« IL CAPO DI TUTTI CAPI » Stéphane Richard, actuel PDG d’Orange et ancien directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo puis de Christine Lagarde à Bercy (ministère des Finances), a été mis en examen le mercredi 12 juin par le Procureur au chef « d’escroquerie en bande organisée ». Cette mise en examen survient après celle, le 29 mai, au même motif, de Pierre Estoup, l’un des 3 juges du tribunal arbitral qui avait graissé les pattes à Bernard Tapie. Visant des grands courtiers de l’État dans l’exercice de leur mission, la qualification d’escroquerie en bande organisée, est une première judiciaire effarante. Songez, la « bande » ainsi désignée n’est rien moins qu’une cellule de l’État, et quelle cellule ? La plus élevée, celle de l’Élysée, la garde rapprochée du Président de la République de l’époque.Dès lors, un non-dit nous agace. La question qui se pose, ou plutôt qui ne se pose pas, car la réponse va de soi, c’est : qui était le chef de bande » ? Afin de nous amuser un peu, posons-la, tout de même cette fameuse question. Déroulons le fil par le bout que nous tenons. Qui sont les membres de la bande ? Deux ont été clairement identifiés Stéphane Richard, et le secrétaire général de l’Élysée, plus tard ministre de l’Intérieur, Claude Guéant. D’autres sont nécessairement plus ou moins impliqués dans leur activité : Patrick Quart conseiller « justice du président de la République, François Pérol, secrétaire général adjoint de l’Élysée, Christine Lagarde ancien ministre de l’Économie et actuelle directrice du FMI. La suite de l’instruction nous dira peut-être lesquels d’entre ceux-là doivent être comptés au nombre des membres de « la bande ». Quel est le repère depuis lequel, semble-t-il, officiait cette « bande d’escrocs » ? Le palais de l’Élysée, résidence de la présidence de la République. Qui, régnait en maitre sur le palais ? Le président de la République pour sur, Nicolas Sarkozy lui-même. Claude Cuéant et Stéphane Richard, jusqu’ici désignés, ne sont que fifre et « sous fifre » « des seconds et troisièmes couteaux », de simples « secrétaires ». La boucle est bouclée, il n’y a guère de place pour le doute, tout porte à croire que le chef de bande que l’on cherche cumulait l’état de chef de bande avec un autre titre de chef d’État.Jusqu’ici, vu de l’extérieur, mais l’interprétation peut-être fausse, il apparait que les juges cherchent à établir surtout les preuves de la collusion et de l’escroquerie, ainsi que les « mobiles » ayant conduits « des gens aussi respectables » a commettre un tel forfait contre la République et les deniers publics. Il peut certes y en avoir de plusieurs sortes, « amitiés », « remerciements pour services rendus», etc. Mais dans ce genre d’affaires, il y a un « moteur » qui de toute façon n’est jamais absent. Le fric lui-même, l’appât du gain. Il ne peut exister à la surface du globe, un seul « taré » suffisamment ramolli du cerveau pour imaginer que, ceux qui ont servi Bernard Tapie l’ont fait à titre gratuit, pour « ses beaux yeux », ou simplement séduits par sa gouaille. Le bénéficiaire de leurs largesses les a probablement « rétribués » ou pour le moins, grassement remerciés. Même si d’autres raisons ont interféré ou pesées sur l’arbitrage et les divers acteurs en amont et en aval de celui-ci, c’est la « rétribution » du service rendu, les « rétrocomissions » si vous voulez, les « pots de vin» quoi, pour parler un français plus imagé, qui a emporté les décisions aux divers niveaux de l’affaire. Il conviendrait donc de chercher, nous semble-t-il, les traces de ces transactions que le bon sens subodore, les preuves d’un « enrichissement personnel », direct ou différé, et de poursuivre les éventuels coupables sous le chef de « recel d’escroquerie ».19 juin 2013.
