NE DONNEZ PAS UN BÂTON POUR VOUS FAIRE BATTRE.

NE DONNEZ PAS UN BÂTON POUR VOUS FAIRE BATTRE.UN HOMME EST MORT. Nous souhaitons que les agresseurs du jeune Clément Méric soient rapidement arrêtés et déférés devant les tribunaux. Nous appelons sur eux la lourde main de la justice. Un meurtre a été commis dans un déchainement de violence démesurée, nous nous réjouirons quand les auteurs de cet acte odieux seront condamnés à une incarcération suffisamment longue et sévère.Pourtant, nous ne mêlerons pas notre voix au concert unanimiste qui réclame à cors et à cris, la dissolution, selon les écoles, de tous les groupes fascistes, néonazis, ou « radicaux d’extrêmes droites »Le gouvernement, Manuels Valls, s’inquiète d’une radicalisation de la société, comme ils disent en termes voilés. Ce qu’ils redoutent en clair et veulent anticiper, c’est une explosion sociale. L’idée de dissolution de certains groupes de l’extrême droite radicale avait précédé de longtemps la mort de Clément Méric. Elle avait été avancée déjà durant la mobilisation de l’opposition au mariage gay, prenant prétexte alors du recours à quelques initiatives radicales. L’évènement que constitue la mort d’un jeune homme tombe à pic qui fournit au gouvernement le prétexte idéal pour passer de la parole aux actes. Ce qu’il vise, c’est à se munir d’un arsenal législatif lui permettant de faire face à la situation d’un nouveau « printemps français » voire européen.Aujourd’hui, dissolution de « groupe d’extrêmes droites », et demain « dissolution de groupes d’extrême gauche », dissolution d’unions syndicales s’étant rendues coupables d’actes violents ou ayant simplement accompagnés ou couvert des travailleurs révoltés, dissolution de « lutte ouvrière », du « NPA », du « Parti de gauche » lui-même, s’ils s’avisent de soutenir ou de déclarer leurs solidarités avec les salariés en colères, ou simplement si leurs propos, leurs orientations politiques sont jugés comme participant de la « radicalisation » et encourageant, ou excusant, la violence populaire.FANTASME ? Regardez autour de vous, écoutez. N’a-t-on pas déjà depuis longtemps à l’UMP, l’habitude de placer le « Front de gauche » et le « Front national » sur un pied d’égalité, considérant que la proximité du PS avec le front de gauche est de même nature que les passerelles entre l’UMP et le FN. Jean-François Copé n’a-t-il pas réclamé, précisément à propos de la mort de Clément Méric, la dissolution des groupuscules « d’extrême droite comme d’extrême gauche » dont la « seule expression est la violence », PARIS (AFP) – A la suite de quoi le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a appelé jeudi à se garder des « amalgames » entre extrême droite et extrême gauche, « Ce n’est pas le moment, a-t-il dit, de faire des amalgames. » Ne faut-il pas décrypter là un sous-entendu : on fera les amalgames quand le temps en sera venu.La dissolution des deux extrêmes, ceux qui font le salut fasciste et ceux qui combattent le fascisme, n’est-ce pas ce qu’avait fait en 1973 Raymond Marcelin, alors ministre de l’Intérieur de Georges Pompidou, qui avait dissous « la Ligue communiste» en même temps qu’‘Ordre nouveau », au lendemain des affrontements de la rue Monge ? Les extrêmes comme ils disent, les antipodes, ne se rejoignent-ils pas dans la tête malade de ses tordus de « la démocratie » ? Un philosophe entendu avant hier au journal de la mi-journée sur France 2 ne disait-il pas que : « les positionnements politiques de Mélenchon ont eu pour effet de faire ressurgir le face à face « gaucho facho ». On voit dans cette réflexion les prémisses de la glissade possible. QU’ALLEZ-VOUS FAIRE DANS CETTE GALÈRE ? Alors, il est légitime de s’interroger. Que viennent faire dans ce concert liberticide les voix de Jean-Luc Mélenchon, du parti de gauche ou du parti communiste ?Il y a quelques semaines à peine, ceux-ci soutenaient un projet de loi d’amnistie pour des travailleurs et syndicalistes accusés de « violence ». François Hollande les a taclés d’une fin de non-recevoir au prétexte précisément qu’il ne fallait pas encourager le recours à la violence dans un climat social dégradé. Étrange suite dans les idées. Violence populaire (en réaction à la violence sociale), ou violence de « groupes d’extrême droite », pour les va-t-en-guerre du gouvernement, ce n’est que de la violence en général, qu’il se doit de combattre. Comment, Jean-Luc Mélenchon et ses amis politiques, mais aussi un tas d’autres groupes et militants antifascistes ou de gauche, révolutionnaire, ne voient-ils pas qu’en se faisant les plus ardents militants de la « dissolution » des groupes d’extrême droite radicaux » ils mettent en vérité le doigt dans une machinerie qui demain les broiera eux même ? Mais au-delà même de la simple question de l’arsenal juridique et « moral » en gestation, il y a un pire danger à ce positionnement, et celui-là est d’ordre politique. Car, c’est bien entendu « aux valeurs républicaines » contre « les ennemis de la démocratie », à l’union nationale contre la radicalisation sociale et les dérives violentes, que le gouvernement en appelle. Les « démocrates, nous disent-ils, doivent se serrer les coudes ». Mais cela est un piège. Le plus grossier et le plus dangereux pour l’opposition de gauche au gouvernement socialiste. Dans le cours même des élections présidentielles de 2012 et maintes fois après, nous n’avons eu de cesse de le répéter, il faut une véritable opposition de gauche au gouvernement « socialiste. Il faut faire renaitre l’espoir dans une issue possible, dans une alternative nécessaire.Or, en appelant à la dissolution des groupes d’extrême droite, c’est au « gouvernement de gauche » à la plus haute autorité de « la République » qu’on en réfère. C’est dire qu’on lui reconnait les qualités d’arbitre et de garant de « la paix sociale », qu’on l’investit de la responsabilité de mener, en lieu et place des citoyens, ce combat contre le fascisme. De la sorte, on ne fait que brouiller les cartes, restaurer l’idée d’une communauté d’intérêts entre « la gauche » et nous. On s’annule comme opposition et alternative politique crédible, l’on ouvre ainsi tout grand l’espace politique à l’ascension redouté du Front national.8 juin 2013.

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