MANUEL VALLS,DU MIMÉTISME A L’AFFIRMATION DU « SOI’.28Manuel Valls est, nous disent les sondages, ces outils à formater l’opinion, la personnalité politique préférée des Français. Mais est-il un garçon intelligent ? Voilà la question que nous nous posons, nous.En matière de personnalité, une chose est sure, il n’a pas atteint la maturité, la pleine autonomie. Il en est encore à l’âge où l’on cherche sa propre identité et où l’on a besoin de s’identifier à d’autres, de les copier, de les mimer. Et à n’en pas douter deux personnages fascinent le jeune Manuel. Deux ministres de l’intérieur, Charles Pasqua et Nicolas Sarkozy. Au premier il a emprunté ses mimiques renfrognées, les sourcils qu’il fronçait quand il « grondait les méchants ». Au second il emprunte ses divagations de chien fou sur les traces du Front national et les formules provocantes à la limite de l’outrance.À Marine Le Pen qui l’accuse d’avoir entrepris à Forbach, où il était hier, une tournée « anti FN ». « Manuel Valls a répliqué au micro d’Europe 1 qu’il faisait plutôt « une tournée contre le sentiment d’abandon ». « C’est une tournée pour la sécurité des Français… Je me déplace là où il y a un besoin de sécurité », a-t-il précisé aux journalistes qui l’interrogeaient » Les Echos.fr. 8 10 2013.)Ce qu’il y a de paradoxal avec Manuel Valls, comme avec son modèle Sarkozy, c’est que lorsqu’ils prétendent vouloir lutter contre le FN, ils deviennent les meilleurs propagandistes des idées de celui-ci, et lui tende les draps du lit où ils prennent semble-t-il plaisir à se savoir cocufiés.Manuel Valls a défini ainsi lui même le but de son déplacement. « Pour qu’il y ait du progrès social et de la démocratie, il faut d’abord que l’ordre républicain s’impose partout » (Les Echos.fr. 8 10 2013.) Alors là nous ne sommes pas du tout, mais alors, vois-tu, pas du tout d’accord Manuel. Nous pensons nous, et ce n’est même pas seulement une pensée, c’est le produit d’une longue observation historique, que le progrès social et la démocratie doivent bien davantage aux « désordres sociaux, aux grèves, aux luttes, aux révoltes et aux révolutions, qu’ils ne doivent à l’ordre républicain dont l’objet et de garder les pauvres dans l’indigence et les riches dans l’opulence.Mais que l’on ne se méprenne pas, pour faire des emprunts à des personnalités politiques de droite, il n’en est pas moins un homme de gauche Manuel Valls. Des emprunts, ou plutôt des filiations, il en possède aussi dans « son propre camp» issu de la tradition sociale-démocrate européenne. N’est-il pas le digne descendant des Gustav Noske et des Jules Moch ? La logique sécuritaire et l’obsession de l’ordre peuvent aussi conduire à des extrémités.Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». 8 octobre 2013.
