L’IDÉAL D’EUROPE DES BRIGANDS L’Europe, nous avons posée la question récemment (voir notre article « la bande à Bandera »), promesse de félicité et de paix, déraperait-elle ? Il y a eu la crise financière de 2008, baptisée, un peu vite, « crise des « subprimes ». On évoquait alors le spectre de 1926. C’était même pire disaient certains. « Que peut-on aux calamités naturelles ? » La crise était mondiale, qu’y pouvait-on ? Elle était partie d’ailleurs. Des Etats-Unis en l’occurrence, auxquels échoit le rôle de « moteur » de l’économie mondiale. Nous Français, encore une fois nous étions les meilleurs, nous avions mieux résisté que d’autres. En 2010 déjà Sarkozy voyait le bout du tunnel et « gérait », de main de maitre, la « sortie de crise ». C’était juste avant la crise bancaire à laquelle succéda la crise de l’euro, à laquelle succéda la crise de la dette publique, etc. Des « crises » à répétition, qui se succèdent les unes aux autres, comme les anneaux d’un gigantesque ricochet. Des tsunamis économiques successifs imprévisibles ( ?), peut être provoqués, par le jet d’une montagne dans l’océan prospère des affaires humaines, par Polyphème ou l’un de ses frères devenu fou. Cataclysmes divins auxquels les frêles humains ne sauraient échapper. Mal venu d’ailleurs. Voilà les artifices éculés de la propagande officielle, pour faire avaler des couleuvres par les peuples. Tout leur est bon à prendre, toute explication même merveilleuse, pourvu que nul ne pose les questions véritables, et pourtant simples et si évidentes qui viendraient contester les thèses de « la pensée unique », ébranler « la foi du charbonnier » dans le « modèle économique du capitalisme libéral mondialisé ». Mais l’économie, car il s’agit bien là, n’est-ce pas, de l’activité économique, n’est-elle pas par excellence le domaine réservé des compétences humaines ? Dès-lors ne convient-il pas de chercher dans ce cercle, les explications des problèmes et dysfonctionnements, sans botter en touche, vers d’autres responsabilités supposées qui n’ont pour fonction que d’exonérer le système et ces décideurs, des misères qui s’abattent sur les peuples ? Or, depuis ce temps, de crise en crise et de plan de sauvetage en plan d’austérité, l’Europe ne cesse de s’enfoncer dans le marasme social. Il y eut la crise grecque. Elle serait derrière nous. La Grèce aurait retrouvé sa solvabilité et son économie pourrait redémarrer. Mais le peuple grec, lui, a t’il retrouvé le bien et les acquis que l’Etat de la finance lui a dérobé au passage ? L’économie grecque sort du trou ? C’est simplement dire que la banque, les secteurs en pointe de l’économie capitaliste grecque se sont refait une santé en acculant le peuple à la misère, en lui imposant en deux ans, un recul social de 50 ans. L’Allemagne, qui en impose à toute l’Europe, championne des critères économiques contraignants de Maastricht et du traité de Lisbonne, le modèle Allemand, l’exemple à suivre, mais c’est quoi au juste ? L’on se souvient des années 70/80, quand les travailleurs frontaliers français rêvaient de travailler en Allemagne où les salaires étaient un tiers plus élevés qu’en France, où l’on appliquait la semaine de 35 heures dans l’industrie automobile. Les salaires moyens Français, quoique qu’ils en disent, ont fondus depuis, et pourtant bien les salaires des ouvriers et petits salariés Allemands sont maintenant nettement en dessous. Où est passé « cet Eldorado Allemand » ? L’Eldorado allemand, s’était au temps de l’Allemagne divisée, quand il fallait démontrer la supériorité du capitalisme de l’Ouest sur le collectivisme de l’Est. A quoi a servi la réunification ? A présent que le « collectivisme » était vaincu, sinon à tirer toute la classe laborieuse allemande vers le bas ? Belle réussite en effet pour les riches, pour les industriels, pour les investisseurs, pour les banques, pour la haute finance internationale ? Nous ne le nions pas. Pour les classes laborieuses pour les travailleurs et les salariés, « le modèle Allemand » est une calamité Au motif de « la crise de la dette publique », la Grèce et L’Italie sont passées à la moulinette d’une cure d’austérité drastique. Coupes sombres dans les budgets sociaux, recul de l’âge de la retraite, ponctions douloureuses sur les salaires et les pensions. L’Irlande, L’Espagne, le Portugal et la France de même, à cette différence près que dans ces pays, les gouvernements n’ont pas attendus, pour déclencher l’offensive antisociale, d’être acculés à la menace d’insolvabilité. Partout en Europe le chômage croît. Il a allègrement passé la barre des 10 % en France, celle des 12 % en Italie 15 % au Portugal, il plafonne à plus de 25 % en Espagne et 27 % en Grèce. Quand il baisse légèrement, de quelques dixièmes de point, en Irlande, en Allemagne ou au Royaume-Uni, ou de manière plus sensible en Tchéquie en Hongrie ou en Slovaquie, c’est en vérité par le truchement du travail précaire et des petits boulots qui explosent, ou par l’effet de l’émigration des travailleurs à bas prix qui vont inonder le marché du travail de l’Union européenne. Si la courbe du chômage venait à s’inverser en France, ne serait-ce que d’un petit dixième de point, juste exprès pour donner raison à Hollande et Ayrault qui l’annoncent depuis plusieurs mois, ce ne serait en vérité que par l’effet de la tricherie des dits « emplois d’avenir » La brutalité des gouvernements n’a d’égale que leur cynisme. Voilà, qu’en France, après un accroissement sans précédent de la pression fiscale et des coupes sombres et restrictions déjà très sensibles, sur le budget des familles, la couverture sociale, les retraites, l’éducation, les budgets sociaux, les services publics, le gouvernement (de gauche), nous annonce le second étage de la fusée de l’austérité. Une économie budgétaire de 50 milliards sur les deux ans à venir. Une offensive antisociale qui n’a pas de précédent dans l’Histoire. 50 milliards ! C’est la Grèce, c’est l’Espagne ! Bien que ne comptant pas au nombre des Etats qui composent l’Union européenne, la Bosnie appartient par sa situation géographique à l’Europe continentale. Après l’effondrement de l’Union Soviétique, aiguillonnés en cela par l’Union européenne, certains, au nom d’un nationalisme rétrograde, se sont empressés de détricoter l’Union Yougoslave cet ancien Etat fédéral d’Europe centrale dont la Bosnie était une composante. Avec en ligne de mire l’intégration à l’Union européenne. Diviser pour régner, la recette est aussi vieille qu’éculée. Sous la main des grandes nations Européennes (France Allemagne) n’avoir qu’une myriade d’Etats confettis. Balkaniser l’Europe centrale, renvoyer l’Espagne à ses vieux fantasmes régionalistes… Pour quels résultats ? Un taux de chômage à 40 % en Bosnie, la misère endémique, des émeutes contre la pauvreté. Fallait-il défaire l’Union Yougoslave ? La Yougoslavie du traité de Saint-Germain fut défaite par Hitler. La Yougoslavie de Yalta fut défaite par l’OTAN. Ne convient-il pas que tel le phénix elle renaisse de ses cendres. Une troisième Yougoslavie, une entité nationale sérieuse fédérant les nations confettis d’à présent, et qui pourrait, pourquoi pas, prendre toute sa place dans une Europe respectueuse des peuples. Sous la chlague des brigands qui la gouverne, l’Europe s’enfonce chaque jour d’avantage dans la gabegie et le marasme des peuples et renoue avec ses traditions expansionnistes et agressives. Que propose-t-il les brigands ? La fuite en avant, vers l’Est. L’Europe fantasmée du Général De Gaulle, de l’Atlantique à l’Oural. Boulotter l’Ukraine. Faire un vaste espace de libre concurrence de la misère où le gigantesque réservoir des travailleurs à bas salaires de l’Est européen viendra en renfort des brutales politiques d’austérités pour tirer plus bas et plus vite le niveau général des salaires, gagner la « bataille de la compétitivité des entreprises. Accéder à l’ère nouvelle, le temps bénits des « relocalisations » quand les travailleurs d’Europe se loueront pour des salaires et dans des conditions semblables à ceux et celles qui sont imposées aux travailleurs Pakistanais. La prospérité des riches bâtie sur un monceau gigantesque de classes populaires exsangues. Le voilà tel est le « bel » idéal européen des Brigands.12 février 2013
