FRANÇOIS CONTRE FRANÇOISÀ propos de la guerre civile en Syrie.En ce début de printemps 2013, on entend de moins en moins parler « du fameux printemps arabe », de la belle et populaire subversion démocratique des peuples et des « secours » que les « démocraties ainées d’occident » brûlaient d’apporter à leurs petites sœurs nouvelles nées. Les voix du sang, de la haine, du communautarisme s’expriment aux lieues et places de celles des peuples mobilisés contre la tyrannie. Les insurrections populaires qui faisaient s’effondrer les régimes « honnis » comme des châteaux de cartes ont laissé place aux voies du terrorisme de la guerre civile prolongée. C’est donc en Syrie que « le prétendu printemps arabe »se sera définitivement dévoilé, montrant son vrai visage, celui des menées subversives de l’impérialisme occidental supplée par ses alliés régionaux, Saoudiens et Qatari.Peut-être pas pour toujours, mais au moins dans le contexte actuel, les uns et les autres, puissances occidentales et leurs alliés, paraissent avoir renoncé à l’idée d’une intervention directe en Syrie comme ce fut le cas en Libye. Pour autant leurs menées subversives ne s’arrêtent pas là. Ils continuent de financer, armer, encadrer, former, apporter leur soutien logistique et en renseignement à la « cinquième colonne » des djihadistes de terrain. C’est à « cette grand-œuvre humanitaire là » que François Hollande entend apporter, en armes, la contribution ouverte de la France et de l’Europe si possible.Et pour un peu, ils se plaindraient (voir « Le Figaro » du 1er avril) que le régime syrien agressé fasse lui aussi appel à l’aide de ses alliés régionaux, l’Iran et le Hezbollah libanais. On l’a compris, à défaut d’une intervention militaire extérieure et massive, l’Occident et ses alliés arabes jouent à présent la carte de la guerre d’usure et de l’internationalisation du conflit.C’est dans ce contexte que le Pape François 1er, nouvellement promu à la tête de l’Église romaine, vient de se prononcer clairement à l’occasion des fêtes de la pâque chrétienne, « pour une solution politique » de la crise syrienne. Clairement, c’est-à-dire qu’il n’a pas usé de ses phrases creuses, si familières aux hommes en blanc, sur « le retour nécessaire de la paix », ou tout autre que chacun peut interpréter à l’aune de ses intérêts. Non, il a, lors de son « premier message pascal » milité pour la recherche d’une solution politique.Or cela n’est pas anecdotique. « La solution politique », c’est ce que proposent depuis plus d’un an, Bachar Al Assad et ses alliés Russes et Chinois et Iraniens. Non bien sûr, cela ne signifie en rien que le pape de l’église d’Occident ce soit rallier aux « puissances asiatiques ». Mais le pape est mû par les nécessités de la sauvegarde « des communautés chrétiennes du Moyen-Orient » en tout premier lieu, bien sûr, Syriennes et Libanaises, les premières menacées, mais aussi Palestiniennes ou Égyptiennes qui ne manqueraient pas de subir les contre coup de l’effondrement de l’équilibre communautaire en Syrie et au Liban.Alors oui, le Pape s’inscrit en faux, c’est ce qu’il faut comprendre, contre la stratégie occidentale de déstabilisation de la Syrie. Et chacun le sait à présent, ce n’est pas au nombre de « ses divisions » que l’on évalue la puissance du chef de l’église. Si son plaidoyer, on le conçoit, n’impressionnera guère l’Arabie Saoudite et le Qatar, les alliés musulmans sunnites de l’Occident, les USA et la France, « sa chargée de pouvoir », ne pourront guère ignorer cette voix.Ce n’est donc pas une bonne nouvelle pour François Hollande et la diplomatie française, dont nous avons annoncé le désastre, que cette prise de position du Pape.
