BRIGNOLES, C’EST LA FRANCE !Voilà ce que nous écrivions la semaine passée :« Le « Front national », a remporté, le Week-end passé, à Brignoles (Var) un incontestable succès. Certes, certains voudraient en atténuer la portée en invoquant le faible taux de participation. Mais dans ce genre de scrutins partiels les taux de participation ne sont-ils pas toujours faibles ? Ceux qui veulent nier leur revers de la sorte, si le résultat avait été inverse n’auraient-ils pas fait du faible taux de participation la preuve du caractère incontestable de leur victoire ? » (voir l’article « Front contre Front »)Deuxième tour des élections cantonales partielles de Brignoles, aujourd’hui même, dimanche 13 octobre. De nombreux abstentionnistes du premier tour sont allés voter cette fois, plus 12 %. Et qu’ont-ils dit, ont-ils inversé le résultat ? Ils ont largement confirmé, au contraire, le vote du premier tour. Les perdants vont-ils pour autant faire amende honorable, reconnaitre qu’ils se sont trompés, qu’ils ont dangereusement sous-estimé le phénomène, qu’ils n’ont rien compris à la profondeur du raz le bol des Français ? Que Nenni, à défaut de nier la victoire du FN, ils vont, à l’instar de Monsieur Roger Karoutchi, s’efforcer d’en minimiser le sens et la portée : « Brignoles, ce n’est pas la France. »« Le FN remporte là une précieuse victoire dans la ligne droite avant les municipales de 2014 – écrivions-nous déjà la semaine passée (Front contre Front) – et rien ne sert de se voiler la face. » « Voilà de longs mois, voire des années que nous tirons le signal d’alarme. « Il faut une véritable opposition de gauche au gouvernement de la Gauche d’alternance » avions-nous écrit le 27/3/2013. A défaut pronostiquions-nous, le FN s’imposera comme la seule force d’opposition véritable, la seule issue à l’enfermement politique de l’alternance Gauche/Droite.Piégé par les tripatouillages électoraux et les alliances politiciennes PCF/PS, préparatoires aux municipales du printemps prochain, le « Front de Gauche » à l’évidence, ne parviendra pas à s’affirmer comme cette véritable opposition de gauche qu’il aurait pu être et que nous souhaitions à haute voix. « Et alors, que fait « la Gauche » gouvernementale face à la victoire possible du parti de Marine Le Pen à Brignoles ? Elle en appelle au « Front républicain » elle appelle à voter UMP.» (Front contre Front). Foin d’une opposition de gauche, c’est « la gauche » elle-même qui s’efface, qui disparait, qui appelle tous les électeurs, FN plus UMP à voter 100 % à droite. « C’est abracadabrant ! C’est dantesque ! C’est suicidaire ! » Nous exclamions-nous . Et les résultats de ce dimanche 13 octobre confirment la pertinence de notre point de vue.« Que reprochent les Français au système politique de l’alternance ? « Ils font tous peu ou prou la même politique », « Droite ou gauche, c’est blanc bonnet et bonnet blanc » Etc. Et n’est-ce pas sur ce thème que le Front national a fait « ses choux gras » ? « L’UMPS » etc.. Alors, pensez, « le front républicain » la Gauche appelle à voter pour la droite et la droite pour la gauche. S’il était encore de ce monde, Raymond Barre nous dirait : « c’est le mélange des genres puissance X ». Le mélange des genres de la cohabitation résultait de vote contradictoire de l’électorat et pouvait à ce titre lui être imputé. Le mélange des genres du « Front républicains » résulte du seul choix des partis qui y adhèrent et ne peut-être imputé qu’à leur collusion fondamentale. L’avouer, l’assumer de la sorte aussi ouvertement, n’est-ce pas le moyen de finir la démoralisation de l’électorat et de le précipiter, un peu plus et plus vite, vers le vote FN, la seule alternative véritable à la collusion « des larrons » ? (Front contre Front. 8 octobre 2013). L’électorat tétanisé de longues années durant par l’ostracisme qui frappait le vote Front national avait besoin de se désinhiber. C’est fait. C’est ce qu’ont fait les électeurs de Brignoles. Ils ont osé ouvrir la voie, faire en éclaireurs le mouvement que l’électorat français s’appète à faire dans les mois à-venir.C’est pourquoi nous sommes monsieur Karoutchi, contraint de vous contredire : Brignoles, oui c’est la France.13 octobre 2013.
