L’ERRANCE INITIATIQUE D’OBAMA EN AFRIQUE DU SUD.Nelson Mandela est chaud encore et déjà des vautours, qui rôdent autour de son lit d’hôpital, lorgnant sa dépouille morale. Barak Obama en visite d’État en Afrique du Sud, voulait profiter de « l’aubaine » pour recueillir lui-même le dernier souffle du grand homme. Pensez un peu la belle pub, le scoop du siècle, le premier président noir des États-Unis d’Amérique, prix Nobel de la paix, confident des dernières paroles du premier président noir d’Afrique du Sud, lui-même prix Nobel de la paix. Manière à peu de frais, pour le président américain de redorer son blason terni, de « renoircir » quelque peu sa « négritude » délavée par le statut de chef de file de l’impérialisme occidental. Être là à son chevet, aux derniers instants sur terre de « Madiba » et donner l’illusion au monde et à l’Afrique que c’est à lui, Barak Obama, que le grand homme a remis son âme et passé le relais. Nelson Mandela qui a toujours été infiniment attentif à la valeur symbolique de ses actes, prises de position et engagements, n’a pas voulu faire cette faveur au président des États-Unis, fut-il noir. Il n’a pas voulu offrir ce ressourcement moral, à ses dépens, au chef de l’impérialisme yankee praticien d’une politique internationale amorale et agressive.Certes, ce qui a fait sa qualité première d’homme d’État, reconnue de tous, est son aptitude au pardon. Pour autant croyez-vous que le « vieux lion a tout oublié ? Certes les USA ont milité un temps, surtout à la fin, pour la fin de l’Apartheid. Mais Mandela se souvient qu’ils ont surtout, plusieurs décennies durant, eux et leur alliés israélien, soutenu et conforté le régime politique honteux qui était une insulte à l’humanité. En ce temps où l’Algérie, par exemple, Cuba ou la Libye soutenaient eux la lutte de l’ANC.Nelson Mandela nourrissait semble-t-il une véritable amitié pour le colonel Kadhafi, et une gratitude éternelle pour le régime de Jamahiriya, qui l’avaient tant aidé quand d’autres ne voulaient encore que sa mort prématurée. Il a multiplié les éloges et les remerciements à la Libye où il fit de fréquents voyages et à son dirigeant emblématique. Croyez-vous que Nelson Mandela ait vraiment apprécié la résolution 1973 de l’ONU ouvrant la voie à l’intervention militaire occidentale en Libye ? Croyez-vous, parce que la France et l’Angleterre menèrent le bal, qu’il ait été dupe du rôle réel en cette affaire et de la responsabilité politique des USA et donc de Barak Obama ? Croyez-vous qu’il avait, conséquemment envie de « remercier » le chef conjuré des assassins du Colonel Libyen ? Barak Obama n’aura pas eu l’insigne honneur de rendre visite à Nelson Mandela sur son lit de mort. Presque humilié il a dû se satisfaire d’un pèlerinage initiatique. Telle une âme en peine il a, pour en invoquer l’esprit, erré sur les lieux symboliques de la vie et de la lutte du grand homme. Cet ostracisme qui a un peu gâché le voyage du chef de « la maison Blanche » ne saurait être analysé seulement comme une simple conséquence de l’état de santé de Mandela. Il s’est agi à n’en pas douter d’une manifestation de sa volonté délibérée de ne pas rencontrer le président des États-Unis d’Amérique.Mandela qui n’est pas homme à humilier son prochain a consenti tout de même à ce que sa famille honore d’une politesse la famille Obama.Patrick Signon. « lavoiedessansvoix.fr ». Lundi 1er juillet 2013.
