CONFÉRENCE DE MONTREUX LA FRANCE CONTRE LA PAIX

CONFÉRENCE DE MONTREUXLA FRANCE CONTRE LA PAIX Nous voilà rendu au 22 janvier 2014, date d’ouverture de la conférence de Montreux, dites « Genève 2 ». Comme nous l’avions décrypté, et dénoncé longtemps en avance (voir nos nombreux articles sur le sujet), le gouvernement et la diplomatie française, ont œuvré d’arrache-pied pour acculer cette initiative à l’échec. Et à en juger par la participation, avant même que celle-ci n’est vraiment débutée, on pouvait dire qu’ils étaient parvenus à leur fins. A l’instigation de la France, alliée de l’Arabie Saoudite et du Qatar, l’opposition syrienne, la véritable, celle qui fait la guerre a refusée d’y prendre part. L’opposition syrienne présente est celle de l’exil, qui ne représente rien sur le terrain. L’autre, la vraie, ne sera en rien engagée par les décisions de cette réunion. Il ne fait pas le moindre doute que la guerre se poursuivra demain exactement comme s’il n’y avait pas eu de conférence. Cela avait mal commencé. C’est en mai 2013 que les chefs des diplomaties russe et américaine avaient convenu du principe d’une conférence pour la paix en Syrie, dite « Genève 2 » En juin une équipe de journalistes du « Monde » « révélait l’usage de gaz par le pouvoir politique Syrien ». L’intention était d’acculer l’administration américaine à agir prétextant « la ligne rouge » définie par Barak Obama. Mais la ficelle était si grosse que, malgré son embarra, la maison Blanche, ne voulut pas marcher dans la combine. Alors les provocateurs réitérèrent en août, mais avec plus d’ampleur et plus de précautions pour rendre la fable plus crédible. Cette fois on trouvait sur des débris de roquettes des inscriptions qui permettaient d’en identifier l’origine. Pour un peu ils auraient trouvé la signature personnelle du président Assad. Nous étions alors à deux doigts d’une intervention militaire catastrophique américano-française. La Diplomatie russe en proposant la mise sous contrôle international et la destruction de l’arsenal chimique syrien, a coupé l’herbe sous les pieds des vat en guerre. Mais les « Faucons » ne lâchaient pas prises. Ils poursuivirent leurs manigances à l’ONU par la voix de François Hollande, dont les exigences démesurées avaient pour but de faire capoter l’initiative russe. Un dialogue se nouait entre les USA et le nouveau Président Iranien. Des négociations eurent lieu sur le dossier du nucléaire Iranien, et une fois encore, la diplomatie française se signala en la personne de Laurent Fabius qui tenta de faire tout capoter. Elle se signala aussi par l’intransigeance et l’obstination avec laquelle elle s’est opposée à la participation de l’Iran au règlement de ce problème par lequel ce pays est pourtant si étroitement concerné. Puis plusieurs rencontres eurent lieu entre des diplomates occidentaux et les divers représentants de l’opposition syrienne, dont celle de François Hollande avec Ahmad Jarba Le 30 janvier en Arabie Saoudite, prétendument pour convaincre ceux-ci de participer à « Genève 2 », en vérité pour les souder dans le refus. Il s’agissait de saper la conférence en lui ôtant toute légitimité. Il y a trois jours, des signes positifs venaient de plusieurs directions, John Kerry, Ban Ki Moon, favorable à la présence d’une délégation Iranienne. Mais au dernier moment, patatras, l’Iran est jugé indésirable. Puis, au terme du premier jour de la réunion l’on apprend que John Kerry exige à son tour la mise hors-jeu de Bachar Al Assad. C’est vouloir par la négociation obtenir la reddition du vainqueur. Quelle est la signification de tout cela ? Il se pourrait qu’une fois encore les diplomaties US et française se soient livrées à un jeu de rôle. Obama/Kerry jouant les colombes, et Hollande/Fabius « les faucons ». La diplomatie US réchauffant, d’une part, l’idée de la conférence « Genève 2 » qui devait initialement se réunir en Juin 2013, et à laquelle on commençait à ne plus croire beaucoup, faisant d’autre part une ouverture en direction de l’Iran. Cependant que la France elle avait pour mission de maintenir l’intransigeance et la cohésion du camp de la guerre. L’objet de la manœuvre étant de désolidariser l’Iran de l’axe Moscou Pékin. Voilà qu’à la veille de la conférence, en effet, au temps où l’on laissait entendre que l’Iran y serait bien venu, sont levées les premières sanctions internationales adoptées en représailles à son programme nucléaire. N’était-ce pas le prix dont on entendait rétribuer la bonne volonté de l’Iran. Et ce serait quoi en l’espèce, la « bonne volonté de l’Iran » ? Ban Ki-Moon est d’accord pour que « la République Islamique » participe à la conférence à la condition que l’Iran défende aussi l’idée d’un gouvernement de transition en Syrie. C’est-à-dire, lâche Bachar Al Assad et l’axe Moscou/Pékin. Mais Téhéran refuse de se plier à cette condition, et pour cause, ils ne vont pas donner la corde pour les pendre. Ils n’ignorent pas que la Syrie soumise, ce sera au tour de l’Iran de faire face à l’agression occidentale. Comme Téhéran refuse de jouer le jeu, elle est tout à coup déclarée indésirable. Les faits récents semblent indiquer que la bonne volonté des USA à l’endroit de l’Iran et de son nouveau président n’ont été qu’une feinte diplomatique afin de scinder l’alliance factuelle Syrie, Russie, Chine, Iran, qui s’oppose aux menées agressives de l’Occident. La mise à l’écart de l’Iran et l’exigence du départ d’Assad par le chef de la diplomatie US semble indiquer que « ce coup de Jarnac » a fait long feu. Dès lors, et comme l’on pouvait s’y attendre l’issue de la conférence Genève 2 est fort compromise, et le ton pourrait à nouveau rapidement enfler entre les USA et l’Iran. Jeudi 23 janvier 2913.

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