"FRANÇOIS FILLON EXPLOSE". ET, "C’EST PARTI COMME EN QUATORZE."

« FRANÇOIS FILLON EXPLOSE ». ET, « C’EST PARTI COMME EN QUATORZE. »(Ce sont deux petits articles, inspirés tous deux par la « sortie » magistrale de François Fillon à Moscou le 18 septembre, que nous vous proposons aujourd’hui.)1 – FRANÇOIS FILLON EXPLOSEFrançois Hollande, François Pape, François Fillon Les trois François. Deux contre un. Il y a quelques jours de ça, quand François « la France », hurlait à la mort comme un loup, François l’Église, berger des agneaux de Dieu bêlait à la paix et appelait toutes ses brebis et les brebis des autres prophètes à bêler de concert. Mais il ne s’en tenait pas à la prière en direction de l’autorité spirituelle suprême. Il prenait la précaution, tout de même, « ceinture et bretelle » d’en référer aussi aux pouvoirs temporels. Et à qui donc, François l’Évêque de Rome, jugeait-il bon d’adresser sa prière épistolaire ? À Vladimir Poutine, au prétexte certes habile que le Président de la fédération de Russie, l’allié de Bachar Al Assad et protecteur des chrétiens d’Orient, était pour deux jours aussi le Président du G20. En s’adressant ainsi à leur adversaire qu’ils qualifient volontiers de dictateur et accuse « de prendre le Conseil de Sécurité de l’ONU en otage », l’intention pontificale n’était-elle pas de souffleter Obama et Hollande le couple infernal ?Or, voilà t’y pas que quelques jours plus tard un autre larron entre en scène qui en « rajoute une couche. »François le timide qui se tenait, en « collaborateur » fidèle, fesses serrées, toujours deux pas en retrait derrière son chef, le doigt sur la couture du pantalon, change de personnalité, véritable métamorphose. Il éclot, il explose, il se révèle, aux autres et probablement à lui même. Décembre 2010 c’était en Tunisie le premier acte « du printemps arabe », septembre 2013, c’est à Moscou le début « du printemps Fillon ». François Pape avait sans nul doute voulu offenser ceux à qui il ne pardonne pas de trahir les églises orientales, François Fillon, saluant son « cher Vladimir » n’a pas craint d’offenser celui auquel il reproche d’avoir humilié la France en mettant son pédalo à la remorque du navire amiral.Car, et c’est une façon d’en minimiser la portée, certains n’ont voulu entendre dans la sortie de François Fillon, qu’une petite phrase politicienne. Il aurait voulu se placer en premier adversaire de François Hollande pour 2017. N’est-ce pas un peu tôt ? Ne serait-ce pas aller un peu vite en besogne ? N’est-ce pas surtout le moyen de faire l’impasse sur le sens intrinsèque et la portée réelle de cette phrase ? François Fillon a dit ce qu’il a dit. Il a dénoncé le suivisme de la diplomatie française, c’est-à-dire l’inféodation de la politique étrangère de la France à celle des États unis. François Fillon en quelque sorte, à explosé la politique étrangère de la France.Bien que nous ne partagions rien d’autre avec lui, nous le remercions d’avoir ainsi, par inadvertance, renforcé de son crédit de haut dignitaire de l’État, l’analyse et la critique que « La voie des sans voix » fait, depuis l’avènement de Sarkozy, de la politique étrangère de la France.2 – C’EST REPARTI COMME EN QUATORZE« Ça ne se fait pas ! Surtout pour un ancien Premier ministre ». « Quand tu es ministre, tu fermes ta gueule ou tu démissionnes » a dit un jour JP Chevènement. « Quant tu ne l’ai plus tu la fermes encore » pourraient ajouter Rafarin ou Juppé. « Il ne doit pas, à l’extérieur critiquer « la politique de la France ». Nous avions entendu déjà, à l’occasion de la publication de l’interview de Bachar Al Assad par le Figaro, sonner ainsi les trompettes de la censure. Certains au prétexte que par le suffrage universel ils sont détenteurs de la souveraineté nationale, précipitent la France dans des aventures guerrières et criminelles, l’abaissent et l’humilie, et nonobstant que c’est « la France », qu’elle est en guerre, les responsables politiques devraient « la fermer » ? Mais qu’est-ce donc que ce chauvinisme rance ?C’est l’esprit de la censure de guerre. On voudrait aujourd’hui que se taise un ancien premier ministre, et demain les journalistes et les citoyens lambda.Monsieur Juppé est du nombre de ceux qui s’indignent de cette « profanation » du pouvoir central, de cet accroc à « l’esprit non écrit de la constitution », et qui dit, « c’est Poutine qui bloque, je pense que c’est le message que François Fillon aura fait passer tout de même à celui-ci. ». Car on l’a compris, ceux qui s’indignent de droites ou de gauches, sont en vérité « les va-t-en-guerre » qui sont surtout fâchés qu’une voix discordante au plus haut niveau s’inscrive en faux contre leurs velléités agressives. Si « c’est Poutine qui bloque », alors pour sûr, c’est Juppé qui débloque. Ce garçon dont on cru un instant qu’il jouerait à l’avant centre comme premier attaquant restera, ce que durera sa carrière, au poste d’ailier droit. Juppé a compris une chose en politique, l’importance de l’échafaudage institutionnel du gaullisme, et la primauté de la fonction présidentielle qui en est la clé de voute. Il s’en veut le gardien, il s’y tient quel que soit l’occupant du « trône », quelques petitesses, dont ce dernier, se rendre coupable. Ainsi, allait-il dans un passé récent, plusieurs fois au secours de Sarkozy, ainsi se précipite-t-il de même à la rescousse de Hollande. Juppé a définitivement endossé le costume de « serviteur de l’État » « stricto sensu » il n’en sera jamais le chef. Hier matin, jusqu’à la mi-journée, presse, radios, télés, focalisaient sur la sortie de François Fillon. La « blogosphère » s’enflammait. Hier soir, journaux de 20 heures, calme plat, plus un mot sur le sujet. La censure est passée par là. C’est reparti comme en quatorze.20 septembre 2013.

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