LA FRANCE N’A PAS RECULÉ… ELLE S’EST COUCHÉE !Les ministres des affaires étrangères russe et américain, réunis à Genève les 13 et 14 septembre, ont abouti à un accord sur la question de l’arsenal chimique syrien. Nous saluons ce résultat et espérons bien sincèrement qu’il ouvrira la perspective d’un règlement négocié. Pour autant nous ne nous faisons pas trop d’illusions quant à une réelle sortie de crise. Obama l’a malencontreusement dit il y a quelques jours, ce qui est en cause, non pas la démocratie, non pas les motivations humanitaires, « ce sont les intérêts cruciaux des États-Unis. » Or, sous cet éclairage, on voit mal ce qui pourrait les faire renoncer avant d’avoir atteint leurs buts de guerre. Ce qui donne à présager qu’ils trouveront, « qui cherche trouve » un autre prétexte, pour poursuivre, sous une forme ou sous une autre, leurs menées agressives contre la Syrie baasiste de Bachar Al Assad.Pour l’heure, Laurent Fabius, l’homologue français de Kerry et Lavrov, pourtant tellement en pointe dans le dossier, n’était pas invité à Genève.. Cette séquence historique jette à nouveau une lumière crue, sur la réalité des rapports internationaux. Parce qu’elle aboyait le plus fort et de la manière la plus hargneuse, la France voulait faire croire qu’elle occupait les avant-postes dans le traitement du dossier syrien, et qu’elle faisait cela de son propre chef, entièrement maitresse de son libre arbitre. Les véritables chefs du monde se sont réunis à Genève et Obama a intimé l’ordre à ses chiens de cesser d’aboyer : « François ! Laurent ! À la niche ! ». Mais ceux-ci dans cette position humiliante, ont tout de même encore émis des grognements menaçants. Nous avons imaginé ce dialogue qu’auraient pu échanger les chefs des diplomaties américaine et russe. Kerry se serait excusé : « ce sont des Pitt-bulls, que voulez-vous, des chiens formés à l’attaque, ils ne connaissent que çà. Ce sont des animaux dangereux, celui qui les possède doit en avoir le contrôle parfait. Vous avez remarqué que c’est le cas, ils sont bien dressés, ils ont obéi à Barak quand il les a envoyé coucher » « oui, mais ils rechignent » aurait pu dire Lavrov. Ils rechignent en effet, » c’est grâce à nous, à notre fermeté, que la Russie et les USA ont pu aboutir à un accord. C’est parce que l’on a montré (« les muscles »), les crocs en vérité, que Bachar Al Assad a accepté de négocier. » Or il y a là encore un mensonge flagrant qui ne peut échapper à quiconque est quelque peu informé. Lorsqu’en mai 2013, John Kerry et Sergueï Lavrov, déjà, avaient convenu du principe de la conférence Genève II sur la Syrie, Bachar Al Assad avait tout de suite donné son accord et promis qu’il serait présent à Genève. Bachar Al Assad était d’accord pour négocier, en mai déjà, bien avant l’épisode de l’attaque chimique du 21 août, et donc bien avant que la France menaçante ne montre les dents. La vérité, c’est que la France elle ne voulait pas négocier, elle voulait tuer et détruire*. C’est des lendemains de cette annonce de la « conférence Genève II, que date la première provocation, probablement montée par les services secrets français avec l’aide du journal « Le Monde », pour accréditer l’idée de l’usage des armes chimiques par l’armée syrienne, afin de faire capoter cette initiative.Nous l’avions dit alors, la France agissait par délégation, le véritable donneur d’ordre était Obama, le chef politique de l’impérialisme anglo-américain. Le dernier épisode le prouve à merveille et devrait en toute logique faire définitivement taire les sceptiques.« Le Royaume-Uni à reculé, les USA ont reculés, la France n’a pas reculé » aurait dit aujourd’hui même, je ne sais quel responsable politique. Elle n’a pas reculé ? Ah bon, pourtant que je sache, elle n’y est pas allée ?La France n’a pas reculé, c’est vrai, je vous le concède, elle s’est simplement couchée quand son maitre le lui a ordonné.15 septembre 2013.* Nous en avons données les raisons dans plusieurs articles précédents.PS – François Hollande s’exprime ce soir sur le sujet. Nous serons ç l’écoute et vous promettons un décryptage à chaud avant minuit (heure française).
