LE COMPTE DE CAHUZAC SERAIT-IL UN LEURRE ?(Petit additif à l’article « LE MAITRE SCANDALE » paru le 4 avril).Nous avions écrit : « Mais Jérôme Cahuzac, lui n’était qu’un petit chirurgien de province, « un petit intelligent qui n’a même pas fait l’ENA », qui n’en est pas moins apte à occuper un des ministères régaliens de la république, mais qui se révèle tout à coup assez bête pour posséder un compte mal secret et tellement repérable, parce qu’il n’est pas encore assez riche ou n’a pas assez fraudé pour s’offrir les services des meilleurs courtiers de la haute finance. »Il semblerait que ce ne soit pas le cas. Certes, l’idée nous avait effleurés que la somme révélée, 600 000 euros, était bien dérisoire pour expliquer qu’un homme sain d’esprit se soit mis dans un tel embarras. Mais à défaut d’autres informations ou éléments d’analyse nous nous en étions tenu à elle et avions fait les déductions logiques qui en résultent : assez riche pour mettre de l’argent « à gauche » (elle est bien bonne celle-là), Jérôme Cahuzac ne l’était pas pour s’offrir des services de qualité apte à le mettre à l’abri des curieux.Mais, nous avons entendu, hier matin, sur « France inter » les analyses et commentaires d’Antoine Peillon, grand reporter au journal « La croix » auteur d’un livre intitulé « Ces 600 milliards qui manquent à la France » . Celui-ci notait que Jérôme Cahuzac avait un conseiller financier à Paris, les services de la Banque suisse UBS, et que le compte incriminé avait été transféré à Singapour. Cela induit des frais considérables, on ne fait pas de telles manipulations pour 600 000 euros. « Le ticket d’entrée pour des services de cette nature est au moins à 10 millions d’euros. » Il pourrait se faire donc que le compte à 600 000 euros ne soit en vérité qu’un leurre à l’usage des lévriers des services fiscaux et judiciaires français partis fouiller à Singapour, alors que l’objet réel du délit, bien plus conséquent, serait parti lui aux îles Vierges, ou au Qatar, pourquoi pas. Les aveux tardifs de Jérôme Cahuzac s’expliqueraient alors, pas seulement par l’impossibilité de nier davantage, mais par la volonté aussi de fixer les enquêteurs sur cette piste livrée en pâture dans l’espoir que leur curiosité ainsi satisfaite, ils n’aillent pas mettre leur nez ailleurs.
