LE DÉSASTRE ANNONCÉ DE LA DIPLOMATIE FRANÇAISE.Hallucinant.François hollande « la France », veut armer la rébellion syrienne, il veut même convaincre l’Europe de se joindre à lui et à cet effet il milite à présent pour la levée de l’Embargo sur les armes que l’Europe, la France toute la première, a elle-même instauré il y a peu encore. Plus fort même, si l’Europe ne suit pas, alors la France et l’Angleterre, foulant au pied leur propre légalité, livreront des armes malgré l’embargo.Un mot sur « la légalité internationale »Cette affaire le prouve crument, la légalité internationale (c’est quoi ce machin ?), on devrait dire « les légalités », car tous les pays ou groupes de pays n’adhèrent pas à la même, ce ne sont que des règles que certains s’imposent à eux-mêmes et voudraient imposer aux autres, en fonction de leurs intérêts du moment bien sentis. L’objet étant de couvrir d’un vernis « légal » ce qui n’est qu’agression, immixtion, volonté de domination et de pillage. Et l’on voit, avec cette intervention cynique de François Hollande au Conseil européen, comment ces prétendues « règles légales » sont interchangeables en fonction des contingences et de la politique du moment.ImpasseMais pourquoi donc le président de la République veut-il armer la rébellion Syrienne ? Que l’on se souvienne depuis presque deux ans, combien de fois les responsables des politiques internationales, américaines, anglaises ou françaises, israéliennes, qatari, saoudiennes aussi, et les dirigeants de la ligue arabe ou de l’OTAN, ont annoncé les dernières heures du régime baasiste syrien, ou carrément intimé l’ordre à Bachar al Assad, de quitter le pouvoir.. Dès le 1er juin 2012, François Hollande à peine investi n’exigeait-il pas le départ du pouvoir de Bachar Al Assad, et n’a-t-il pas réitéré depuis, vingt fois au moins la même exigence ? En ce temps-là le Qatar et l’Arabie Saoudite pressaient « la communauté internationale » (c’est-à-dire le clan impérialiste occidental) d’intervenir. La Turquie membre de l’OTAN se mettait sur le pied de guerre, Washington dépêchait des missiles sur la frontière turco-syrienne. Israël y allait de son agression militaire. Or, Bachar al Assad tiens bon, garde le contrôle militaire du pays, l’appui d’une partie importante de la population, et le soutien toujours aussi ferme et déterminé de la Russie, de la Chine et de l’Iran.. Dans le même temps l’opposition armée à maintes reprises et de diverses façons a « tombé le masque », elle est apparue de plus en plus, comme étant l’émanation, non d’une insurrection populaire, mais de groupes activistes armés, surtout animés par des puissances étrangères, arabes ou occidentales, motivées non pas par « l’idéal occidental » de la démocratie, mais par ceux du « jihad » et de la « charia ». Dans ce pays multiconfessionnel, où l’état était le garant de la liberté et de la sécurité des cultes, elle s’est aliéné une partie grandissante de l’opinion intérieure et même occidentale.Fuite en avantDurant de longs mois, les diplomates occidentaux pensèrent par mille ruses ou pressions de toutes sortes (diplomatiques, morales, économiques, politiques intérieures, déstabilisation, chantages, etc.) pouvoir faire céder la Russie et la Chine, ou parvenir à les duper une nouvelle fois comme ils l’avaient fait avec la résolution 1973 du conseil de sécurité de l’ONU sur la Libye. Mais cette fois la Russie et la Chine n’ont rien cédé. La Russie en continuant de fournir en arme le régime syrien, La Chine en envoyant un navire de guerre mettre à l’ancre dans le port de Tartous. Cela signifiait clairement qu’une attaque occidentale contre la Syrie serait une agression contre la Russie et la Chine. Tests de pénétration de l’espace aérien de la Syrie et des capacités de sa défense antiaériennes, gesticulations diverses, les Occidentaux ont fini par acquérir la conviction que la Russie et la Chine ne « rigolaient » pas. Que ces puissances étaient parvenues à la conviction qu’elles avaient assez reculé jusque-là et qu’elles ne devaient plus reculer. Alors, tout doucement, par touches, pour ne pas perdre la face, au fil des semaines, Qatari et Saoudiens en premiers, Américains à la suite, France et Angleterre en dernier, enclenchèrent le decrescendo de leurs discours bellicistes. On entendit moins de bruits de bottes, parler moins de la nécessité ou de l’imminence d’une intervention militaire directe. Le camp occidental fit profil bas en quelque sorte. Cela ne veut pas dire qu’il est prêt à jeter l’éponge. Le pitbull sanglant de l’impérialisme a saisi sa proie, à défaut de pouvoir l’achever il veut persister à lui nuire.C’est que la France, en cette affaire, a été bien imprudente. Elle est allée bien loin en reconnaissant le CNS, en vérité sa propre créature, comme seul représentant légal du peuple syrien. Elle s’est de la sorte coupé tout chemin de retraite. De telle sorte que la défaite du CNS et le maintient de Bachar al Assad au pouvoir en Syrie, équivaudrait à un désastre diplomatique pour celle-ci. Et puis, n’at-elle pas encouragé cette rébellion armée dans son jusqu’au-boutisme, refusant toute perspective de sortie de crise négociée avec le régime. À ce titre ne porte-t-elle pas une lourde responsabilité dans le terrible bilan humain de cette aventure, et dans l’impasse où se trouve la rébellion ? A l’heure où la perspective d’un secours militaire occidental s’éloigne, peut-elle aussi lui refuser des armes ? S’étant aliéné le régime en place, s’aliénerait-elle aussi la rébellion, qui se considérerait trahie après avoir été envoyée « au casse-pipes». ? Dans cette affaire, la diplomatie française joue son va-tout. Sauver la face, se tirer de ce mauvais pas, entretenir le feu de la guerre en Syrie pour attendre, en espérant un retournement de conjoncture voilà ce qui explique et justifie la fuite en avant criminelle de François Hollande.
