L’ESPRIT VERSAILLAIS À PROPOS DU PROJET DE RÉSOLUTION ONUSIENNE DE L’IMBUVABLE MONSIEUR FABIUS

L’ESPRIT VERSAILLAISÀ PROPOS DU PROJET DE RÉSOLUTION ONUSIENNE DE L’IMBUVABLE MONSIEUR FABIUSOn l’a vu, les va-t-en-guerre français (et autres) n’en ont rien à fiche de l’ONU et de sa « légalité », résolus qu’ils sont d’intervenir militairement en Syrie, sans l’aval de cette instance internationale. Au nombre de ceux-ci, et parmi les plus hargneux et les plus arrogants, voilà trois semaines que le chef de l’exécutif et celui de la diplomatie française se tapent du « Conseil de Sécurité » comme d’une queue de cerise. C’est pourtant sans honte, et avec l’aplomb qui caractérise habituellement les malhonnêtes gens que Laurent Fabius, plus rapide que son ombre, réagissant à l’initiative russe du 9 septembre, se fait tout à coup le champion de la « légalité »onusienne en présentant précipitamment une résolution française.Bon, nul n’est dupe. Malgré les dénégations des Obama, Fabius, Hollande ou Kerry, il est clair que l’initiative russe proposant la mise sous contrôle international et la destruction de l’arsenal chimique syrien a éloigné le risque d’exécution des menaces de l’impérialisme anglo-américain. Ils ont beau dire que c’est leurs muscles et leurs menaces délirantes qui ont fait peur à Poutine et Bachar, chacun voit bien la réalité. Ce sont le calme et la sagesse diplomatique russe qui ont sauvé la paix internationale quand des malades et des irresponsables, au nom de « la défense des intérêts cruciaux des États –Unis »*, étaient prêts à jeter l’allumette dans le baril de poudre. Le clan occidental vient de subir une défaite diplomatique en rase campagne. Poutine a fait échec au fou. Le pape qui a prié Dieu et envoyé une lettre au président du G20 a remercié Dieu. Il a raison. Il ne pouvait pas remercier Poutine. Cela aurait sans nul doute provoqué l’ire des déments qui menacent la paix du monde. Il ne faut pas prendre le risque d’humilier des fous dangereux. Mais attention aux optimistes. La menace s’est éloignée pour un temps, elle n’a pas disparu. Échec, ce n’est pas « échec et mat ». Ils vont se dégager de « ce mauvais pas » ils vont recommencer leurs délires, ils vont revenir à la charge. D’ailleurs, ne sont-ils pas toujours dans ce même « tripe » ?On pourrait croire, d’un premier abord, que le projet de résolution de la France au Conseil de Sécurité de l’ONU, a pour objet de sauver la face, de tenter de faire oublier que la « diplomatie » française ne jurait encore il y a quelques heures que par le sang et par la guerre. Bien sûr il y a une part de çà dans cette initiative. Mais l’essentiel est ailleurs.Le mot « diplomatie » évoque couramment la pondération dans le propos, la politesse dans la conduite, le tact dans les propositions. La politesse eut consisté ici, s’agissant d’une initiative russe, à donner le temps à la Russie de préciser sa proposition en formulant sa propre résolution à soumettre au conseil de sécurité de l’ONU. La pondération et le tact eurent consisté, se ralliant à la proposition d’autrui de ne pas la dénaturer en l’assortissant de clauses propres à la faire capoter**. Mais il faut bien se rendre à l’évidence, toutes ces vertus diplomatiques n’appartiennent pas à l’Ostrogoth qui sévit au quai d’Orsay. Celui-ci depuis qu’il est en charge du dossier, s’est moins comporté, comme un diplomate policé qu’à la manière d’un chef de guerre en fureur. Lorsqu’en mai, à l’occasion d’une visite de John Kerry à Moscou, fut arrêté le principe de la « Conférence Genève II sur la Syrie, nous appréciâmes tout de suite les réactions de la diplomatie française en ces termes : « la défaite du CNS et le maintient de Bachar al Assad au pouvoir en Syrie, équivaudrait à un désastre diplomatique pour celle-ci »? ». « C’est pourquoi à présent la diplomatie française s’énerve, perd son sang froid. Ultime façon, la plus sûre à son sens, d’éviter le camouflet elle doit faire capoter la conférence « sine die », ou pour le moins la condamner à l’échec. C’est pourquoi, ces derniers jours, « des journalistes indépendants du journal « Le Monde », en mission commandée en Syrie, se sont efforcés d’accréditer l’idée que l’armée syrienne légale faisait usage d’armes chimiques. »(« La criminelle fuite en avant de la diplomatie française » 28 mai 2013). Puis nous fûmes amenés à écrire alors « Quant à dire qu’il ne veut pas être trop précis dans ces accusations pour ne pas nuire à la conférence « Genève 2 » cela relève de la pire ignominie.  » François Hollande, Laurent Fabius, la diplomatie française, ne travaille pas à la préparation de « Genève 2 », toute leur énergie, toute leur malignité, ils l’emploient au contraire à faire en sorte que celle-ci n’est jamais lieu.(« Laurent Fabius, entre irresponsabilité et ordure » 4 juin 2013).Avec la dernière initiative russe pour éviter la catastrophe militaire, on se retrouve en fait dans un cas de figure similaire. Le ralliement de Fabius est du même tonneau que fut son prétendu ralliement à la conférence Genève II. Les va-t-en-guerre ne peuvent décemment pas la rejeter sans examen. Déjà que leurs opinions publiques sont réticentes à les suivre. Ne serait-ce pas se les aliéner définitivement ? Mais la résolution Fabius est en vrai une peau de banane, jetée sous les pas de la diplomatie russe avec pour objectif, point tant de lui souffler l’initiative que, de s’en emparer pour conduire celle-ci à l’impasseEn vérité, le trio impérialiste (USA, Angleterre, France) veut la guerre, coûte que coûte) et le projet français de résolution n’est qu’une feinte pour finir au plus vite l’initiative russe, et reprendre les hostilités.Monsieur Fabius se croit-il rusé ? Il a à peine bougé le petit doigt que déjà nous l’avons décrypté.Il y a peu, un autre Ostrogoth, hasardait une banderille rhétorique empoisonnée en direction de certains représentants, de l’opposition de droite, qui manifestaient ouvertement leur désaccord avec les va-t-en-guerre du gouvernement et du PS. Harlem Désir les traitait de « Munichois ». Dans sa superficialité croit-il que l’infamie censée découler de l’anathème suffise à dissimuler l’ignorance de celui qui en use ? Moi, qui suis de l’opposition, non pas de droite, mais de gauche, me suis senti tout autant visé. Voilà en quoi je suis fondé à lui répondre. L’Histoire qui donne son sens infamant à cette expression éculée est totalement inappropriée à la situation à laquelle faisait allusion le premier secrétaire du PS. L’Allemagne hitlérienne était une grande puissance continentale dont les prétentions expansionnistes n’étaient un secret pour personne, et qui se conduisait en agresseur. La Syrie elle est un petit pays au passé colonial, d’un autre continent, qui n’a attaqué personne hors de ses frontières ni n’a entrepris aucunes menées expansionnistes. C’est même l’inverse qui est vrai. C’est la Syrie en l’occurrence qui est agressée sur son propre sol par le clan occidental (États-Unis, Angleterre, France) et ses alliés régionaux (Arabie Saoudite, Qatar, Turquie, Israël et Jordanie). Ce sont les pays du clan impérialiste occidental qui agressent des nations hors de leurs propres frontières et menacent la paix du monde par leur conduite agressive et dominatrice. S’il fallait chercher l’esprit munichois quelque part, c’est donc chez ceux qui se couchent devant ou justifient l’agression impérialiste qu’il faudrait l’identifier.Mais il n’y a pas que la conférence de Munich dont le souvenir est de nature à offenser la bonne conscience politique. Il y a aussi « le traité de Versailles ». Ce n’est pas l’esprit munichois bien sûr qui caractérise à présent la diplomatie française, c’est son esprit versaillais. Et, qu’est-ce donc que l’esprit versaillais ? C’est celui qui au lendemain de la Première Guerre mondiale a présidé à la rédaction des traités de Versailles, de Saint-Germain, et quelques autres qui n’en étaient que les déclinaisons. Par quoi se caractérise-t-il ? Par l’arrogance, l’oppression, la vindicte, la volonté dominatrice et l’incontinence dans le pillage et la rapine. L’esprit versaillais est une résurgence contemporaine de l’art de la guerre du Moyen-âge, quand les armées se « payaient sur la bête » et les rois sur le butin. L’esprit versaillais est celui qui, qui sous le joug de la France, a mis l’Allemagne à genoux et alimenté l’esprit revanchard allemand qui fut l’engrais de l’Hitlérisme. L’esprit versaillais c’est celui qui anime Laurent Fabius et qui transparait dans son projet de résolution onusienne, avide de vengeance et d’humiliation de celui dont il a choisi lui-même de se faire un ennemi.Mais Monsieur Fabius se méprend. Comme Harlem Désir, il se trompe de séquence historique. La Syrie, en l’état tout au moins, n’est pas un pays vaincu sur lequel il peut s’essuyer les pieds. C’est un État indépendant et souverain. Elle ne vient pas de faire une offre de capitulation. Se déclarant d’accord avec la proposition russe, elle vient juste de vous faire une offre d’apaisement pouvant ouvrir si vous le vouliez sur une offre de sortie de crise, la relance de l’initiative « Genève II » et la perspective d’une sortie de crise négociée.Mais nous ne sommes pas dupes. Nous vous avons fort bien compris Monsieur Fabius. Vous ne voulez pas de cela. Ce que vous voulez c’est le sang des nations qui retombera, non pas bien sûr sur votre conscience, mais à tout le moins sur votre mémoire.11 septembre 2013.• Dixit Barak Obama par la bouche de Caitlin Haydin Le 29 août 2013. ** – Dès hier soir, 10 septembre, la Russie a fait savoir que le projet de résolution française était inacceptable.

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