LA VÉRITÉ NUELes médias avaient pour mission de focaliser l’attention de l’opinion internationale sur l’action du couple infernal «franco-britannique. Il s’agissait de faire apparaitre l’administration américaine comme une force temporisatrice, qui « n’allait au charbon » que contrainte et en trainant les pieds. L’initiative, voulait-on nous faire accroire appartenait à la France et à l’Angleterre, et celles-ci n’agissaient que pour la défense de la démocratie et pour des motivations humanitaires.L’agitation militaire de ces derniers jours, à propos de la question syrienne, a fait voler en éclat toute cette construction intellectuelle abracadabrante. C’est son mérite d’avoir clarifié des situations que les médias à la solde embrouillent à plaisir. Les masques tombent et la réalité apparait toute nue.Tout d’abord, le rôle réel des USA et de l’administration Obama dans toute cette affaire des prétendus printemps arabes et de leurs conséquences multiples. Nous l’avions expliqué, la différence entre G W Bush et Obama était de forme uniquement. Bush avait foncé en 2001/2003, s’aliénant la France. C’était le grand problème de la diplomatie américaine pour la suite de son opération engagée au nom de la lutte contre le terrorisme international. Il lui fallait la France, il fallait en finir avec les velléités gaulliennes de la politique étrangère de celle-ci. D’où, la probable interférence dans la fabrication de la candidature Sarkozy (voir l’article que nous publierons en soirée). Depuis bientôt deux ans, et il y a quelques jours encore, un grand nombre de commentateurs nous expliquaient qu’Obama ne voulait pas d’intervention en Syrie, pas plus qu’il n’en avait voulu en Libye, la France et l’Angleterre faisaient grand bruit autour de la question de l’armement de la rébellion quand Obama semblait rechigner à cette option, etc.. L’apparition du couple franco-britannique comme chiens de tête de l’attelage impérialiste dans l’affaire libyenne conforta ces thèses contre lesquelles nous nous insurgeâmes de tout temps. La France et l’Angleterre, disions-nous, ne sont que les chiens hurlants, les seconds couteaux, des nations mercenaires, simples exécutrices des ordres de leur maitre les États-Unis d’Amérique. Ce débat est définitivement clos par les derniers évènements. « Syrie : les États-Unis n’écartent plus une action unilatérale » titrait le Monde.fr avec AFP | 29.08.2013 à 15h56 . Gênés par le véto russo-chinois, mis en échec par la fermeté russe, les USA n’ont pu persister dans leur positionnement en trompe-l’œil. Ils ont été débusqués, contraints de reprendre publiquement la tête des opérations. Conséquemment, l’Angleterre et la France reprennent dans la hiérarchie impérialiste occidentale la place véritable, qui n’a jamais cessé d’être la leur en vérité, celle de chiens sanglants et de seconds couteaux, celle de simples exécuteurs des basses œuvres..Un autre masque tombe aussi, celui des motivations démocratiques et des préoccupations humanitaires censées être les mobiles de l’action occidentale. Dans le même article déjà cité, l’on apprend en effet que « Les États-Unis continueront à consulter le gouvernement britannique, l’un de nos alliés et amis les plus proches », mais « les décisions du président Obama seront guidées par ce qui est dans l’intérêt des États-Unis », a déclaré la porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain, Caitlin Hayden. M. Obama « pense que des intérêts cruciaux des États-Unis sont en jeu,… » Nous y voilà donc ! Non pas le combat pour l’avenir démocratique des peuples de la région, non pas les préoccupations humanitaires de protection des peuples contre les tyrans, mais « l’intérêt des États-Unis», « des intérêts cruciaux des États-Unis sont en jeu,… ». Oui, les États-Unis agissent dans les régions du Proche et Moyen-Orient. Oui, ce sont les États-Unis qui sont aux commandes de tout cet imbroglio militaro politique, et leurs buts ne sont ni la démocratie, ni la sécurité des peuples, ni le bien-être actuel ou futur de ceux-ci, mais seulement la défense « des intérêts cruciaux des États-Unis».Oseront-ils un jour dire clairement lesquels, mettre des noms sur ceux-là ? On en doute, mais qu’importe. Ce qu’ils sont on s’en doute bien un peu.31 août 2013.
