JE SUIS CONTRE

JE SUIS CONTRECe débat dérivatif des questions de société essentielles eut mérité qu’on le dédaigne. Mais imposé par la machine médiatique on ne peut plus y échapper. Je suis de « gauche » ? Non je ne suis pas de gauche. Ce concept politique est une tromperie. Je suis « de gauche révolutionnaire », ou, pour être tout à fait précis, je suis un militant ouvrier marxiste révolutionnaire. Les libertés individuelles, je suis pour. Mais permissivité n’est pas liberté. L’homosexualité, je n’ai rien contre. Mais je suis contre le mariage « gay », contre l’adoption homoparentale et bien entendu contre la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples homosexuels.Sur la toile certaines araignées venimeuses ont déjà suggéré « que le Patrick Seignon sentait le rouge brun. Alors, je ne doute pas que cette dernière prise de position ne leur offre le loisir de s’en donner à cœur joie. C’est le sort de ceux qui osent s’insurger contre l’opinion officielle en ces temps de pensée unique. Je me battrais si les aléas de l’histoire l’exigeaient, au côté de juifs agressés pour des raisons racistes, religieuses, philosophiques ou communautaristes, mais je sais, parce que je condamne la politique de l’État d’Israël et que je combats le sionisme, que certains me classifient « antisémite » tout de même. Je serai le premier à défendre les homosexuels humiliés, insultés ou agressés, à défendre leur liberté individuelle, dont le droit aux orientations sexuelles qui leur agrée. Mais dans le temps qui cours, je sais que me voilà assimilé par certain en un sale homophobe ringard et rétrograde, parce que je me prononce contre le mariage, l’adoption et la PMA pour les homosexuels.Je ne suis pas de ceux qu’impressionnent les cris de la meute. Je suis contre et je le dis tout haut.Il y a la procréation. Ce n’est ni la faute de l’église ni celle de la société, rien à voir avec les tabous judéo-chrétiens, mais tout simplement avec le fait de nature, celui de la différenciation des sexes. Pour concevoir un enfant il faut, la rencontre d’un utérus, attribut féminin, d’un ovule sécrétion féminine et des spermatozoïdes, sécrétion masculine. De cette astuce de l’évolution qui est, soit dit en passant un outil de la sélection des espèces, découle la cellule familiale, fondée sur cette trilogie : la mère, le père et leur progéniture. Les sociétés, les religions, n’ont fait que prendre acte, légiférer ou sacraliser cette réalité. Ce n’est pas l’amour qu’encadrent les sociétés ou les religions, c’est la filiation et le projet de perpétuation de l’espèce que contractualisent deux individus qui répondent aux caractéristiques nécessaires pour honorer un tel contrat. Il va de soi que les homosexuels peuvent s’aimer autant qu’ils veulent, je leur en reconnais bien volontiers le droit absolu et je suis même disposé à me laisser émouvoir par leur tendresse, mais ils ne peuvent en aucun cas satisfaire aux exigences d’un pareil contrat.Il y a l’institution du mariage. Deux êtres, se rencontre, s’aiment, un homme et une femme, ils souhaitent avoir des enfants ensembles, ils le décident librement, entre eux, sans l’intercession d’aucunes autorité civile ou religieuse. Ils le décident librement parce qu’ils en ont les aptitudes physiques que leur confèrent leurs conformations respectives. Cette réalité libre, les religions d’abord, parce qu’elles étaient l’autorité sociale du temps, les autorités civiles ensuite, ont jugé bon de l’encadrer sous la forme d’un sacre ou d’un contrat. On aurait pu tout aussi bien s’en passer. Le mariage n’est pas « une liberté », s’en est même le contraire. C’est l’aliénation des destins de deux individus. Dans la tradition socialiste, révolutionnaire, anarchiste, et même pour une part républicaine, le mariage a plutôt une image de contrainte sociale. La liberté c’est l’amour libre. Alors, il faut à cet aune juger du chemin parcouru dans la régression des idées sociales quand l’institution coercitive du mariage devient une prétendue liberté revendiquée par les homosexuels, et quand ceux qui s’inscrivent en faux se font traiter de « ringards » et de « liberticides »Il y a les pratiques sexuelles. Elles sont du domaine de la vie privée et des individus. Elles doivent être libres et tolérées pour autant qu’elles ne constituent pas des agressions contre autrui. Il n’appartient pas, ni à la religion ni aux autorités civiles d’interférer dans celles-ci. Or le mariage de deux personnes de même sexe est à l’évidence une intrusion dans un domaine réservé de la vie privée des individus puisque celui-ci est fondé non sur la procréation et le projet familial, mais sur le particularisme des pratiques sexuelles des époux ici pressentis. Il est donc d’une certaine façon discriminatoire et contraire à tous les fondements de notre droit.Mais n’est-ce pas précisément pour cela, à cause de cela, que les porteurs du projet de loi ont voulu associer « le mariage gay avec la question de l’homoparentalité » ? Les homosexuels, quel que soit leur statut dans leur couple sont physiquement des mâles et à se titre apte à se reproduire. Les lesbiennes, quand bien même elles préfèrent la compagnie de leurs sœurs à celle des garçons, n’en sont pas moins des femmes, avec dans la plupart des cas, toutes les aptitudes à procréer. Quand un homo ou une Lesbienne sont parents par les voies de la nature, c’est qu’ils ont eu des rapports sexuels avec un individu de sexe opposé. Le papa ou la maman du nouveau-né sont en ce cas la mère naturelle ou le mâle reproducteur, ce ne sont pas les conjoints de leur parent homosexuel. Et il convient que cette filiation soit pleinement assumée.Quant à l’adoption et à la PMA, ne sont-ce pas des fuites en avant pour donner dans le « concept aberrant d’homoparentalité » un fondement familial au mariage gay, pendant du projet familial que fonde le mariage traditionnel ?Des célibataires peuvent adopter des enfants. Pourquoi pas des homosexuels ? Mais non en leur qualité d’homosexuels, à quoi les autorités civiles n’ont théoriquement rien à voir et rien à dire, mais en tant qu’homme ou femme ayant les qualités et aptitudes requises pour élever, éduquer un enfant et le préparer à son a venir d’adulte. L’adoption d’enfant, par des homosexuels, n’a pas plus à être proscrite que prescrite. Il y a déjà des enfants d’homosexuels, ceux que ceux-ci ont engendrés par les voies de nature et dont nul ne saurait leur contester « la parentalité ». Mais celle-ci nous l’avons dit relève de l’exercice de leur sexualité fondamentale et non de leurs orientations particulières. L’adoption dans le cadre que nous venons de définir relève du droit général et ne saurait se fonder sur aucune spécificité particulière des pratiques sexuelles des candidats à l’adoption.Reste la PMA, « Procréation médicalement assistée ». L’éthique commande que celle-ci, qui ne relève nullement de la liberté individuelle, mais de l’intervention des autorités sociales et sanitaires, soit réservée aux couples ayant formé par leur union un projet familial, et dont l’altération des aptitudes physiques de l’un ou l’autre empêche d’accéder aux joies de la parentalité. Le choix de ne pas procréer par les voies de la nature appartient à chacun, mais il ne saurait être présenté comme une altération des aptitudes physiques à la procréation ouvrant droit à l’assistance médicale. Pire même, l’ouverture d’un tel droit renvoyant à une approche « médicale » de l’homosexualité ne risque-t-elle pas de poser les bases « scientistes » d’une nouvelle homophobie ? Ce qui est vrai de l’accès des lesbiennes à « l’insémination artificielle », est pire encore dans le cas des « homos mâles» devant faire appel aux « ventres à louer » c’est-à-dire à la marchandisation du corps humain et des enfants. Pareille option représenterait une dérive grave pour nos sociétés conduisant à leur déstructuration, à la perte de tous les repères et à et leur putréfaction morale.Quelqu’un que j’apprécie, fâché de ma position, m’a conseillé hier de lire, dans le nouvel observateur », l’article de Boris Cyrulnik pour lequel j’affiche couramment quelque estime « Tout enfant a besoin d’une niche affective pour ne pas mourir, mais cette enveloppe est structuré de manière différente selon la culture et les accidents de la vie ».La culture a des fondements dans la réalité des rapports humains eux-mêmes sous-tendus par des réalités physiques, physiologiques et économiques. Sortie de ces cadres elle n’est plus culture, mais décadence. Quant aux accidents de la vie, ils sont bien assez nombreux, produits des contingences, sans que le législateur s’emploie à en inventer d’autres. Vous voyez, l’ai lu et, désolé, je maintien, je ne suis pas d’accord. Mais un autre article suivait, celui du prophète de la résilience, une interview de Sylviane Agacinski, philosophe, identifiée à « gauche ». « le mariage gay ne peut donc pas construire la filiation ». « être mère ou père dépend du sexe, non de l’orientation sexuelle. Nombre d’homosexuels ont d’ailleurs des enfants depuis toujours, avec un ou une partenaire de l’autre sexe. En excluant à priori de la filiation soit le père soit la mère, l’homoparentalité créerait une inégalité institutionnelle entre les enfants ». Et là j’ai partagé.Nos sociétés modernes sont de plus en plus coercitives et liberticides. Elles s’efforcent d’occulter cette réalité par une permissivité débridée. C’est de ce stratagème que relève la loi en préparation sur le « mariage pour tous », dont le nom même ressemble à une douce plaisanterie. Depuis l’avant-scène on amuse la galerie avec ces gesticulations, on se prétend « de gauche » et les défenseurs jaloux des libertés, alors que dans la cour et le jardin, on fait la pire besogne de droite, on trucide les libertés réelles et l’on asservit le peuple indigent. Si elle est adoptée, cette loi contribuera à déstructurer un peu plus notre société, mais elle n’y introduira pas le moindre iota de liberté ou de bonheur supplémentaire. Le problème de la liberté est ailleurs, dans l’injustice sociale et dans l’asservissement du travail salarié.

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