NOUS N’AURONS PAS UN REGRET, PAS UNE LARME POUR FEUE PIERRE MAUROYNous l’avions déjà surpris dans le passé, cela se confirme, Martine Aubry manque du discernement qui fait un grand homme politique. Encore une fois elle s’est loupée. « Pierre Mauroy incarnait un socialisme populaire », « un géant » a-t-elle dit. Bien entendu les « médias cireurs de pompes » se sont emparés de la formule dithyrambique. Elle a été plusieurs fois répétée depuis. Nous gageons qu’elle le sera maintes fois encore dans les jours qui viennent, au moins jusqu’à l’apothéose qui lui sera faite aux Invalides. Pierre Mauroy un géant ? Comme Gulliver, il ne fut en vérité géant que pour des lilliputiens.« Un socialisme populaire », ah bon, parce que Socialisme peut rimer parfois avec autre chose que populaire. Le socialisme c’est la vision « sociale » de la société, peut-il être autrement que populaire ? S’il est besoin qu’un homme politique incarne « le socialisme populaire » alors c’est que le socialisme dans son essence ne l’est plus, n’est plus qu’une grande duperie pour les peuples, et que l’homme qui s’efforce d’incarner le socialisme populaire n’est que l’attelage technique qui permet en le dupant encore d’accrocher le wagon du peuple à la locomotive de la grande arnaque.Nous avions en France, jusqu’aux années 80, une classe ouvrière et des couches salariées mobilisées, prêtes à défendre leurs acquis bec et ongles, attachée aux idéaux de solidarité sociale, à l’espérance d’une transformation socialiste de la société. Sous la direction de François Mitterrand et de son premier Premier-Ministre, Pierre Mauroy, tous les piliers identitaires de la culture de « de la gauche de transformation sociale » ont été discrédités, liquidées, vidées de sens, ridiculisés. C’est sous le ministère de Pierre Mauroy que fut opérée la « désindexation des salaires » sur les prix, que furent liquidés ou affaiblis quelques bastions ouvriers : la sidérurgie, l’automobile, les derniers charbonnages. C’est sous le ministère Mauroy que la « relance » fut vidée de tout sens opérationnel, que les « nationalisations » furent tournées en ridicule, que les syndicats furent mis en laisse, que la flamme de l’espérance, elle-même, fut éteinte et insultée. C’est sous le ministère de Pierre Mauroy que les premiers bataillons de l’électorat populaire détachés du parti communiste et le l’idéal socialiste véritable, se tournèrent vers le « vote Le Pen ».Et quand enfin la voie fut ainsi déblayée des « tabous » de la « gauche marxisante » qui l’encombrait, c’est encore sous le ministère de Pierre Mauroy que fut inauguré le nouveau cours « thatchérien » de la politique économique de la France.Sous des airs patelins, et bonshommes, masqué dans les oripeaux du « socialisme de papa », Pierre Mauroy était en vérité, sinon des pires, en tout cas un des plus dangereux ennemis de la classe ouvrière et des classes populaires. Il leur fut, de fait, particulièrement nuisible.Fidèle en ce qui la concerne, au programme de la transformation sociale et à l’espérance en une société nouvelle centrée sur la valeur travail et les idéaux de partage et de solidarité, « La voie des sans voix » n’honorera pas la mémoire du défunt qui les a tant salis. 9 juin 2013.
