REVIENDRA-T-IL DEMAIN :« LE TEMPS BENI DES COLONIES »* ? Mais, vers quels rivages de la raison dérive donc Bernard Guetta. ? Pour ceux qui ne le sauraient pas, Bernard Guetta est un journaliste français qui réalise une chronique géopolitique, chaque jour à 8 heures 20 sur « France Inter ». Il nous est arrivé de lui décerner des satisfécits. C’était il y a deux ans au moins, à propos de certaines de ses analyses dont nous avions remarqué la pertinence, au début de ce qui fut baptisé « printemps arabe ». Mais, heureusement, reconnaitre la justesse contingente des analyses politiques de quiconque n’oblige à aucune proximité avec ses engagements sociaux et ses orientations politiques. Depuis, nous avons eu de nombreuses occasions d’être déçus de sa trajectoire, voire même en colère de ces impudences. Nous n’avons pas relevé chaque fois. Mais hier, nous avons écouté Bernard Guetta et c’est effarés que nous fumes. Bernard Guetta entretenait ses auditeurs de la question de l’immigration et de Lampedusa, où vous l’avez entendu, plusieurs embarcations ont encore fait naufrage, provoquant la mort de plusieurs dizaines d’êtres humains. Alors, nous dit le chroniqueur, « Les regards se tournent vers Bruxelles. L’Europe ne dispose pas des moyens de refouler ses embarcations. Pourtant, affirme-t-il, reprenant à son compte, l’indigne saillie de Michel Rocard, « elle ne peut accueillir toute la misère du monde ». « Les Européens peuvent beaucoup pour la stabilité politique de ces pays ». Poursuit-il. Là on espère qu’il va parler de l’impact de l’économie globalisée sur le déséquilibre des économies africaines, qu’il va accuser la dégradation des termes de l’échange, qu’il va nous dire qu’il faudrait autoriser, voire aider ses pays à construire des économies vivrières et autosuffisantes, etc. Mais non, ce n’est pas ça le propos de Bernard Guetta. Il poursuit « Mais à part la France quels sont les Européens qui étaient prêts à intervenir au Mali et …. » j’ai eu de la peine à noter la suite, tant mon indignation était grande. L’aide de l’Europe à l’Afrique telle qu’il la conçoit, c’est donc ça, l’ingérence militaire et politique ? Ce dont il parle, ce n’est donc pas la stabilité politique fondée sur des bases économiques saines, mais celle fondée sur des régimes policés et autoritaires arcboutés sur la présence tutélaire de la puissance coloniale. Ce dont il parle c’est donc ça, des moyens de coercitions, indigènes ou exportés, pour stopper à la source cette immigration de la misère. Mais le pire, c’est le cynisme que cette pensée affiche. Bernard Guetta en appelle à l’ingérence européenne, pour soi-disant « stabiliser » la région, mais les ingérences européennes et occidentales, en général, de toutes natures, en Afrique, et ailleurs, ne sont-ce pas elles précisément (Côte d’Ivoire, Niger, Mali, Soudan, Congo, Centre Afrique, Somalie, Lybie, Syrie. ) qui sont causes, de tous les chaos et de l’instabilité qui y sévit ? Prendre prétexte des désordres dont les puissances impérialistes sont responsables pour rétablir la tutelle coloniale de l’occident, telle est la quintessence de la pensée « Guettiste ».Oui, le mot n’est pas trop fort, je suis effaré. 15 octobre 2013.(la publication de cet article a été retardé à cause d’une nouvelle attaque massive de spams. Veuillez nous en excuser.) * Emprunté au titre d’une chanson de Michel Sardou.
