES ABO…MINABLES. Cet homme veut sauver le produit de ce qu’il considère être les justes émoluments de son talent. Il ne s’est manifestement pas posé la question de la justification économique du niveau de sa rétribution et de ce que cela sous-tend du point de vue de la justice sociale. Ce ne sera d’ailleurs pas notre propos, nous ne la poserons pas non plus. Depardieu veut payer moins d’impôts. Soit, il va s’abriter juste derrière la frontière belge d’où il peut encore avec des longues vues, regarder nostalgique le village gaulois auquel il doit une partie du précieux contenu de sa cassette.Premier ministre en tête une bande d’alouates se lance à ses trousses, dans un concert de casseroles médiatiques, l’injurie, l’humilie, le tance. Minable Depardieu ? C’est possible. Même les plus grands ont leurs petites bassesses. Mais qui sont-ils eux qui vocifèrent, pour juger un homme et asséner des sentences ?Gérard Depardieu lui est un acteur. Le voilà certes, présentement en Arpagon, et ce n’est pas un rôle de composition. Mais Depardieu c’est aussi Cyrano, la gueule plus que le nez. Ceux que d’autre font en catimini lui le manifeste, le déclame bruyamment, comme à la scène, comme à la représentation :Les autres, bien plus nombreux quoique plus discrets, n’abritent-ils pas leurs avoirs dans des paradis fiscaux, au Luxembourg, au Liechtenstein, au Libéria ou au Qatar, ou ailleurs ?. Pour accroître leurs dividendes, satisfaire leurs appétits pantagruéliques de profits, certains même ne vont-ils pas beaucoup plus loin, jusqu’à expatrier plus que les revenus, les usines elles-mêmes et les capitaux, ne rechignant pas à précipiter dans la misère des milliers de travailleurs ?Or, tout cela est permis, autorisé, parfaitement légal ? Cette réalité bien plus spoliatrice pour la France et douloureuse pour ses ressortissants, que les manigances d’un acteur, nos gouvernants, de « Droite » hier, « auto labellisés de Gauche » à présent, ne l’avalisent-ils pas ? Plus même, par leurs discours ils la justifient, l’assument pleinement : « C’est la dure loi économique, la modernité, la mondialisation contre laquelle ils ne peuvent rien, ou seulement brimer davantage les masses salariées, le petit peuple tout entier afin d’améliorer la « compétitivité » pour figurer en bonne place parmi les lions de l’industrie, et les requins de la finance ? »Leurs imprécations contre un « petit crésus » trop célèbre n’ont-elles pas pour objet de dissimuler cette vérité ? De la sorte, n’ont-ils pas l’intention de donner à croire aux âmes simples, que prétendument « de gauche », ils entendent brimer les riches, eux qui ne sont en vérité que les serviteurs zélés du capital et de la banque ?Ils hurlent comme des chiens de meute à la curée quand passe la caravane de l’acteur honni, parce qu’adulé, mais se couchent comme des chiens apeurés et dociles devant leurs maîtres, les grands acteurs de l’économie et de la finance.Ceux-là ne sont pas seulement « minables », ils sont abominables.

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