MA « LETTRE À ÉLISE »

MA « LETTRE À ÉLISE »Vous ne le savez peut-être pas madame, mais nous ne sommes guère prodigues en satisfécits. N’allez pas croire toutefois que la raison en soit les prédispositions bougonnes d’un vieillard acariâtre. Cela témoigne plutôt de notre aptitude toujours renouvelée à l’indignation et à la révolte qui est un attribut de la jeunesse. « La révolution, c’est la jeunesse du monde ». Or, ce monde précisément a besoin d’une bonne cure de rajeunissement, d’un grand lifting. En l’état, le monde de l’argent roi, du libéralisme économique débridé, de la mondialisation de la pensée unique, nous offres beaucoup plus de raisons de nous indigner qu’il nous en propose de nous réjouir. C’est pourquoi nous sommes tellement ravis de vous faire part de notre satisfaction, quand une rare occasion nous en est offerte. C’était mardi soir, 10 juin 2013, et c’est vous Élise Lucet qui nous avait procuré cette joie.Dans votre « Magasine »,« Cash investigation » diffusé sur « France 2 », sur le thème, ce soir-là, du « .scandale de l’évasion fiscale : révélations sur les milliards qui nous manquent. » Vous ne vous êtes pas limitée à faire un état des lieux de « l’évasion fiscale », à vilipender les mauvais citoyens qui veulent échapper à l’impôt. Vous avez montré qu’il s’agit, plus que du réflexe individuel de quelques Harpagons qui ne veulent pas qu’on touche à leur cassette, d’un système « mondialisé » bien rôdé et bien huilé, bénéficiant de la complicité des gouvernements, pour le plus grand profit des grandes fortunes de la planète. Non pas seulement la précaution de contribuables aisés qui met leur magot à « l’abri » mais d’un système au service des grandes multinationales et autres entreprises à filiales multiples. L’organisation d’une évasion fiscale à la source même du profit qu’ils appellent l’optimisation fiscale. L’évasion, la fraude, en réalité, le VOL comme l’a justement dit Édouard Martin (ancien délégué syndical d’Arcelor-Mittal), Or, ce vol, pourtant plusieurs milliards d’euros, tout est relatif, n’est que larcin, si on le compare, à l’aune de sa nocivité sociale, au brigandage qu’est la « mondialisation » économique. Nous l’avons déjà dit. Nous le répétons. Nous ne le répéterons jamais assez. La fraude fiscale porte sur les bénéfices réalisés et grève les recettes budgétaires des États. Mais avant elle, en amont dans le processus économique, il y a le système de la libre circulation des capitaux qui permet d’exploiter sans vergogne des mains d’œuvres fragilisées et à bas prix n’importe où dans le monde. Avant que ne se pose la question de « l’optimisation fiscale », ne convient-il pas de poser cette question préalable de l’optimisation de l’exploitation des travailleurs ? Par toutes les faces de sa réalité, ce modèle économique mondialisé, ce « stade suprême de l’impérialisme » est nuisible à tous.Il est dommageable aux travailleurs surexploités, aux laissés pour compte, aux peuples avilis, aux nations abaissées, à l’environnement instrumentalisé et souillé, à la planète mutilée. Il n’y a jamais eu de plus vaste ni grand scandale à l’échelle de toute l’humanité. Optimiser les marges bénéficiaires et les taux de profits pour servir des dividendes de plus en plus colossaux, tel est le moteur et l’auto justification de ce système fou. Or cela, par son étendue, ses conséquences, les sommes en jeu, ne constitue-t-il pas un vol et une agression, contre les peuples et les nations, bien des fois plus grands et plus généralisés que n’est l’évasion fiscale ?Or, ce système aussi, et même plus que celui de l’optimisation fiscale, bénéficie de la complicité active de la quasi-totalité des gouvernements de la planète, qui l’ont d’ailleurs, sous l’impulsion initiale du couple infernal Thatcher Reagan, érigé en doctrine et en dogme.« The market globalisation » ? Oui, tout cela se résume à peu de chose en vérité, l’optimisation des méthodes de « l’appropriation capitaliste ». Une histoire de « brigandage international généralisé ». La mise en coupe réglée de la planète des nations et des peuples pour le profit d’un petit nombre d’accapareurs insatiables.Alors Élise, je vous en conjure, faite nous encore un petit, ou plutôt grand plaisir, à quand la grande émission où vous décortiquerez les mécanismes de ce système criminel d’accaparement capitaliste et dénoncerez toute sa nuisance ? 12 juin 2013.

Please follow and like us:
0
Tweet 20
Pin Share20

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

YouTube
LinkedIn
Share
Instagram
Retour en haut