LES DEUX FILLES D’OBAMA

LES DEUX FILLES D’OBAMA Quand d’autres voyaient une réelle divergence de vue entre les USA et la France, nous avons écrit à maintes reprises, qu’il n’y avait en vérité qu’un jeu de rôle et qu’en toutes choses la France ne faisait qu’obéir aux injonctions de l’Amérique. Nous écrivîmes cela par exemple, le 15 septembre 2013, dans un article intitulé, « La France n’a pas reculée, elle s’est couchée » : « Parce qu’elle aboyait le plus fort et de la manière la plus hargneuse, la France voulait faire croire qu’elle occupait les avant-postes dans le traitement du dossier syrien, et qu’elle faisait cela de son propre chef, entièrement maitresse de son libre arbitre. Les véritables chefs du monde se sont réunis à Genève et Obama a intimé l’ordre à ses chiens de cesser d’aboyer : « François ! Laurent ! À la niche ! » « Nous l’avions dit alors, la France agissait par délégation, le véritable donneur d’ordre était Obama, le chef politique de l’impérialisme anglo-américain. Le dernier épisode le prouve à merveille et devrait en toute logique faire définitivement taire les sceptiques. » Eh bien, en fallait-il encore une preuve ? Elle est venue, en des termes on ne peut plus clairs, et de Barak Obama en personne, lors de la récente visite de François Hollande aux États-Unis. « Interrogé, au vu de l’entente et de la cordialité affichées mardi, sur la question de savoir si la France allait remplacer le Royaume-Uni comme bénéficiaire d’une «relation privilégiée» avec les États-Unis, Barack Obama s’en est sorti par une boutade : « J’ai deux filles. Et elles sont toutes les deux splendides et merveilleuses. Je ne choisirais jamais entre elles. Et c’est comme ça que je l’entends avec mes extraordinaires partenaires » (Libération – AFP – 11 février) Le député UMP Jacques Myard s’en est indigné « y voyant du « paternalisme condescendant » et reprochant à François Hollande de n’avoir pas relevé le propos. » (Le « Figaro.fr » 11 février) . Nous ne pouvons, bien entendu, que partager sur ce point l’indignation de Mr Myard. Comme lui nous sommes humiliés, nous qui avons maintes fois, dénoncée la vassalisation de la France à l’Empire américain. Nous le suivrions volontiers dans son raisonnement lorsqu’il ajoute : « « Si nous sommes les alliés des États-Unis et œuvrons ensemble contre le terrorisme, à l’évidence la France est alignée sur la puissance américaine comme on le voit pour le conflit syrien. Cette situation d’inféodation aux États-Unis va contre nos intérêts…. » Mais nous sommes obligés de l’épingler quand il conclue : « et montre combien le gouvernement de François Hollande a rabaissé la France sur le plan international ». Vous avez raison Monsieur Myard, cette inféodation est « un rabaissement de la France. Et vous auriez encore raison si vous vous limitiez à dire que François Hollande persiste dans cette politique d’abaissement. Mais l’esprit partisan vous égare. Tançant la politique internationale servile de la France, vous voulez dans le même temps exonérer de sa responsabilité première en cette affaire, Nicolas Sarkozy, votre champion. Et là vous avez tort. Car si Hollande maintien la France dans cet abaissement humiliant ce n’est pas lui, contrairement à ce que vous affirmez, qui a inauguré ce cours nouveau de la diplomatie française. C’est Sarkozy qui a initiée cette politique et a fait l’acte d’allégeance fondateur dans le cours même de sa campagne électorale de 2007, avant même que d’accéder à la Présidence de la République, quand en voyage « d’adoubement » aux USA, reçu par Georges W Bush, et manquant au devoir de réserve auquel l’astreignait sa fonction ministérielle d’alors, il regretta publiquement que la France n’est pas pris part à la coalition américaine contre l’Irak de Saddam Hussein. C’est lui enfin qui eut le privilège de la traduire en actes quand il fit bombarder le palais présidentiel de Côte-d’Ivoire où était retranché le président Gbagbo puis, quelques mois plus tard, quand il prit la tête de l’expédition Franco-Anglaise en Libye. S’il est juste de blâmer la politique internationale de messieurs Hollande et Fabius, ceux qui le font en gommant la responsabilité originelle de Sarkozy à des fins partisanes, adoptent une posture en totale inadéquation avec la gravité du sujet et qui fait douter de leur sincérité. Paternaliste la formule d’Obama ? Sans aucun doute. Paternaliste et impudente. Mais plus que d’impudence, c’est, d’imprudence que c’est rendu coupable le chef de la maison blanche. Voilà des années en effet qu’il s’efforce de cacher son jeu, de tenter d’accréditer l’idée que les USA ont renoncé à l’interventionnisme, à jouer le rôle de gendarme du monde. Voilà plus de deux ans qu’il pousse ses pions, la France et l’Angleterre, à prendre à leur propre charge ce qui est en vérité l’interventionnisme US. Or voilà que tout à coup son égo prend le dessus et lui dicte cette déclaration intempestive. Il tombe le masque, dévoile lui-même le fond de la chose. La politique internationale agressive de l’impérialisme occidental, c’est bien lui, c’est bien les USA, il reste bien le maitre du jeu. La France et la perfide Albion ne sont que ses filles il est le « Pater » « le chef de famille ». Et qui sont-elles ses filles d’élection ? Les deux chefs de file déchues de l’impérialisme de grand papa. Les deux nations ennemies qui se partageaient le monde à coup de crocs avant que les USA ne prennent l’ascendant, Ces bêtes féroces ont une longue expérience cumulées en matière de guerres et de gestion coloniale, de rapines de crimes et d’exactions contre les peuples de leurs anciens empires. N’étant plus de taille à défendre contre l’impérialisme US leur part de la dépouille, elles ont opté pour la soumission. Ne voulant pas renoncer tout à fait à leurs privilèges, et à défaut de jouer les premiers rôles, elles consentent humblement à servir le nouveau maitre du monde. Elles lui offrent leur précieuse expérience et leurs services en échanges des meilleurs reliefs tombés de la table du maitre. Ce sont ces deux chiennes enragées qu’Obama a appelées « ses filles ». Cela vous étonne-t-il ? Il n’est pourtant pas le premier maitre à appeler ses chiennes « mes fifilles ». 14 février 2014.

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